Aujourd’hui pour demain

En ce début d’année, il est de coutume de prendre de bonnes résolutions. Nos femmes et hommes politiques usent également de cette coutume de faire des promesses. Alors, transformons les promesses en résolutions. Pour aider à ce passage, permettez-moi de faire des propositions.

Plus jamais de Médiator. Pour cela, financement de l’AFSSAPS et de ses experts sur fonds publics : de toute façon, cela coûtera moins cher que la prise en charge médicale des effets secondaires de ces soit-disant médicaments.

Le monde entier nous envie notre système de protection sociale. Alors, défendons-le, au lieu de le détruire. Une seule protection maladie pour tous, exit le « marché » et ses lois abominables ; que les mutuelles et les assurances privées se mobilisent pour la prévention, la lutte contre les pathologies de l’environnement, elles n’en seront que plus utiles pour leurs cotisants.

Les maladies chroniques ne cessent d’augmenter. Elles consomment 60 % des dépenses de soins. Alors, que l’on arrête de demander à la biotechnologie de s’occuper de tout. C’est en transformant le système de soins en un système de santé que l’on sera plus efficace.

L’organisation de l’offre de premier recours est le pivot du système de santé disent nos gouvernants. Alors, qu’ils cessent de nous bassiner avec leurs discours et qu’ils passent aux actes : création authentique de nouveaux modes de rémunération, développement massif des nouvelles organisations des soignants de proximité ; maisons de santé, pôles de santé, réseaux de santé.

Le médecin généraliste est l’acteur indispensable pour porter ces changements. Alors, qu’on en lui donne les moyens, et il saura convaincre les autres soignants de s’engager dans ces innovations.

Il faut mieux se former. Alors, faisons vivre une authentique filière de formation initiale des médecins généralistes avec stage en ambulatoire obligatoire. Quant à la formation continue, exit les laboratoires pharmaceutiques.

Les soignants ont trop le nez dans le guidon, ils doivent relever la tête pour mieux comprendre à quoi ils servent dans la société d’aujourd’hui. Alors, il faut les aider à débattre : rendons l’abonnement à Pratiques et à Prescrire obligatoire !!

Bon, j’arrête car je commence à confondre bonnes résolutions et désirs utopiques. D’autant que ces résolutions ressemblent de plus en plus à un programme politique, qui pourrait – pourquoi pas ? _ inspirer les prétendants à la gestion des affaires publiques. Ceci dit, il ne faut pas en rire ou les mépriser, ces désirs utopiques, car n’oublions pas que ces mêmes désirs, nos alertes, nos propositions et expérimentations d’hier à « Pratiques, Les Cahiers de la médecine utopique », sont devenus les réalités d’aujourd’hui.

jeudi 13 janvier 2011, par Didier Ménard

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