Un cinéaste engagé pour le bien commun

Gilles Perret : Je suis réalisateur de documentaires, c’est mon métier. À l’origine, j’ai un diplôme d’ingénieur en électronique. J’ai changé complètement de voie lorsque j’ai dû faire mon service militaire. À l’époque, j’ai résolument choisi d’être objecteur de conscience. Aujourd’hui, cela n’existe plus… J’ai accompli ce service civil au sein d’une télévision locale pendant deux ans. L’objet était de travailler dans des associations reconnues d’utilité publique et des collectivités locales. Cette télévision dépendait d’une commune proche de là où j’habitais en Haute-Savoie. Mon collègue Serge et moi, nous avons beaucoup bossé. C’était très prenant, mais c’était un travail agréable. Quand mon service d’objecteur de conscience s’est terminé au bout de deux ans, j’ai fait le choix de continuer dans cette branche-là plutôt que de travailler avec mon diplôme d’ingénieur. J’étais cameraman et j’ai fait tout ce qui se présentait pour simplement pouvoir vivre de ce métier. J’ai réalisé des films de montagne, des films institutionnels, et ensuite j’ai commencé à travailler dans le domaine de l’actualité à Genève qui est tout près de chez moi, puis un peu à France 2 comme cameraman toujours. Dans le même temps, j’ai commencé à faire mon premier film documentaire Trois frères pour une vie. J’ai filmé mes voisins pendant un an. Il s’agissait de trois frères agriculteurs qui étaient en train de passer la main. Je les connaissais depuis tout petit, puisqu’ils habitent dans le village où je suis né. Ce film a été très peu vu au plan national, mais localement, il a très bien fonctionné. Il a été primé dans plusieurs festivals. Ces prix m’ont rapporté un peu de reconnaissance dans le métier et ça m’a permis après de pouvoir proposer d’autres films, de faire autre chose. J’ai travaillé de moins en moins pour la télévision et j’ai pu me consacrer entièrement à la réalisation de documentaires sur le thème de la montagne et de films-documentaires à caractère social pour le cinéma.

Pratiques : Qu’est-ce qui peut donner envie à un cinéaste de faire un film sur la Sécu ?

Disons que c’est une suite logique. La Sociale, c’est mon cinquième film qui sort au cinéma. Je ne compte pas Trois frères pour une vie qui n’a pas été diffusé dans les salles ni mes autres documentaires. J’ai réalisé Ma mondialisation sorti en 2006. Ce film raconte cette phase récente du capitalisme dominée par des mécanismes financiers « globaux » et implacables au travers de l’histoire d’un chef d’entreprise de Haute-Savoie qui explique son rapport à la mondialisation. Fonds de pension, délocalisation, mondialisation font désormais partie de notre quotidien, mais demeurent des notions abstraites, souvent angoissantes car elles sont synonymes de fermeture d’usines, de perte massive d’emplois, de désertification économique…
Puis j’ai réalisé Walter retour en résistance : j’ai filmé mon voisin, Walter Bassan, ancien résistant communiste déporté à Dachau. Il ne s’agit pas seulement de célébrer le courage exemplaire de ces hommes et de ces femmes qui ont combattu pour la liberté, mais de montrer que cet esprit de lutte doit encore nous inspirer face à des politiques « immorales ». Le film veut aussi dénoncer l’instrumentalisation politique de la résistance, comme par exemple la lecture obligatoire de la lettre de Guy Môquet dans les établissements scolaires en la sortant de son contexte et sans aborder le programme du CNR.
De mémoires d’ouvriers fait émerger la mémoire ouvrière des montagnes de Savoie. Une mémoire porteuse de solidarités, qui ne se laisse pas ensevelir sous les dépliants touristiques et les dividendes des actionnaires. En confrontant les témoignages de ce prolétariat montagnard avec des images d’archives, où se révèle l’évolution du regard dominant jeté sur la condition ouvrière, le film veut restituer la chaleureuse vitalité de cette mémoire à la fois locale et universelle.
Le film Les jours heureux retrace le travail d’élaboration du programme du Conseil national de la résistance : entre mai 1943 et mars 1944, sur le territoire français encore occupé, seize hommes appartenant à tous les partis politiques, tous les syndicats et tous les mouvements de résistance vont changer durablement le visage de la France. Ce programme est encore au cœur du système social français puisqu’il a donné naissance à la Sécurité sociale, aux retraites par répartition, aux comités d’entreprise, etc.
Alors La Sociale c’est simplement la suite du film Les jours Heureux.,Je me suis rendu compte en circulant un peu partout en France que pas grand-monde ne connaissait cette histoire-là et du coup, j’ai eu envie d’écrire la suite en racontant la mesure phare du CNR qu’est la Sécurité sociale. J’ai voulu en faire un film qui ne soit pas qu’un film d’histoire, mais qui dessine aussi le présent.

