Laurent Dejente, photographe

Laurent Dejente est né à Sedan le 2 octobre 1961.
Il vit et travaille aujourd’hui dans le Vaucluse.
En 1984 quand il devient kinésithérapeute, il peint déjà.
En 1991, installé à Marseille, il délaisse peu à peu la peinture, il se plonge avec appétit dans l’étude de l’histoire de l’Art, et se passionne pour la philosophie. En 1993 les propos de pédagogie de Kant et sa conception de la nature lui inspirent son projet « Comme si l’arbre dans la forêt » pour lequel il obtient une bourse d’aide à la création de la ville de Marseille.
Pendant quelques années à la manière d’un sociologue il collecte de nombreux documents sonores, écrits et photographiques lors d’enquêtes qu’il mène auprès des professionnels et des amoureux de la nature. Dans ces dispositifs (1995) il reagence et retraite l’Information dévoilant les coulisses du marketing vert. Ce travail marque le début d’une réflexion sur la notion de cliché, les stéréotypes comportementaux et les conditionnements socioculturels qui modélisent notre société.
En 1997 tout en restant pluridisciplinaire il s’investit davantage dans la Photographie, qui s’impose à lui comme le médium idéal pour jouer avec les codes de la représentation. ll réalise le premier volet d’Itinéraire bis : Les Sorties, qui sont une tentative de déconstruction par le biais d’une analyse des postures des corps de notre relation romantique à la nature et de notre rapport conditionné au sublime.
En 1999 il obtient l’aide du CNAP pour sa première exposition à la Galerie Le Réverbère. L.Dejente est revenu à son premier sujet d’étude : Le Corps. C’est en résidence en Bretagne en 1998-99, invité par la galerie du Dourven (Côtes d’Armor) qu’il termine le second volet d’Itinéraire bis : Les Panoplies. Au travers de grands portraits inquiets de sportifs amateurs et d’amoureux de la nature en tenues « Décathlon » il dénonce et interroge la trompeuse idéologie dominante du bien-être . Il participe avec la Galerie le Réverbère à la FIAC 1999 et 2001 ainsi qu’à Paris Photo 2001. Il s’interroge sur l’impact de cette photographie critique. Entre 2000 et 2003 il produit de petites séries (Leitmotiv, Lounge, La Partie) où apparaissent des préoccupations liées à l’interdépendance du regard, du corps et de l’espace.
Durant 2003-2004, à Marseille, il réalise en collaboration avec la vidéaste Muriel Toulemonde et le musicien Olivier Toulemonde un dispositif vidéo et sonore reliant ses deux vocations : Le Gymnase, tentative d’approche sensible du travail des corps qui se déroule dans un centre de soins où il fut soignant. Il est invité en résidence par Vidéochroniques à la Friche Belle de Mai pour en réaliser le montage.
L. Dejente vient de s’installer à Lille quand il participe en 2005 à la cinquième édition des Transphotographiques puis expose à la Galerie Le Réverbère dans le cadre de la biennale d’art contemporain de Lyon : il y présente sa nouvelle série Stations qui tente de bousculer les conventions de notre perception et déstabilise le cadre perceptuel dans lequel s’organise notre réalité. Il Participe à Paris Photo en 2006 où ce travail sera remarqué et fera l’objet de beaucoup de parutions Presse et de commentaires critiques. Suivra l’édition d’un livre en 2008 La Biennale de la Photographie et de la Ville, Urbi & Orbi, l’invite en résidence cette année là. Il y expérimente le procédé de basculement en vidéo avec une jeune troupe de danseurs de Hip Hop. Stations et Videostations seront montrées en France et à l’étranger.
En 2012 il déménage de Lille vers la campagne vauclusienne, depuis il fait un retour à la peinture où il expérimente à travers la technique du lavis, ce vertige du monde découvert dans les Stations.

par Philippe Bazin, Pratiques N°67, novembre 2014

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