« Au jour le jour, à la nuit la nuit * »

Benoît Marsault,
Psychiatre

Heureusement que de journal, il n’y en a pas que de « télévisé »…

Lundi 16 mars 2020

Hier s’est tenu le premier tour des élections municipales. Il a fait très beau, « les Français », dit-on à la télévision, sont sortis en masse, déambuler, se retrouver dans les parcs. Près de chez moi aussi, on se promenait, on faisait la queue sans précaution particulière pour acheter un « Merveilleux »… Pourtant, l’ordre était donné depuis samedi minuit : fermeture des restaurants et des cafés, suspension de toutes les activités regroupant du public…
Très peu de passages aux urgences ce week-end, et pas de patient en attente d’orientation vers l’hôpital psychiatrique quand j’arrive ce matin : c’est la première fois que cela arrive depuis que j’ai pris ce poste en « psychiatrie de liaison et d’urgence » d’un hôpital général de Seine-Saint Denis, le 6 janvier dernier.
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Mercredi 18 mars 2020

Je vois aux urgences un homme de 36 ans, qui vit seul dans un appartement à M***, pas très loin de chez son père. Il était en couple jusqu’à il y a quatre-cinq ans, depuis plus rien. Il fait des missions d’intérim de temps en temps, manutention, plonge… Depuis les grèves en décembre, il ne trouve plus de missions, il reste à la maison. Il consomme pas mal de cannabis. Manière d’apaiser les hallucinations auditives ? Car il entend une voix, depuis de longues années, le début de l’adolescence, mais ça ne l’a jamais dérangé plus que ça, il n’a jamais vu de psychiatre, jamais pris de traitement. Depuis le confinement, il est très angoissé. La voix lui dit des choses, il reste très évasif, manifestement réticent. Je comprends finalement que le Diable est la cause, selon la voix, des événements qui frappent le pays, de l’épidémie. Et que cette voix le désigne lui, le patient, comme le potentiel sauveur du Monde. Et si le Diable venait à lui apparaître, dans le corps d’un quidam qu’il pourrait bien croiser à n’importe quel moment, allez savoir ce qui pourrait arriver… Il est angoissé, il a peur de s’en prendre à quelqu’un, lui qui a toujours été un gentil garçon…
Autour d’un café, je suis frappé des angoisses qui circulent parmi les collègues, qui habitent chacun de nous sur le risque de contracter le coronavirus. Les modes de contamination sont peu clairs, malgré le flot continu d’informations dont nous disposons et que nous guettons. Alors, le virus circule-t-il dans l’air ? Non ? Mais on a dit que s’il y avait aérosolisation, alors oui… Et le masque chirurgical ne protège-t-il vraiment pas celui qui le porte, n’est-il vraiment là que pour protéger l’autre ?
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Vendredi 21 mars

Aux urgences, l’ambiance reste plutôt cordiale. Yvette, infirmière de l’hôpital de jour, qui est venue en renfort à la liaison depuis mardi, et moi nous mettons à disposition. On pose des questions aux collègues urgentistes sur leur travail, sur la fatigue, l’état des uns et des autres, leur organisation… Ils sont très ouverts, très partants pour discuter avec nous.

On nous soumet un patient à voir. En attente de scanner, parce qu’il tousse. 36 ans, divorcé depuis deux ans. Il travaillait avec la famille de son ex-femme, ce qu’il ne veut plus, du coup il est sans emploi. Bref, depuis quelques mois, ça va de mal en pis, tout déconne, il ne sait plus où il en est… Il a pourtant une nouvelle compagne, mais ça ne suffit pas. Confinement : l’angoisse ! il se traite avec du cannabis. Sa compagne le trouve bizarre, planant, elle demande des comptes. Il « vrille », il panique, « que me veut-elle ? », avale une boulette de cannabis pour la lui dissimuler, pris en faute comme un enfant. Ça monte, ça monte… Elle appelle ses parents à lui à la rescousse, il se sent infantilisé, diminué, surveillé, culpabilisé. Ça monte ça monte, il panique encore, il commence à se persécuter, lui qui déjà était irritable, mal luné, raide, triste ces derniers temps… Tout le monde finit par paniquer, on appelle les pompiers, lui hurle, demande qu’on l’écoute, qu’on le comprenne, il a des gestes vifs… Les flics ! Agitation finalement… Urgences, contention… Je le vois donc le lendemain. Long entretien, avec lui puis sa compagne et ses parents au téléphone, le retour à domicile serait pour le mieux… Mais l’entourage est très tendu.
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Mardi 24 mars

