Quand savoir professionnel et savoir profane se croisent

Un interprète est appelé en PMI, pour traduire des conseils de puériculture à une maman turque qui a déjà élevé 5 enfants. La puéricultrice explique avec patience et conviction à la mère comment préparer les biberons, les bouillies, comment diversifier l’alimentation… La puéricultrice, très professionnelle, explique ce qu’elle a elle-même appris. Elle est convaincue de l’exactitude de son savoir, elle est aussi certaine que ce qu’elle explique est la seule manière de faire.
Un moment plus tard, la mère dit à l’interprète. « Laisse-la parler, mais ne te fatigue pas à traduire, je sais nourrir mon enfant, j’en ai déjà élevé cinq. »
Sa réflexion est à la fois une marque de respect pour le travail de la puéricultrice, elle ne va pas l’empêcher de faire son travail, et dans le même temps, elle démontre la confiance qu’elle a su garder dans la valeur du savoir transmis par des générations de femmes.

Paru dans Pratiques n°18 en juilllet 2002

lundi 27 octobre 2014, par Catherine Jung

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