
Pratiques N°110 Les politiciens nuisent gravement à la santé publique...
Dire que notre société est anxiogène n’est pas un abus de langage. Qui, aujourd’hui, peut se sentir « en état de complet bien-être » sans crainte du lendemain alors que les discours de ceux qui nous gouvernent instrumentalisent la peur comme moteur de leurs élucubrations ? Menaces de guerre, de récession, dégradation des conditions de vie, désastre écologique, entretien de la peur de l’autre… Dans le même temps, les bénéfices des plus riches explosent alors que les gens modestes perdent chaque jour un peu plus de chances de s’en sortir.
Qui peut aujourd’hui se laisser aller à rêver d’un monde plus juste, apaisé, porteur d’espoir ?
Qui s’inquiète des effets délétères de cette anxiété sur la santé, alors que de nombreux signaux sont au rouge ? L’augmentation des pathologies psychiques chez les adultes comme chez les adolescents, la surconsommation de psychotropes, de médicaments, de drogues ainsi que la somatisation ne semblent pas alarmer les principaux responsables. Notre société est gravement malade.
Le sentiment d’impuissance favorise les passages à l’acte violents, les suicides sont en hausse constante… La violence surgit de partout révélant une perte flagrante de la tolérance à l’égard d’autrui. Dans la rue, sur les réseaux sociaux, au travail, au sein des familles, elle prend de multiples formes : déni des compétences, humiliations, manipulations, langue de bois et mensonges éhontés.
Nombreuses sont les causes du mal être et de la perte d’espoir sans lequel on ne peut se projeter. Il devient de plus en plus aléatoire de se loger, de se nourrir, de se soigner, alors que cela constitue le minimum vital. Comment affronter sereinement les enjeux de survie de la planète, quand sa propre survie n’est pas assurée ?
Lors de la récente crise du Covid, les politiciens ont instrumentalisé la peur et amplifié durablement la perte de liberté et le sentiment de déresponsabilisation.
Les valeurs morales qui constituaient le socle du vivre ensemble telles que le respect mutuel, la politesse, le souci de la vérité, aussi complexe soit-elle, nous font cruellement défaut et personne ne peut se construire si les bases de la confiance ne sont plus assurées.
La barbarie fait son beurre de ces errances.
Cette situation influe sur nos pratiques, nos métiers, notre santé, nos rêves…
Il nous faut reprendre le contrôle de nos vies, de nos envies, et remettre de l’espoir et de la joie dans les liens sociaux, au travail, dans la rue.
Il est urgent de reconstruire un monde dans lequel on puisse s’appuyer sur les autres, se soutenir mutuellement dans les épreuves, se faire confiance.
Un monde où il ferait bon vivre et qui laisserait s’épanouir nos utopies !
ISBN 978-2-492952-07-4
ISSN 1161-3726 (imprimé) – ISSN 3076-9957 (en ligne)
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Sommaire du N°110
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Un médecin généraliste jusqu’au bout… par , , , (p. 4)
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— DOSSIER — (p. 5)
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Hâter l’écroulement du système de santé par (p. 12)
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On (s’en) bat des enfants par (p. 14)
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Algérie : gestion de la santé en péril par (p. 20)
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Une politique à faire peur ! par (p. 23)
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Occulter risques et effets du travail par (p. 26)
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Le surmoi gestionnaire par (p. 32)
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L’inservitude : l’institution autrement par (p. 35)
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Une influence sournoise par (p. 38)
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Quoi de neuf sous le Soleil ? par (p. 43)
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Économique, politique ou social ? par (p. 44)
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Les annihile-mots : bêtes, féroces par (p. 47)
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Les parcours de soins sabotés par (p. 50)
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Santé mentale et choléra par (p. 53)
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Le soin à l’épreuve de la morale par (p. 58)
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… Et notamment à la psychiatrie par (p. 60)
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Addictions et politique répressive par (p. 62)
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La psychiatrie mise à sac par (p. 68)
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Saudade par (p. 70)
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L’automne de la psychiatrie par (p. 72)
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Centres de santé, un modèle d’espoir par (p. 74)
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Les réformes, l’école et les enfants par (p. 76)
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Moins de « Médecins pour demain » par , (p. 81)
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— MAGAZINE — (p. 87)
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Métapsychologie du traumatisme par (p. 88)
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Adèle Yon, Mon vrai nom est Elisabeth par (p. 94)
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— COMPLEMENTS AU DOSSIER — (p. 100)
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De Tambov à Damas, l’impossible retour par (p. 101)