La clinique de psychothérapie institutionnelle La Chesnaie en vente

Âme(s) à vendre ! (4)

Les dernières nouvelles de la SCIC Clinique de Chailles La Chesnaie ne sont ni bonnes ni inattendues. Si dans les contes pour enfants le loup ne mange pas le petit chaperon rouge, dans notre monde d’adultes les loups ont un appétit féroce et ne se soucient pas du rêve.
Dissolution de la SCIC pour cause de dissolution des mœurs.

Voilà la dernière lettre d’information des Amis de La Chesnaie
en date du 24/11.2022.

Chèr.e.s sociétaires et sympathisant.e.s,
Voici quelques nouvelles qui ne sont pas des plus réjouissantes… C’est sûrement pour cela que nous avons mis du temps à vous en donner et nous nous en excusons vivement.
Le manque de considération du vendeur et de l’acheteur choisi vis-à-vis de notre projet construit en seulement sept mois, nous a tous quelque peu assommés et désolés.
Depuis le mois de septembre le collectif soutenant la SCIC a entrepris plusieurs actions :
• des actions de grèves à la clinique et à Blois (les 24 et 27 septembre),
• une réunion du Directoire et du Conseil de Veillance afin d’affiner une stratégie (le 26 septembre),
• suite à cette réunion, un membre du Conseil de Veillance, directeur général lui-même, a rencontré le vendeur pour souligner la légitimité de la SCIC (le 29 septembre),
• quelques publications dans la presse, notamment un article dans la revue du Syndicat national des psychologues,
• début octobre, cinq médecins ont également adressé un courrier très complet au vendeur, expliquant leur désaccord éthique. Suite à ce courrier plusieurs départs sont en cours. Si l’ensemble des médecins signataires quittent la clinique il restera uniquement 2 équivalents temps pleins de médecins (sur les 5 à 6 que réclame un travail de qualité à la clinique), répartis entre 3 médecins tous âgés de plus de 60 ans, dont le vendeur qui souhaitait commencer à travailler à mi-temps,
• le 18 octobre, une petite délégation s’est présentée au siège de la fondation l’Élan Retrouvé afin de remettre à leurs dirigeants un courrier exprimant notre détermination à maintenir notre projet et leur proposer de nouveau d’être partenaire de la SCIC.

Cela s’est déroulé dans une ambiance festive et nous remercions chaleureusement les personnes présentes. À ce jour, ni le CA de l’Élan Retrouvé, ni ses directeurs ne nous ont répondu.
En revanche, une délégation de sept personnes de cette fondation est venue à la Chesnaie deux jours après, soit le 20 octobre, afin de rencontrer les représentants du personnel via le CSE (Comité Social et Économique). Lors de la réunion ils ont montré un niveau d’information minimal sur l’organisation du travail à la clinique qu’ils sont censés préserver par leur rachat.
Lorsqu’il leur a été demandé "Comment" ils souhaitent prendre en compte le mouvement social de reprise interne de la clinique, la réponse du Directeur Général a été très claire : "Cela ne nous concerne pas. Les candidats acheteurs concurrents n’ont pas à s’adresser la parole. (...) Vous pouvez toujours manifester sous nos fenêtres ça ne changera rien."
Un peu plus tard il affirmait : "C’est beaucoup plus La Chesnaie qui a besoin de l’Élan Retrouvé que l’inverse ! L’Élan Retrouvé n’a pas besoin de La Chesnaie."
A la question "Comment allez-vous composer avec le départ de plusieurs médecins ?", le DG s’est exclamé : "Bah nous allons recruter !", comme si cela allait être une formalité, semblant ignorer toute la difficulté d’attirer des médecins dans le Loir-et-Cher, même très bien payés comme à la clinique.
Quelle belle considération d’un directeur général à ses potentiels futurs salariés ! La fondation produit déjà un discours de domination et de mise sous tutelle qui déforme la réalité.

