Bonjour Monsieur,
Je me permets de venir vers vous afin de vous informer que l’université de … (nous préférons ne pas la nommer) ne peut pas recruter d’agent au-delà de 70 ans.
Vous êtes actuellement dans votre 72e année, l’université de ... ne pourra donc pas vous rémunérer pour votre intervention.
Vous pouvez choisir cependant d’intervenir à titre gracieux en cochant la case dédiée sur l’application dématérialisation de recrutement.
Je demande donc ce jour une correction sur votre dossier 2024-2025.
Restant à votre disposition.
Cordialement.
Bonjour Madame,
J’accuse réception de votre courriel du 29 janvier. Vous ne pouvez donc pas enregistrer ma candidature comme enseignant vacataire (cinquième année d’orthophonie : neuf heures prévues en avril 2025 dans le cadre de la relation thérapeutique).
La raison invoquée : l’âge me paraît totalement discriminatoire. La solution envisagée : le bénévolat, parfaitement surréaliste, quasi insultante.
Oui, j’ai beaucoup d’engagements bénévoles et volontaires, mais conserve cependant des vacations pédiatriques dans deux crèches. La direction des impôts est parfaitement au courant de mes émoluments (faibles) et n’a rien trouvé à y redire. Peut-être devriez-vous les prévenir s’il s’avère que vous vous appuyez sur une disposition légale robuste et juste, ce qui reste bien sûr à prouver.
C’est avec beaucoup de peine pour mes collègues orthophonistes de ... que je jette donc l’éponge... Cela fait plusieurs mois d’échanges fructueux et de préparations plus qu’ébauchées qui ne seront pas concrétisées. Comment l’Université française, force d’exemple et de propositions, peut-elle refuser à ses seniors la transmission des savoirs et savoir-faire ? À cause d’un logiciel performant ? À cause de budgets rabotés ?
Je trouve votre mise au point tardive : dès le début, ma date de naissance aurait dû vous conduire à me contacter personnellement et non pas me laisser m’engluer sur votre logiciel. Pourquoi, il y a quelques semaines, m’avoir demandé le document de ma pension de retraite CARMF ?
Je vous prie de croire à l’expression de mes sentiments les meilleurs,
Y.Z. médecin pédiatre.
Cette histoire vraie montre comment les vieux sont mis au rencart, poussés hors des clous sans ménagement.