La Sociale est loin de n’être qu’un documentaire sur la Sécu, il provoque des émotions, comment t’y es tu pris pour réaliser cela ?

Oui c’est vrai, je ne voulais pas faire un film documentaire comme on l’entend à la télé en général ; c’est-à-dire un documentaire de journaliste, avec des commentaires un peu formatés ; on vous explique un petit peu la vie et de quelle manière vous devez penser, avec des interviews, de la musique etc. Ce genre de film, ça ne m’intéresse pas vraiment. J’ai voulu faire un film qui repose plus sur l’humanité, l’humanisme des gens avec qui j’ai travaillé en laissant un peu plus de place pour les émotions, au sens large, la colère, la tristesse, le rire, enfin tout ce qui fait qu’on s’attache au film et qu’on rentre dedans de manière plus personnelle, voilà. J’ai aussi cherché les personnages. Jolfred Fregonara, c’est une rencontre extraordinaire. Je cherchais dans mes réseaux quelqu’un qui aurait vécu ou participé à la création de la Sécu et j’ai enfin trouvé Jolfred, militant communiste et cégétiste. En 1946, il a participé à la mise en œuvre des ordonnances signées par Ambroise Croizat dans le département de Haute-Savoie, il avait 26 ans. Michel Etiévent, biographe d’Ambroise Croizat qui parle de sa mère et de cette période-là avec beaucoup d’émotion, et là l’affect prend le dessus sur la narration et ça fait tout autre chose qu’un documentaire froid de journalisme. Anne Gervais, Didier Tabuteau et d’autres rencontres imprévues en cours de tournage. Pour la recherche d’archives, je fais le travail moi-même parce que je n’ai que de petits budgets, ce sont des films qui n’intéressent pas les diffuseurs à la base, personne n’en veut… Après il y a un énorme travail de montage, je crois que c’est pour La Sociale que cela a été le plus compliqué.

Peut-on dire que François Fillon, en s’attaquant aux fondements de la Sécu, a donné plus de visibilité à ce film ? Suite à ses déclarations, de nombreuses personnes s’inquiètent pour la Sécu, Est-ce que cela se ressent dans les réactions des spectateurs ?

Effectivement nous, on le voit bien. Le film avait déjà plutôt bien démarré par le bouche-à-oreille, mais c’est sûr que le fait que François Fillon ait remis ça sur la scène politique, ça a donné un coup d’accélérateur à la fréquentation et aux débats. Tant mieux parce qu’on voit à quel point finalement les gens, quand on leur explique à peu près clairement comment fonctionne la Sécu et ce qu’elle représente, sont très intéressés. Et là franchement, ce n’est pas pour me moquer de François Fillon, il a rendu un service énorme à la Sécu et finalement il n’arrive pas à s’en dépatouiller. On voit bien que 80 % des gens se disent méfiants ou opposés à ses propositions. Or, il n’y a pas 80 % de gauchistes en France ! Donc, il a rendu un beau service à la Sécu et nous n’avons pas ménagé nos efforts pour l’aiguillonner et pointer ses attaques. Il faut être présents dans les médias et bien montrer à quel point la Sécu ça coûte moins cher et c’est plus égalitaire. Et dans l’esprit des gens, ce n’est pas ce qu’ils croyaient. On a vraiment l’impression avec les différentes tribunes qui sont passées comme le travail de Grimaldi, etc. Il y a eu un beau boulot. Je crois que la consécration, c’était le week-end dernier avec Martin Hirsch qui signe quand même une tribune avec Didier Tabuteau… Martin Hirsch c’est pareil, on va pas le placer chez les gauchistes, il signe une tribune de ce qu’on raconte tous les soirs dans les salles de cinéma, disant que le vrai projet aujourd’hui, c’est d’offrir une belle œuvre politique, c’est-à-dire la Sécu à 100 pour 100. c’est-à-dire à égalité avec les complémentaires, les mutuelles et là on fera vraiment de l’égalité d’accès aux soins et la Sécu doit prendre plus de prérogatives plutôt que moins. Et ça que Martin Hirsch signe une tribune comme ça, c’est qu’il y a eu du boulot et que c’est dans l’air du temps. En ce sens, on peut dire que Fillon a rendu un beau service à la Sécu, sans le vouloir évidemment.

