Baisse des places d’IVG dans les hôpitaux publics à Paris

Les statistiques officielles de l’Assistance Publique sont claires

Le nombre d’IVG faites dans les hôpitaux publics de Paris (et banlieue) diminue chaque année depuis 2004.

Quand on regarde les chiffres par hôpital, on remarque que le centre de Saint-Vincent-de-Paul en a fait 35% de plus en 2009 qu’en 2008, mais c’est parce qu’il a intégré le centre de Broussais, qui en a fait 40% de moins...
-  L’hôpital Beaujon, qui n’est pas délocalisé pour l’instant, en a fait 30% de moins, car l’équipe privilégie d’autres activités.
-  En Seine-Saint-Denis, les hôpitaux Avicenne et jean-Verdier, qui devraient être regroupés, ont déjà baissé tous les deux leur activité d’IVG, de 18% et de 4%.
-  La fermeture du centre de Tenon fera « perdre » 600 places d’IVG sur l’année.
-  Les hôpitaux dont les chiffres sont les plus stables sont ceux qui ont des centres d’IVG en tant que tels, non intégrés aux maternités, ou en tous cas avec des moyens spécifiques : Saint-Louis, Bicêtre, Colombes...
-  D’autres, comme Bichat ou Robert Debré, bien qu’intégrés dans des maternités, augmentent leur activité, car ils tentent de répondre à la demande, grâce à la conscience de certains membres de leurs équipes.

Par ailleurs, le tableau sur les différentes techniques employées par les différents hôpitaux est intéressant :
-  on voit par exemple que la méthode de l’anesthésie locale est encore peu développée, et il est donc illogique de demander aux centres qui en font le plus de diversifier leurs techniques en faisant plus d’anesthésies générales, alors que la plupart des hôpitaux en proposent déjà en priorité.
-  on voit que ce sont les centres « autonomes » qui proposent le plus souvent les techniques ambulatoires : IVG médicamenteuse ou sous anesthésie locale.

En définitive, ces chiffres (officiels, puisqu’il s’agit d’un document de la Direction de la Politique Médicale) montrent que la situation, toujours cruciale à Paris (où un tiers des IVG seulement sont faites dans le secteur public), s’aggrave chaque année et atteint actuellement un niveau d’alerte.

Raison de plus pour défendre les centres qui fonctionnent bien, demander que ceux qui perdent leurs moyens les retrouvent, que les regroupements de services aient une activité supérieure à la somme de celle des centres dont ils sont issus, et que de nouveaux centres soient créés.

dimanche 2 mai 2010


voir le diaporama associé, issu d’un document de la Direction de la Politique Médicale de l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris présentant l’état des lieux et la stratégie en matière de périnatalité et d’IVG

Documents joints

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