Il y a comme une odeur de pourriture !

Quelle curieuse manière de traiter une épidémie de gale chez les migrants qui tentent de rejoindre le Royaume Uni à partir de Calais. Le traitement recommandé n’est pas la pelleteuse de travaux publics, qui au contraire va répandre le mal, en dispersant davantage les personnes malades. Le prétexte est fallacieux, mais le but est évident, stigmatiser ces femmes, hommes, enfants, qui fuient la guerre et la misère pour montrer aux Français qui ont voté extrême droite que le gouvernement actuel sait, lui aussi, être capable de xénophobie.

Quelle curieuse manière de pratiquer l’arithmétique en annonçant que le nombre de bénéficiaires de la CMU va être doublé. Non madame la Ministre ce n’est que le nombre de nouveaux bénéficiaires pour l’année qui double. Quant à penser que c’est l’abaissement du seuil d’accès à ce droit qui en est l’origine, c’est oublier que c’est l’augmentation de la pauvreté qui en est la cause. La meilleure mesure sociale est de lutter contre l’exclusion sociale, c’est-à-dire changer de politique.

Quelle curieuse manière d’exercer le droit, notamment envers les étrangers malades, en procédant à leur arrestation quand ils vont déposer en préfecture une demande de séjour pour maladie. Les valeurs de la République ne disent pas qu’il faut envoyer mourir dans leur pays d’origine les malades, alors que l’on peut les soigner en France.

Tous ces événements prennent sens et, une fois encore, montrent que pour cacher son incompétence il est toujours plus facile de taper sur les plus vulnérables, car ils ne peuvent pas se défendre. Cette politique nauséabonde se répand. Il faut se préparer à vivre dans une atmosphère de pourriture, mais cela ne veut pas dire que nous acceptons de la respirer.

samedi 31 mai 2014, par Didier Ménard

Lire aussi

Politique de vaccination : l’inversion des priorités ?

11 février 2021
par Frédéric Pierru, Frédérick Stambach, Julien Vernaudon
Frédérick Stambach Médecin généraliste rural à Ambazac Julien Vernaudon Praticien hospitalier gériatre aux Hospices Civils de Lyon Frédéric Pierru Politiste et sociologue, chercheur au CNRS La France …

J’ai décidé de démissionner, car ce que je fais n’est plus éthique.

23 janvier 2020
Pr Agnès Hartemann, Cheffe du service de diabétologie à l’hôpital de la Pitié. « Le cauchemar a commencé quand on a commencé à nous dire : « Il va falloir que vous produisiez du séjour », alors qu’on …