C’est une aventure extraordinairement efficace, on peut rarement aussi bien conjuguer.

Oui et puis moi je vois bien comment, quand on explique – on fait pas mal d’interventions en milieu scolaire aussi – cette notion de cotisation, cette notion d’efficacité, du faible coût et de l’égalité, les gens comprennent très vite. C’est quand même super facile à expliquer, mais le grand mystère, c’est pourquoi la Sécu ne l’a pas fait avant ? J’ai des éléments de réponse, mais ça ne devrait pas être à nous de faire le boulot tous les soirs dans les salles de cinéma. Voilà quoi, ce serait à eux de le faire, sauf qu’effectivement à l’intérieur, à mon avis, on voit bien ce qui se passe autour du film, et finalement si le film pouvait ne pas exister, ça les arrangerait presque mieux, bon ils n’auraient pas à en parler et ce serait une affaire qui continuerait de rouler entre eux, le peuple ne se mêlerait pas de cette affaire-là et ça serait quand même vachement bien. Du coup, on voit bien que l’opposition ne vient pas forcément que du camp où on pourrait croire…

Les gens qui aujourd’hui gèrent la Sécu ont considérablement dégradé son image, l’histoire du trou dont on nous rebat les oreilles a été une manière de la mettre à genoux.

Non je dois dire qu’il y a quelques caisses qui font des projections de ce film, mais globalement, au niveau national, c’est service minimum, vraiment rien. Il n’y a eu aucune information alors que l’on aurait souhaité qu’il y ait une communication un peu descendante dans toutes les caisses, ça nous aurait bien facilité le travail. J’étais en débat la semaine dernière sur RFI en direct et, en face, il y avait le conseiller santé de Fillon qui n’ose plus trop s’avancer… Il y avait aussi Claude Lepen, un universitaire économiste qui est souvent interviewé, qui squatte les plateaux de télé et ce gars-là, il est hyper impliqué avec les complémentaires diverses et variées. Du coup, au début de l’émission, l’animatrice a posé la question : « Est-ce que vous êtes content que le débat sur la Sécurité sociale vienne dans le débat public, pensez-vous que c’est une bonne chose ? » Eh bien lui, il répond : « Non ce n’est pas une bonne chose, parce qu’en gros la Sécu, c’est quand même une affaire compliquée et mettre ça en pâture auprès de gens qui n’y comprennent rien, ce n’est pas un service qu’on lui rend ». Les gens sont trop cons pour comprendre… L’abominable notable de la mutualité dans toute sa splendeur… Et donc moi, évidemment, j’ai repris la parole derrière en disant : « Eh bien voyez où on en est aujourd’hui, visiblement ça arrange bien certaines personnes ». D’ailleurs je l’ai stigmatisé en direct : « Vous avez bien servi la soupe à vos copains des complémentaires qui vous font intervenir régulièrement et qui vous payent pour vos conférences, donc maintenant dites d’où vous parlez, je pense que c’est à cause de gens comme vous que la Sécurité sociale est très mal défendue parce que vous voulez garder votre pré-carré et gérer votre petite affaire entre vous et la Sécu. C’est une affaire qui concerne tout le monde, ce n’est certainement pas une affaire de technocrates et d’universitaires pseudo-objectifs. » Il était très en colère, mais ça, c’est un détail. En tout cas ça montre un petit peu dans quel état d’esprit ils sont et qu’ils veulent garder ce truc pour eux.

Pourrais-tu nous parler de ton investissement dans un autre combat contre l’oubli, à savoir le rassemblement des résistants d’hier et d’aujourd’hui du plateau des Glières ?

