Agir contre les cancers de nos enfants et leur mise en danger

Annie Thébaud-Mony
Sociologue, directrice de recherches honoraire à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), chercheuse associée aux Giscop 93 et 84 (Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle)
Laurence Huc
Toxicologue, INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), Toulouse
Patrick Dubreil
Médecin généraliste, Nantes
Marie Thibaud
pour le collectif « Stop aux cancers de nos enfants », Sainte Pazanne

  1. L’obligation de subir nous donne le droit de savoir 
    Jean Rostand, cité par Rachel Carson (1962) [1]
  1. Il ne peut y avoir plus vive révélation de l’âme d’une société que la manière dont elle traite ses enfants
    Nelson Mandela

Sainte-Pazanne et les communes qui l’entourent, en Loire Atlantique au sud de Nantes, connaissent depuis 2015 une épidémie de cas de cancers d’enfants [2]. Au terme d’épidémie les autorités sanitaires préfèrent employer celui de « cluster », un anglicisme qui désigne, selon la définition de Santé Publique France (SPF), « un regroupement de personnes ayant une même maladie ou les mêmes symptômes dans une zone géographique et dans une période donnée et dont le nombre rapporté à sa population est inhabituellement élevé » [3].
Un collectif citoyen s’est constitué, à l’initiative de parents d’enfants atteints ou décédés de cancers, mais aussi d’habitants des communes concernées qui apportent leur contribution à l’action de ce collectif. L’objectif est d’agir pour l’élimination des facteurs de mise en danger des enfants, tant dans les communes concernées qu’au-delà [4]. Mais pour agir, il faut savoir. Les cancers d’enfants ne relèvent pas du hasard mais d’un processus de mise en danger. Pionnière comme médecin épidémiologiste, Alice Stewart a en effet montré qu’il est possible d’explorer la réalité des contaminations par des cancérogènes avérés, subies par ces enfants victimes de cancer et leurs parents. Démarche qui fut reprise par Henri Pézerat et le collectif Franklin à Vincennes, mettant en évidence une contamination résidentielle issue de la pollution résiduelle par des substances toxiques, de l’activité d’une ancienne usine Kodak [5].
Dans une première partie, cet article présente et discute l’approche adoptée par SPF et l’Agence Régionale de santé (ARS). Après avoir admis l’existence d’un nombre important de cancers d’enfants sur le territoire considéré, SPF a conclu que « le calcul de risque en population n’identifie pas de commune ou de canton présentant une concentration de cancers pédiatriques statistiquement en excès par rapport au reste du département ».
La seconde partie porte sur la démarche engagée par le collectif « Stop aux Cancers de nos Enfants » qui, confronté à l’obligation de subir, comme le soulignaient Jean Rostand et Rachel Carson, revendique le droit de savoir. Deux chercheuses en santé publique – l’une sociologue spécialiste des cancers liés au travail et à l’environnement, l’autre, biologiste et toxicologue, spécialiste des mécanismes d’action des substances toxiques – et un médecin généraliste apportent leur contribution à cette démarche. Pour ce collectif, chaque cas de cancer d’enfant est un événement-sentinelle qui doit mettre sur la piste, non pas d’un facteur causal commun unique, mais d’un ensemble de contaminations par des cancérogènes avérés présents dans leur environnement. En conclusion, nous évoquons quelques leviers d’action pour éliminer ces facteurs de risque.

Tableau 1 : Ensemble des cancers pédiatriques connus par le Collectif SCE sur le secteur, depuis 2015, soit 24 enfants début mai 2021. En rouge sont signalés les cas non pris en compte par l’étude de SPF de novembre 2019.

