La négociation conventionnelle, là où fleurissent les archaïsmes

Les négociations conventionnelles entre les syndicats représentatifs des médecins libéraux et l’assurance Maladie sont dans l’impasse.

Deux syndicats majoritaires chez les médecins spécialistes : la CSMF et le SML, refusent de participer à cette négociation tant que les représentants des jeunes médecins et des étudiants en médecine seront présents dans la délégation des autres syndicats MGF et le BlOC.
Cette attitude est choquante. La participation aux négociation des futurs et jeunes médecins promeut une vision d’avenir. La médecine de demain sera celle des ces professionnels ; il est nécessaire qu’ils participent aux débats qui les concernent.
Seulement, la CSMF et le SML ont une vision de l’avenir qui s’arrête à leurs petits intérêts d’aujourd’hui. Nous sommes bien là dans l’expression d’un syndicalisme archaïque qui explique pour partie la crise de la médecine libérale.
Les petits intérêts des ces « vieux » médecins c’est la défense de leurs droits aux dépassements d’honoraires, c’est la défense d’un mode d’exercice de plus en plus en déphasage avec la réalité d’aujourd’hui. Alors, pour défendre leur passéisme, ils s’opposent à toutes les modifications qui accompagnent les nécessaires transformations du système de soins et refusent de reconnaître, que si tous les médecins libéraux ont le même diplôme, ils ne font pas tous le même métier. Cette différence conduit logiquement à ce que les spécificités d’exercice soient reconnues et fassent l’objet de volets spécifiques de la future convention de la médecine libérale. La CSMF et le SML sont les fossoyeurs de la médecine qu’ils prétendent défendre.

Quant à la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, elle est comme toujours au service de la politique du gouvernement. Elle attend donc que celui-ci décide qui il faut soutenir dans cette affaire. Deux logiques s’opposent : celle de la santé publique qui voudrait que le système de l’offre de soins se mette en phase avec les réalités d’aujourd’hui, et les archaïsmes corporatistes qui prédominent car ceux qui les défendent votent majoritairement à droite.

mardi 10 mai 2011, par Didier Ménard

Lire aussi

Sur la fin de vie, les règles sont « trop restrictives et dissuasives »

19 avril 2018
par Marie Kayser
Marie Kayser Médecin généraliste Dans cet article du journal Le Monde du 31 mars 2018, le journaliste François Beguin relaie l’inquiétude du Docteur Véronique Fournier, présidente du Centre national des …

11 vaccins obligatoires en France demain ?

21 juin 2017
par Marie Kayser
Une obligation qui ne répond pas aux questions posées par les vaccinations. Une aubaine pour l’industrie pharmaceutique. Dans un entretien récent au Parisien, la nouvelle ministre de la santé «  …

La DGS récidive avec la Tamiflu©

4 février 2017
par Philippe Lorrain
Après le Ministère de la Santé vers la population (spots radio et télédiffusés), c’est la Direction Générale de la Santé qui communique vers les médecins (via le Réseau Sanitaire et Social de Cégétel) qui …

BREVET DU VIVANT : PROGRES OU CRIME ?

10 mars 2009
par Jean-Pierre Berlan
Le cartel génético-industriel, drapé dans le manteau de la philanthropie et du progrès, a réussi à imposer le brevet du vivant en 1980 aux Etats-Unis et en 1998 dans l’Union Européenne avec la …