Cette histoire-là ne s’est pas construite en lien avec le territoire. J’étais en train de travailler sur le film Walter, retour en résistance. Walter Bassan est mon voisin, c’est un ancien résistant déporté, et il posait la question de ce qu’on allait faire des idéaux de la résistance aujourd’hui. Il se trouve que pendant le tournage, deux jours avant l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait décidé de venir sur ce haut lieu de la résistance qu’est le plateau des Glières, en disant qu’il en ferait son lieu de pèlerinage annuel, un peu comme Mitterrand avait fait avec la Roche de Solutré. Il avait prévenu la presse de son déplacement, mais pas les anciens résistants. Il est arrivé avec son « bling-bling » et une cohorte de journalistes. J’ai aussitôt téléphoné à Walter ce matin-là. Walter était très en colère de ne pas avoir été invité, surtout de la part d’un futur président qui, dans son programme politique, disait en gros qu’il fallait faire de la retraite par capitalisation, travailler plus pour gagner plus, enfin tout l’inverse de ce que le programme de la résistance proposait. J’ai dit à Walter que j’allais réfléchir à ce que l’on pouvait faire. J’ai prévenu des copains par mail, il y en a deux qui ont réagi, qui m’ont dit que j’avais raison, qu’il fallait faire quelque chose, et c’est comme ça qu’on a organisé le premier pique-nique citoyen la semaine d’après son élection. On a lancé cet appel avant même qu’il soit élu, le samedi et il a été élu le dimanche. Pour pas faire les mauvais perdants quoi… Et le premier dimanche d’après, je crois que l’on a été les premiers à appeler à une manifestation contre Sarkozy, il y a eu spontanément environ mille personnes qui sont venues pour pique-niquer sur le plateau des Glières. L’année d’après s’est posée la question de refaire cela ou pas, Walter tenait à ce que l’on recommence sachant qu’il ne s’agissait pas d’interdire à Nicolas Sarkozy de venir, mais de montrer que sa politique n’a rien à voir avec le projet de société porté par la résistance. On a bossé sur la question et c’est cette année-là, en 2013, qu’on a fait venir Stéphane Hessel. Il nous fallait quelqu’un qui porte un peu ces idées-là. Il n’était pas très connu, je l’ai filmé pour le film Walter retour en résistance. Son témoignage dans le film a été découvert par l’éditrice qui a publié ce petit bouquin Indignez-vous !. C’était le début d’une grande histoire et puis nous aux Glières, on a continué chaque année en élargissant à des débats, des projections, des conférences, sur les thèmes de la société, de la politique du projet de société, tout cela en regard du programme du Conseil national de la résistance. C’est maintenant devenu un rendez-vous annuel connu et reconnu autour du 20 mai. Cette année ce sera les 20 et 21 mai. De grandes figures de la résistance sont venues, Stéphane Hessel parrainait notre association, ainsi que Raymond Aubrac, Walter Bassan, Henri Bouvier, John Berger qui vient de nous quitter la semaine dernière. Et voilà, on a vu de belles personnes passer, des générations actuelles et des générations plus anciennes…
Je ne suis pas tout seul pour organiser ce rassemblement. Cette année par exemple, avec la sortie de La Sociale, comme je suis beaucoup « sur les routes », je m’en occupe beaucoup moins, ce sont les collègues qui font le gros du boulot. Je vais me remettre le nez dedans en avril/mai. C’est une bonne association, une belle équipe qui ne se prend pas trop au sérieux et qui fait un gros travail sur le coup, il n’y a pas de tête d’affiche, personne n’a besoin de ça pour briller, pour flatter son ego ou quoi que ce soit. Celles et ceux qui organisent le font vraiment par conviction tout simplement, je crois que c’est aussi ça qui plaît aux gens.

Pour en revenir au film La Sociale, c’est vraiment très intéressant que le sujet de la Sécu vienne dans le débat électoral d’aujourd’hui.

Oui, je pense que ça arrive vraiment au bon moment. Tu vois, par exemple, notre histoire aux Glières avec Hessel, ça s’est fait parce que c’est arrivé au bon moment. Avant, on avait tenté des choses et puis il n’y avait pas de réaction. Parfois, il y a un truc ça tombe dans l’air du temps et puis les gens ont envie d’en parler tu ne sais pas trop pourquoi et là, pour ce qu’il en est de la Sécu, les gens comprennent… Effectivement ils ne comprennent pas tout de la Sécu, mais ils savent que c’est quand même plutôt mieux d’être en France qu’aux États-Unis sur ces questions-là, ça, ils le savent… Sinon leur première réaction est de dire que c’est un truc pourri, donc il y a un petit boulot à faire qui n’est pas si compliqué que ça pour expliquer que ce n’est pas un trou au regard des bienfaits qu’elle amène dans la société et surtout démontrer que c’est un système plus égalitaire, moins cher et plus efficace.
La diffusion du film marche très bien, on en est à 130 000 spectateurs. Je ne sais pas si ça vous dit quelque chose, mais la moyenne du documentaire en France, c’est plutôt 15 000 et à mis à part les documentaires de l’an dernier Merci patron et Les pépites qui lui avaient un gros budget communication, il est dans les meilleurs en termes d’entrées. Et puis, il nous reste encore au moins une centaine de soirées-débat programmées, donc ça continue. À Nevers, il y a eu une projection avec un débat animé par Liliane Croizat, la fille d’Ambroise Croizat

Quand tu dis 130 000 entrées, ça ne comprend pas les projections en milieu scolaire ?