I - Comment les cancers d’enfants deviennent-ils des non-événements ? L’art de la méthode et des normes appliquées par les institutions publiques de santé
Pour des parents, « tout bascule » à l’annonce du diagnostic de cancer chez leur enfant : « Plus rien ne sera plus jamais comme avant ! » ; « Votre fille a une leucémie. Ce n’est pas possible ! Pourquoi elle ? Qu’est-ce qu’on a fait ? Comment ? Au secours ! » ; « On s’en souviendra toujours : des mots inaudibles qu’aucun parent ne devrait entendre : il n’y a pas de traitement pour ce cancer ! [...] la biopsie confirmait le stade 4, le pire scénario ! » ; « Notre vie va connaître un tsunami ce jour-là ! [...] Pourquoi elle ? Pourquoi ce cancer ? Pourquoi n’y aurait-il rien à faire ? » « Pourquoi elle ? Et même, pourquoi nous ? Qu’avions-nous fait de mal ? » (Extraits du livre témoignage « Regards » [6])
Ce qui meurtrit durement les parents soulève des questions fondamentales sur la mise en danger des enfants par des facteurs de risque de cancer, en commençant par ceux qui sont connus dans l’environnement immédiat de l’enfant et des parents. Dans une démarche non pas étiologique stricte mais de santé publique, celle qu’Alice Stewart a mise en œuvre en Angleterre dès les années 1950 à propos des leucémies chez les enfants, la priorité est l’identification de facteurs de risque connus, tout en étant en alerte sur des toxiques non encore identifiés.
Mais il importe aussi de résister à la fabrique de l’ignorance et du doute, démontrée par nombre de travaux en histoire, santé publique et sociologie. C’est ainsi que David Michaels, professeur de santé publique et directeur de l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA) aux États-Unis de 2008 à 2016, a intitulé son dernier ouvrage Le Triomphe du doute [7]. Sur la base d’une revue de littérature particulièrement documentée et de son expérience, ce dernier montre comment les travaux de scientifiques mercenaires - en particulier en épidémiologie - alimentent une incertitude indéfiniment reconduite sur les liens entre cancer et expositions aux substances toxiques. C’est ainsi que les lobbies industriels ont réussi à mettre en échec, à de rares exceptions près, les tentatives réglementaires visant la prévention des cancers associés. Cette situation n’est pas propre aux États-Unis, comme le montrent de nombreux travaux en France [8].

1. Que sait-on des facteurs de risque des cancers d’enfants ?
Les données du registre de cancers d’enfants de Grande Bretagne témoignent d’une augmentation moyenne d’environ 1 % par an de l’incidence des cancers d’enfants dans ce pays entre 1966 et 2000. Loin de s’en tenir aux lois du hasard, les auteurs insistent sur la nécessité de mieux documenter la réalité des expositions toxiques des enfants et de leurs parents, afin d’en identifier les causes [9].
Les facteurs de risques déjà recensés des cancers pédiatriques, en particulier des hémopathies malignes chez l’enfant, sont bien décrits par les travaux de synthèse du Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard [10] (hôpital et centre de recherche entièrement dédié à la cancérologie, situé à Lyon). Il s’agit d’infections, de l’exposition à des radiations ionisantes, à des radiations non ionisantes type ondes électromagnétiques, du radon et des substances chimiques. L’exposition professionnelle des parents à des polluants organiques persistants est par exemple décrite comme étant à l’origine de cancers pédiatriques : dioxine, hydrocarbures. Concernant en particulier les pesticides, les données épidémiologiques et des méta-analyses confirment que l’exposition aux pesticides est associée à une augmentation des cancers pédiatriques, pédiatriquesque ce soit par l’exposition professionnelle des parents ou l’exposition domestique, que ce soit pendant le trimestre précédant la conception, pendant la grossesse ou l’enfance [11]. Même si la dernière expertise collective INSERM, faute d’études appropriées, n’a pas retenu l’exposition environnementale due aux épandages qui, à l’évidence, débordent les limites des exploitations, il semble évident que la toxicité des pesticides elle-même atteint les riverains dont en particulier les enfants.

