Etudier à Sherbrooke

Julie Martel, résidente en médecine familiale au Québec.
Propos recueillis par Jessica Guibert

Quand je suis entrée à la faculté de médecine il y a six ans, le processus était particulier à l’université de Sherbrooke au Québec. Il fallait passer un test de personnalité d’environ trois cents questions, ce qui comptait pour 50 %, et l’autre 50 % représentait nos performances au Cégep [1].
Au cours de nos études, nous fonctionnons beaucoup par apprentissage par problèmes. Il s’agit de vignettes cliniques reliées au système du corps humain étudié. Nous devons faire des recherches dans nos livres de médecine et faire nos propres notes de cours. Par la suite, nous discutons en groupes de huit étudiants et un tuteur (un spécialiste dans la matière en question) est là pour nous guider et nous orienter sur ce qui est pertinent. En stage [2], nous avons constamment à interagir avec les patients dès les premiers mois de médecine. Et il y a beaucoup d’entraide entre les étudiants.
Pour choisir notre spécialité, nous devons nous inscrire au Canadian Resident Matching Service (CaRMS). Il s’agit d’un processus de sélection standardisé et chaque université a ses propres critères de sélection. Après avoir complété lettres de référence, lettres de motivation et CV, nous passons des entrevues dans les différentes universités sélectionnées. Les gens qui ne sont pas classés dans la spécialité qu’ils désirent sont souvent des personnes qui ont mis très peu de choix de spécialités dans le CaRMS ou très peu de choix d’universités. De plus en plus, la médecine familiale semble un premier choix chez les étudiants. Le gouvernement tente de plus en plus de valoriser cette profession et d’augmenter le nombre de postes.
Le fait d’intervenir dans divers milieux auprès de patients de tous âges, atteints de maladies aiguës, chroniques ou de problèmes mentaux, représentait pour moi un défi intellectuel extrêmement stimulant que je voulais bien relever. L’opportunité de prendre en charge toute la famille de façon continue et autonome et de traiter globalement chacun de ses membres individuellement reflète exactement le type de pratique dans lequel je savais que j’allais m’épanouir. Je tire également plaisir de l’étroite relation entre l’omnipraticien et son patient qui s’effectue à long terme. C’est ce contact privilégié qui me motive le plus dans la pratique de la médecine familiale.


par Julie Martel, Pratiques N°55, octobre 2011

Documents joints


[1Collège d’enseignement général et professionnel, établissement d’enseignement pré-universitaire (deux ans d’études après le lycée pour préparer l’université).

[2L’externat comporte dix-huit mois de stages dans les spécialités suivantes : pédiatrie, gynécologie-obstétrique, médecine familiale, chirurgie, psychiatrie et médecine interne et quelques stages optionnels. Quatre mois se passent à Sherbrooke, quatre mois à l’extérieur (aussi loin que Moncton dans les Maritimes) et quatre mois au choix.


Lire aussi

N°55 - novembre 2011

DOSSIER

N°55 - novembre 2011

Cocooning...

Anne Perraut Soliveres Cadre supérieur infirmier à la retraite, praticien-chercheure Longtemps j’ai accueilli chaque interne de garde pour sa première nuit. J’étais la surveillante et j’avais pris …
N°55 - novembre 2011

Un film à voir ou à revoir, Barberousse de Kurosawa

par Sylvie Cognard
Sylvie Cognard Médecin généraliste Un film sur l’initiation des apprentissages et la transmission d’un art de la médecine.
 Un jour d’automne, vers 1820, un jeune médecin diplômé de l’université de …
N°55 - novembre 2011

Prime à la performance : une politique de la médiocrité

Patrick Dubreil Médecin généraliste « Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt. » Proverbe chinois. Comme chaque année, la Cour des comptes vient de rendre son verdict : pour 2010, le …