Toutes les personnes qui, cet été, ont subi et subissent encore la violence des incendies, les pompiers ainsi que celles et ceux qui s’engagent à leurs côtés au péril de leur vie pour tenter de sauver un maximum de personnes et leurs biens, doivent nous amener à étendre notre réflexion et notre empathie au-delà de ce qu’ils vivent.
Car « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ! ». Cette phrase qu’on doit à Jean-Paul Deléage, historien des sciences de l’environnement, fut rendue célèbre par le président de la République française lors de son discours devant l’Assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesbourg. Ce constat, qui n’engagea manifestement pas pour autant les politiciens au pouvoir ces vingt-cinq dernières années, ne caractérise pas seulement la réalité brûlante de cet été 2026, il nous met face à nos aveuglements, nos insuffisances, et une sidération qui confinent à l’immobilisme.
Cette métaphore, particulièrement explicite, peut s’appliquer à tous les événements, locaux comme mondiaux, récents et à venir, qui se multiplient dans tous les aspects de nos vies à la faveur de notre inertie et de notre impuissance instituée qui leur laissent le champ libre.
Si nous ne sortons pas très vite de cette léthargie attentiste, nous risquons fort de manquer l’occasion de faire valoir nos exigences vitales d’êtres humains et nos droits fondamentaux de choisir un monde qui soit vivable pour tous.
Arrêtons de regarder ailleurs…
N°112 - mars 2026
« Notre maison brûle »
Edito du n° 112
par , Pratiques N°112, septembre 2026