Hier, c’était l’anniversaire de mon père. Je lui envoie le soir un court message : « Bon anniversaire papa, bises ». Il avait l’après-midi posté un message sur Facebook, dans lequel il se félicitait de ses années de dur labeur, car elles lui avaient permis de devenir l’heureux propriétaire d’un beau jardin, un grand jardin en ville. Il me répond : « Merci Benoît. Je vais essayer de rester confiné à 66 ans. Bises. » Pris dans l’angoisse des derniers jours, du flux médiatique, de la fermeté politique ambiante, inquiétante, je lui réponds : « Oui, c’est mieux. Allez quoi, quinze jours, peut-être un mois à tenir, avec un grand jardin et quelques bouquins, ça vaut le coup de s’emmerder un peu… » Alors il complète : « J’ai compris cet après-midi de beau temps pourquoi j’ai ramé vingt ans pour ce paradis avec jardin ». Je ne décèle cette fois-ci pas l’humour, trait si familier chez lui pourtant, qui se loge dans le premier message de mon père. J’ai peur pour ses 66 ans, qui sont ceux des hommes qui meurent, dans les services de réanimation depuis ce week-end, de la Covid. Un autre SMS arrive, juste après le dernier : « Je voulais dire arrêter tout et même l’âge ». Je reste interloqué. Je lis le message, je le relis, je ne le comprends pas. Il me faut peut-être une minute pour enfin saisir que « confiné à 66 ans », c’est une plaisanterie. Comme quand on dit : « Voilà, j’ai eu 36 ans, c’est bien, c’est un bon âge, c’est décidé, j’arrête de vieillir, je reste à 36 ans pour toujours ». Il voulait blaguer sur « confiné à 66 ans pour toujours », manière de dire « 66 pour les 30 prochaines années », et j’avais répondu : reste chez toi, j’aimerais te connaître à 67, 68, 69…
Vu deux patients aux urgences ce mardi matin 24 mars. L’une ne supportant plus la cohabitation avec un compagnon qu’elle décrit violent, mais dont elle rachète les torts, l’autre entendant depuis deux ans des voix, sans en avoir jamais parlé à personne.
Avant de quitter les urgences, nous demandons aux collègues urgentistes comment ils vont. Deux internes nous livrent leur épuisement. Ils sont inquiets, angoissés. L’une devait être en repos aujourd’hui, mais elle a été rappelée parce que Gaëlle est chez elle, probablement Covid… Gaëlle ? C’est le médecin avec qui j’ai parlé, sans masque, un bon moment mardi ou jeudi dernier, je ne sais plus… Sans masque ? Je ne sais plus, si probablement que j’en portais un déjà… L’autre interne se sent fiévreux depuis hier soir, il s’est senti étouffer à un moment donné, il a mis un moment à se dire que c’était une crise d’angoisse. Je dis que parfois, dans ce genre de circonstances, on peut aussi s’autoriser à prendre un Xanax® 0.25, par exemple. Ils m’écoutent, je crois que cela les tranquillise que je prenne de leurs nouvelles, et que je banalise un peu l’anxiolytique.
Je songe : celui qui a fait la crise d’angoisse, n’est-ce pas celui qui vient de me laisser son siège pour que je tape sur le même clavier que lui mes dernières observations ? Nous restons encore un peu, un sénior du secteur Covid vient reprendre son souffle dans la salle, il s’assoit. Lui et « son » infirmière sont là, ils racontent. Ils ne sont que deux médecins pour tout le secteur Covid, il y a déjà douze patients en attente. Ce matin, ils ont intubé, dans le box des urgences, un homme de 40 ans. Le dernier des quatorze lits de la réa a été pris pour lui. « On les mettra où, les prochains ? ».
Je quitte à presque 17 h 45 le service, dans le calme étrange d’un long couloir d’hôpital presque désert, inondé du soleil couchant. J’ai désinfecté pour la première fois mon sac, mes lunettes, le cordon de mon portable avant de partir… Avec l’étrange sentiment de ne pas avoir de TOC… De ne pas être anormalement flippé… D’en faire encore trop peu pour me prémunir d’un virus que je porte peut-être déjà, que j’ai peut-être déjà rencontré quand j’ai eu un gros rhume il y a deux semaines…
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Jeudi 26 mars