Ça dépend parce qu’il y a pas mal de projections qui se font au cinéma pour les scolaires, donc ça, ça compte, mais les scolaires ça commence vraiment à se mettre en place en ce moment, parce que le temps que les profs réalisent qu’il y a un film qui sort, qu’ils organisent les emplois du temps etc. On en fait plus maintenant qu’on n’en a fait à l’automne.

Comme ton film est un film de cinéma, on ne peut pas le projeter en « privé » tant que le DVD n’est pas sorti ?

Nous commençons à le faire. Il faut prendre contact avec nous sur le site du film. La limite, c’est qu’il ne faut pas qu’il y ait un cinéma aux alentours qui éventuellement le passerait, parce que là ça ne va pas. En fait, il y a une loi qui détermine ça, c’est une loi faite pour protéger les petits cinémas, ce n’est pas une loi débile, mais en même temps, il faut qu’on fasse gaffe parce qu’on risque tout de même de grosses amendes de notre côté.
On voit bien que maintenant, il y a des cinémas qui l’ont retiré de l’affiche et qui le remettent à raison d’une ou deux projections par semaine et que ça devient un peu un rendez-vous. Il y a des cinémas qui ont bien compris le message et ils vont faire ça jusqu’aux élections parce qu’on est quand même dans le calendrier électoral avec ça.
Maintenant si l’un d’entre vous demande à un cinéma de programmer le film pour faire un débat avec une association ou une autre et que vous vous proposez d’animer un débat après, il n’y a pas de problème, ils le font.

Et puis vous avez des outils qu’on peut utiliser pour organiser des débats…

Oui pour les gens qui font leur propre débat, ils peuvent s’inspirer de ce que je raconte sur les vidéos dans la page pédagogique du site [1]. il y a une dizaine de vidéos qui durent en tout environ vingt minutes où je raconte un peu comment le film a été fait, sur l’intention, c’est super utile pour préparer.
On assume que c’est un film sur la Sécu et que c’est pour prolonger la réalisation de Les jours heureux qui était consacré au CNR et à son programme dont la mesure phare était la Sécu. Dire comment ce programme a permis d’amener une sécurité de vie aux gens de leur naissance à leur mort avec les allocations familiales, les allocations de chômage, la retraite et la protection des aléas de la maladie. Après, on s’est demandé comment on allait faire un film attrayant voire drôle, en tout cas humain sachant que dans l’esprit des gens la Sécu, c’est administratif et plombant. On s’aperçoit qu’en jouant avec les affects, on arrive à faire passer des choses très politiques. C’est un des films qui a été le plus difficile à construire pour le rendre simple d’accès et humain.

Filmographie de Gilles Perret : Trois frères pour une vie, Ma mondialisation, Walter retour en résistance, De mémoire d’ouvriers, Les jours heureux, La Sociale.

par Gilles Perret, Pratiques N°77, avril 2017

Documents joints


[1Site : lasociale.fr

Lire aussi

N°77 - avril 2017

La bécasse et le dindon

par Didier Morisot
Rien ne sert de courir, il faut savoir cirer ; Savoir cirer les pompes avec art et manière… À quoi bon en effet se bouger le derrière Si c’est, en fin de compte, pour être désavoué ? Car …
N°77 - avril 2017

L’accès aux soins pour les réfugiés

par Pierre Volovitch
Pierre Volovitch, économiste L’Observatoire international de « Médecins du Monde/Doctors of the World » publie son rapport 2016 sur le thème de « L’accueil des réfugiés en Europe » dans 12 pays et 31 …
N°77 - avril 2017

Malade de croissance ?

par Pierre Thiesset
La poursuite effrénée de la croissance ne peut pas être compatible avec la préservation de notre milieu de vie.
N°77 - avril 2017

Philippe n’en peut plus

par Séraphin Collé
Il ne suffit pas de vouloir sortir de son addiction, encore faut-il avoir un domicile pour accéder aux soins.