Slam au boulot

Associé au dossier Pratiques n° 70

Ça commence comme ça : un jour on me parle d’un slameur de Toulouse. Des textes enivrants de liberté, fourmillant de poésie, des mots coupés à de drôles d’endroits qui se transforment en d’autres mots… et une harpe pour accompagner.
Une idée un peu fixe germe alors : je veux contacter ce gars, je veux qu’il vienne à l’Itep (Institut Thérapeutique Éducatif et Pédagogique) où je travaille pour donner un VRAI concert aux mômes.
Je vais voir le directeur :
Monsieur le directeur,
Donnez l’argent du beurre
Faites venir cet artiste
Et son musicien harpiste,
500 euros ça coûtera
Mais dans nos cœurs ça restera.
Ouais, on n’a pas d’argent, répond le directeur, mais faites un projet.
On s’y colle à deux ou trois et on accouche d’un beau projet, descriptif, objectifs, contenu et tout… On bidouille un atelier slam (écriture et mise en voix) avec six mômes de l’Itep, on commence a y croire, ça nous met du cœur à l’ouvrage, on cherche un mode d’emploi. On nomme la chose Alors Slame et je retourne voir le directeur.
Ouais, on n’a pas d’argent…
Mais entre deux portes, les éducs et les instits murmurent, et voilà qu’un jour le directeur me court après dans un couloir « Isabelle, on a trouvé le budget pour Alors slame… »
Et un mardi de mai, dans la grande salle de l’institution, a eu lieu un VRAI concert donné par les Harpenteurs, et en première partie six mômes tant bien que mal articulaient leur prose… Un grand moment !

mercredi 4 novembre 2015, par Isabelle Canil

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