Nous réfléchissons en équipe autour d’un café, à la question du trauma. Chahid fait le récit de la réaction de sa grand-mère aux questions qu’il lui posait en revenant de l’école où on lui avait enseigné la guerre d’Algérie, et Stéphanie répondant à ma surprise d’associer pour la première fois de ma vie, en écoutant Chahid, le souvenir de ma grand-mère paternelle, de ses obsessions, de sa raideur, sa rugosité et ses rengaines sur sa déportation du travail en Tchéquie avec le terme de « trauma », dit que c’était pour elle évidence ancienne que cette question du trauma avait à voir avec ses souvenirs de sa propre grand-mère.
Je suis quand même saisi, ces derniers jours, par quelques questions qui ont dû traverser la génération de mes grands-parents. Toi, quand il a fallu se battre, où étais-tu ? T’es-tu caché ? As-tu résisté ? As-tu trahi ? As-tu caché des juifs ou les as-tu dénoncés ? Ni l’un ni l’autre, est-ce une voie plus honorable ? Et toi, qui t’es jeté dans le piège de l’affrontement, qui t’es retrouvé prisonnier, qui es mort, as-tu été plus courageux, ou as-tu répondu à ta soif d’héroïsme, de reconnaissance, d’honneurs ? Non, ça n’est pas la guerre que nous vivons. Mais un conflit, oui. Au moins en chacun de nous. Et entre nous aussi, il y a des tensions.
Au moment d’achever ces notes, je reçois ce SMS de ma mère : « Hello Benoît ! Henri est parti cet après-midi. Il ne souffre plus. Je t’embrasse. D. » Le dernier de mes grands-parents a donc quitté la scène, du fond de ses presque 90 ans, par la porte de la Covid.

Vendredi 27 mars

Il me faut ces derniers jours moins de temps que d’habitude pour me rendre à l’hôpital, parce que nous ne sommes plus si nombreux à sortir de chez nous le matin pour aller au travail. En gravissant la côte qui mène au parking de l’hôpital, je croise deux corbillards. Je poursuis une vingtaine de mètres, avant d’en croiser un troisième. Le ciel est d’un bleu intense, baigné d’un grand soleil.
Yvette me demande si j’ai vu aux informations qu’une jeune fille de 16 ans était décédée de la Covid. Oui, j’ai vu. Yvette s’interroge : avait-elle des facteurs de risque ? Je ne sais pas… A-t-elle été prise en charge trop tard ? Je ne sais pas… Connait-on des indices des formes graves ? Je ne sais pas… L’angoisse a tourné, comme le vent. Il était à l’Est mardi, et soufflait sur mon visage, le voilà au Nord, soufflant sur la nuque d’Yvette.

Lundi 30 mars

Ce matin, dix patients se sont présentés avant midi aux urgences avec des symptômes de Covid, tous ont été confirmés Covid. Le diagnostic chez les patients symptomatiques ne se pose plus avec un test biologique, mais par le scanner thoracique, et ce depuis déjà plusieurs jours, la biologie rendant des faux négatifs dans 30 % des cas, le scanner montrant de caractéristiques lésions « floconneuses » ou « ouatées ». Il neige dans nos poumons, la météo l’a dit, grand coup de froid sur la France jusqu’en milieu de semaine. Il se disait aussi ce matin à l’hôpital qu’il « y a des patients qui sortent », treize aujourd’hui, ce qui allège un peu le moral des uns ou des autres, des places en réa aussi se libèrent parfois, même si elles sont vite occupées de nouveau.
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Jeudi 2 avril

L’angoisse sourde de rencontrer le coronavirus est partout, et la réalité des suffocations des patients « Covid », suffocations qu’en langage médical on qualifie de désaturations, et qui conduisent des patients en réanimation, ou à la mort, n’est pas pour l’apaiser.
Je me rends en « service Covid », où une patiente de notre secteur psychiatrique est hospitalisée dans les suites d’une tentative de suicide. Dans la salle de soin, une infirmière se met à me parler de l’une de ses collègues qui « prend tout ça de trop près », et qui « est arrêtée depuis deux jours. Elle vit dans son garage, de peur de contaminer sa famille ».
Je cherche l’infirmière qui s’est occupée de la patiente que je dois voir, mais on me dit qu’elle est partie en réa. J’attends un peu, et quelques instants plus tard, elle revient de réa, poussant un lit qu’une autre collègue tire en le guidant. Il n’y a pas de patient dans le lit. Elles viennent de le conduire là-bas pour une « désaturation », après une intubation en urgence. « C’est la première fois de ma vie… » dit la jeune collègue, un peu sous le choc. Je laisse sa phrase voler entre nous, proposant de parler un peu ensemble de cet événement, mais « Que dire ? » me répond-elle. Je propose de revenir à un autre moment, mais « Non non, ça va », alors elle me dit quelques mots de la patiente que je suis venu voir.
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Jeudi 9 avril