Durant ce dernier mois, s’est posée la question de l’avenir de la SCIC
Et ce n’est pas une mince question !
D’avril à fin octobre, nous nous sommes réunis à hauteur de deux réunions hebdomadaires minimum afin de construire une solide reprise. Depuis plus d’un mois, nous ne nous sommes réunis que deux fois car nous avions besoin d’une « pause » afin que chacun d’entre-nous puisse accuser le coup, prendre du recul et se repositionner. Nous sommes toujours dans ce mouvement. Ce qui est sûrement compréhensible étant donné le choc que représente le refus du vendeur, manifestement motivé par des opinions personnelles, sans discussions, sans étude du dossier ni arguments objectifs construits.
Nous avons tiré un trait sur la reprise de la clinique de La Chesnaie. Les lois sociétales et entrepreneuriales actuelles ne nous permettant aucun appui/recours face à deux mastodontes : l’un propriétaire d’une clinique et du terrain, l’autre détenteur de plus d’une trentaine d’établissements. Et oui, la dynamique capitaliste ne nous épargne pas malgré le désir de centaines de sociétaires et de milliers de soutiens !
Certains d’entre-nous se préparent à l’arrivée de l’Élan Retrouvé, d’autres réfléchissent à d’autres projets, que ce soit dans le Loir et Cher ou ailleurs…

La SCIC, de la création à la dissolution
L’AG du 5 septembre a permis la création de la SCIC. Malgré le fait que les documents n’ont pas été déposés auprès du greffe du tribunal, cette AG permet à la SCIC d’exister tout de même. Les règles de vote « classique » pour dissoudre le SCIC en Assemblée Générale Extraordinaire s’appliquent donc. Aujourd’hui, nous arrivons à parler de dissolution de la SCIC.
Le Directoire et le Conseil de Veillance se sont de nouveau réunis ce mardi 22 novembre pour formaliser cette dissolution. Cette décision de dissolution, bien sûr, ne peut être assumée que par un vote de motion par l’ensemble des co-sociétaires réunis en Assemblée Générale.
Ainsi, nous vous invitons à nous retrouver à l’Espace Chavil à Chailles, le samedi 14 janvier 2023 à 14h pour une Assemblée Générale Extraordinaire de la SCIC afin, après l’avoir créée, de la dissoudre ! (Étant aguerris de l’AG précédente, le retard devrait être moindre !)
Nous serions très attachés à ce que les sociétaires qui le souhaitent puissent faire un retour sur cette expérience et aussi que nous puissions échanger sur un « Et maintenant ? », « Et après ? ». L’élaboration nous paraît importante pour y mettre du sens, raconter cette aventure afin qu’elle puisse être source créatrice malgré les mouvements mortifères traversés de non-considération et de pouvoir.

Qu’en est-il du remboursement des parts sociales ?
Actuellement, le capital social de la SCIC est de 338100 euros d’apport de 264 sociétaires. Ce capital ne peut descendre en dessous de 84000 euros avant l’AGE du 14 janvier. Ainsi, étant bien conscients de l’importance de récupérer leurs parts pour certains, nous rembourserons d’abord les personnes physiques avant les personnes morales.
Après ce remboursement, vous ne serez plus sociétaire et ne pourrez pas voter à l’AGE.
Bien entendu, la dernière quinzaine de janvier, nous nous emploierons à tous les remboursements de tous les sociétaires.

N’hésitez pas à nous faire part de vos idées, de vos envies, de vos retours.
Dites-nous aussi si vous pensez être présents à l’AGE, que vous soyez sociétaire ou non.
Que vous ayez le droit de vote ou non, votre point de vue nous paraît essentiel !
Au plaisir de vous lire ou de vous voir...
Au plaisir d’échanger sur ce qui a été construit ou sur ce qu’il pourrait se construire...
Au plaisir de faire vivre l’expérience de cette aventure au-delà.. !
Encore un GRAND merci pour votre soutien tout au long de cette aventure.
Le Directoire, Le Conseil Veillance, Les sympathisants de la SCIC

Pour voir le début de cette série, cliquer sur ce lien.

vendredi 25 novembre 2022, par Eric Bogaert


Fin ?

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