Quand la mort est là

J’avais écris ce billet d’humeur avant l’assassinat de Toulouse, et j’écrivais sur d’autres morts. Le télescopage de toutes ces morts me bouleverse.
Les évènements tragiques que la France vient de connaître avec ces odieuses fusillades, suscite un engagement de toute la nation pour être solidaire avec les familles des victimes. Cette expression d’une solidarité est réconfortante dans ces moments de grande douleur.

A Saint Denis, en une semaine, deux femmes se sont donné la mort, l’une en s’immolant, l’autre en se jetant sous le train. Elles ont choisi la mort comme ultime façon d’en finir avec leurs souffrances. Fau- il donc que ces souffrances soient terribles pour abandonner des familles, pour échapper à la solidarité des proches, pour être exclues de la société qui protège. Au bout d’un parcours de misère, d’exclusion sociale, de souffrances psychologiques, avec la perte de tout espoir à vivre normalement, la mort est devenue une délivrance.

On me dira que ces morts ne sont pas de même nature, ici des enfants, des jeunes adultes, victimes innocentes d’une tuerie irraisonnée, et là des suicides, conséquences d’une injustice sociale.
Oui, c’est probablement vrai, mais il y a pour les familles des innocents un formidable mouvement de solidarité, une dénonciation unanime du racisme, de l’antisémitisme en tant que hontes de la nation – et, plus généralement, de toutes les nations – et il convient de les combattre sans faiblesse, cette mobilisation est une bonne chose.

Et puis, il y a les familles isolées de ces femmes mortes dans la détresse et dans l’indifférence de la même nation. Une marche pour la dignité a eu lieu à partir de la cité des Francs-Moisins, c’est un cri de colère poussé par les habitants du quartier, mais nous sommes bien seuls. La mobilisation n’est pas suffisamment forte pour faire reculer la souffrance sociale et cela, c’est une mauvaise chose.

mercredi 21 mars 2012, par Didier Ménard

Lire aussi

Avortement

12 octobre 2018
par Sylvie Cognard
Sylvie Cognard « Tueuse à gages » retraitée. Le 11 septembre dernier le président du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof), un certain Bertrand de Rochambeau, s’est permis de …

Quand l’Hôpital licencie les médecins, ou comment la cupidité mène au crime

25 août 2010
par Lucien Farhi
Le système dérape : la maximisation du profit tourne à la cupidité. Celle-ci, non contente de prospérer sur les exonérations fiscales, se nourrit de la fraude, contribuant ainsi à la ruine de l’Etat. Ce …

Grippe A : Quand on aime on ne compte pas !

10 janvier 2010
par Lucien Farhi
Palinodie de la grippe A : après avoir servi le couvert à des dirigeants en mal de publicité lorsqu’il s’était agi d’affoler la population, les media, la main sur le cœur, s’emploient aujourd’hui à faire …

Information médicale et conflits d’intérêts : un label ’Santé propre’ pour les experts et les journalistes ?

19 décembre 2008
par Lucien Farhi
Pratiques s’est déjà fait l’écho de l’indignation suscitée par le rejet par les députés de l’amendement du Sénat, qui faisait obligation à l’Ordre des Médecins de rendre publiques les conventions passés …