Une collègue psychiatre soutient l’idée, pour déclencher un arrêté du maire, que le fait que son patient bientôt septuagénaire, schizophrène de longue date en rupture de soins depuis quelques mois, ait des comportements inadaptés au point d’être dans l’incapacité d’appliquer les consignes afférentes au confinement, eh bien cela constitue une situation de mise en danger de lui-même et d’autrui (par le risque de transmission du coronavirus donc…) et que c’est là une situation caractérisable de trouble à l’ordre public justifiant ce que l’on appelait dans le temps « HO » (hospitalisation d’office). Quand cette semaine, on commence à parler de tracking des téléphones portables pour géolocaliser les personnes infectées Covid, qu’on imagine prévenir ceux qui auraient été en contact avec ces malades pour leur recommander le confinement sélectif et préventif, et que d‘aucuns s’alarment des restrictions de libertés individuelles au nom de la sécurité publique, quand on voit aussi ces dernières semaines les appels réitérés de médecins au renforcement des mesures de restrictions de liberté, on voit bien quand même que les plus précaires, schizophrènes et SDF, font directement les frais de ce type de restrictions, bien avant les autres !
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Jeudi 16 avril

Sur réquisition d’un officier de police, je procède à l’examen psychiatrique d’un homme qui est placé en garde à vue depuis la veille suite à une ivresse et des troubles du comportement, enfin en tout cas, il a « dégradé des biens ». Il est surtout l’objet assez évident de phénomènes psychotiques dissociatifs qu’il peine à contenir pendant les quelques minutes que nous passons ensemble, il s’approche de moi malgré mes rappels réitérés des « mesures barrière », bel exemple de ce qu’en psychiatrie, ça ne veut pas dire grand-chose, la précarité psychique de sujets en proie à la dissociation les rend hermétiques à cette dimension minimale de la réalité que pour notre sécurité, nous voudrions les voir rejoindre, simplement se tenir à un mètre de nous, ne pas s’approcher de notre visage avec le leur dont ils ne parviennent pas à couvrir les orifices par ce masque qu’ils ne supportent pas et qui pend sous leur menton accroché à leurs oreilles. J’abrège, et organise l’hospitalisation.
En psychiatrie, les premières loges, c’est donc par exemple de se trouver face à un patient agressif, délirant, qui s’agite, fait de grands gestes, s’emporte, se fout complètement de porter correctement son masque et vous postillonne allégrement dans les bronches au moment où vous pensez devoir le contenir, l’arrêter, y aller de votre corps.
Risquer se retrouver intubé en décubitus ventral pendant un mois en réanimation pour s’être fait cracher dessus par un patient délirant, voilà qui pour ma part, me trouble un peu. Un instant. Et puis ça passe. La psychose ne s’attrape pas, la Covid oui. Bon, eh bien, pas héros pour sûr, mais là où je me tiens, humblement, faisant avec mes peurs, et veillant à l’aide que je peux porter. En est-on jamais quitte de son corps, quand on se tient à cet endroit du monde ?

Vendredi 17 avril

Hier soir de gardes aux urgences : en retournant jusqu’au secrétariat de la psychiatrie de liaison, chercher un masque, je croise un homme antillais grand, baraque, qui tire un brancard au bout duquel une jeune femme plus petite le pousse, et sur lequel une housse blanche, fermée de la tête aux pieds, comporte d’évidence un corps. Je les vois s’engouffrer dans l’énorme ascenseur qui descend vers la morgue. Première confrontation pour moi à un corps « Covid ». Sauf que je n’en sais rien, c’était peut-être un mort d’autre chose. Une image me revient, reçue de la secrétaire de la liaison le matin même, pendant mes transmissions à Chahid, autour d’un café, image qu’elle tenait d’une personne « informée » que « vous savez, tous les petits camions frigorifiques qui circulent en ce moment », et effectivement, quand elle le dit, je les vois, on voit, sur la route entre chez moi et ici en voiture, le matin le soir, j’en vois, « eh bien en ce moment, ça n’est pas des surgelés qu’ils transportent »… Et les médias qui parlent de cette morgue « de campagne » (revoilà la morgue) ou d’une fosse commune aux États-Unis, dans l’état de New-York je crois… Les petits camions frig-horrifiques devrait-on écrire alors…

Extrait du Journal d’épidémie à consulter sur le site de Pratiques.


* Titre emprunté, sans plus de raison, au très beau film documentaire d’Anaëlle Godard, et parce que je ne voudrais pas perdre une occasion de renvoyer le lecteur à l’histoire de la clinique de La Borde et de son fondateur, Jean Oury.


par Benoit Marsault, Pratiques N°90, juillet 2020

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