La rigueur m’écœure

Que les discours des gouvernants d’aujourd’hui soit incohérents, toute personne sensée le sait, il suffit de les écouter. Que l’action qu’ils mènent le soit également, rien d’étonnant, mais les victimes de l’incohérence sont toujours les mêmes. Je ne vais pas plaindre ces pauvres riches qui devront s’acquitter de quelques sous pour renflouer les caisses de l’État ; de plus, comme je ne les côtoie pas, je ne risque pas de devoir « prendre en charge » leur détresse existentielle. Par contre, tous les jours, je vois à la consultation les victimes de ce plan de rigueur, et plus particulièrement toute cette population de salariés qui bascule inexorablement dans la pauvreté et la souffrance sociale. Le travail ne garantit plus de pouvoir se loger, se distraire, se soigner, faire des projets, la vie se réduit à gérer avec difficulté le quotidien et, bien évidemment, tout cela est connu.

Les gestionnaires du système de santé disent avoir compris la gravité et la dangerosité de cette situation. L’Agence Régionale de Santé (ARS) est dans son rôle, et c’est tout à son honneur, d’ériger la lutte contre les inégalités sociales de santé comme étant sa priorité. Elle tente de mobiliser tous les acteurs du soin, du social, qu’ils travaillent en institution ou en ambulatoire : il faut faire reculer les inégalités de santé !! Des actions sont prévues, les contrats locaux de santé sont construits pour cela, les actions de terrain sont financées (pas à la hauteur des nécessités, mais rigueur oblige !), la volonté est proclamée, je soutiens.

Mais alors, pourquoi ce silence de plomb quand le gouvernement et le Parlement taxent les Mutuelles, annihilent le dispositif d’accès à la complémentaire santé par l’augmentation du coût de celle-ci ? L’ARS est cocufiée par le gouvernement, qui lui donne sa feuille de route et bafoue celle-ci sans scrupules et elle, elle se tait, mais peut-elle avoir le courage de s’opposer ? Alors ... qui ne dit rien, consent ? Il est des moments, dans la vie, où il faut choisir son camp.

jeudi 8 septembre 2011, par Didier Ménard

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