2. Rappel nécessaire des caractéristiques de la maladie cancer
Le savoir accumulé en biologie et toxicologie depuis trente ans permet d’affirmer que le cancer ne répond pas au modèle biologique des maladies infectieuses : une cause = un effet. Le cancer est un processus long, qui se fait en plusieurs étapes, dans des interactions continues entre les expositions simultanées et successives de l’individu à des cancérogènes (dans ses différents milieux de vie), et leur inscription dans le développement biologique et vital de cet individu.
On le sait, face à l’atteinte cellulaire par un cancérogène, l’organisme réagit par des stratégies de réparation qui peuvent être globales, laissant la possibilité à une réparation effective sans séquelles, ou au contraire partielles, permettant alors la survie de cellules cancéreuses qui puiseront dans l’interaction constante entre l’individu et son environnement les conditions de développement de tumeurs cancéreuses [12]. Concernant les enfants, il est maintenant établi que certaines mutations génétiques, induites chez les parents par leur propre exposition à des cancérogènes, sont transmissibles aux enfants, conduisant, entre autres, à la survenue de cancers très précoces chez ces derniers [13].
L’atteinte par un cancérogène ne concerne généralement pas un seul organe cible. Ainsi en est-il du plus connu des cancérogènes, à savoir l’amiante [14]. Des corrélations statistiques significatives ont été établies entre exposition à l’amiante et survenue du mésothéliome de la plèvre, du péritoine ou du péricarde, du cancer bronchopulmonaire, du cancer du larynx et du pharynx, du cancer des ovaires, du cancer de l’estomac, du cancer colorectal... Des toxiques tels que la radioactivité ou de très nombreux pesticides sont associés aux leucémies et aux atteintes cancéreuses du système lymphatique, mais aussi aux cancers du poumon, du sein, de la prostate ou du rein, du système nerveux central.
La poly-exposition à plusieurs cancérogènes majeurs accroît considérablement le risque de survenue de cancers. Que les épidémiologistes ne se soient pas intéressés à la poly-exposition (ou n’aient pas pu la prendre en compte dans leurs modèles) ne peut constituer une absence de preuve d’un lien causal entre l’exposition à de nombreux cancérogènes et la survenue de cas de cancers dans les populations mêmes faiblement exposées.
Enfin il n’y a pas de « signature » du cancer permettant de « choisir », pour un individu atteint de cancer, entre différents facteurs à l’exclusion des autres. L’histoire de l’exposition à des cancérogènes d’un enfant atteint de cancer, et celles de ses parents, peut, dans une certaine mesure, être reconstituée. Elle permet, non pas d’établir un lien causal avec un agent toxique spécifique, mais de recenser toutes les contaminations qui ont pu porter atteinte à l’intégrité physique de cet enfant et contribuer à la survenue du cancer dont il souffre. Dans l’histoire corporelle d’un enfant ou d’un adulte atteint de cancer, chacun des différents cancérogènes auxquels il a été exposé, joue très probablement un rôle — en synergie avec les autres - dans le processus ayant engendré et accéléré le développement de ce cancer. La complexité de ce processus ne peut permettre aux épidémiologistes d’exclure, arbitrairement, le ou les polluants en cause. Ainsi, l’attention doit être portée, non pas sur des données épidémiologiques rapportées à un seul polluant — données très souvent inexistantes — mais sur la toxicité avérée des produits auxquels l’enfant et/ou ses parents ont été exposés.
Ces produits ou procédés toxiques doivent impérativement être éliminés, sans attendre les résultats de ce que nous considérons comme une « expérimentation humaine », celle qui consiste à attendre et attendre encore la survenue de nouveaux cancers, visant une sorte de « vérité statistique », au lieu de décider de faire cesser les contaminations présentes dans l’environnement de ces enfants.

3. La démarche des institutions de santé publique
Les connaissances scientifiques attestent que la poly-exposition environnementale à des agents chimiques et aux rayonnement ionisant ou électromagnétiques provoque des cancers. Or, l’analyse des rapports de l’ARS et de SPF montre que la recherche des causes est orientée, moins vers des facteurs de risque collectifs que vers des comportements individuels (tabac, alcool, usage domestique des pesticides contre les moustiques et les puces). Cela contribue à culpabiliser les familles.
La démarche selon laquelle il faut trouver une cause commune à tous les cancers pédiatriques du secteur — comme si le cancer relevait d’une cause unique comme une maladie infectieuse — induit la réponse attendue. Les conclusions ne peuvent qu’aboutir à la sentence pour les familles : il n’y a pas de « cause identifiée » [15].
Voyons un peu plus en détail comment ce dossier de cluster de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne et dans les communes avoisinantes a été traité par les institutions.

Les enquêtes menées par SPF
Les démarches engagées par SPF dans le cas des cancers d’enfants de cette région sud de la Loire Atlantique reposent sur un schéma standardisé d’investigation d’un « cluster », soit : une « enquête (qualitative) de contexte local », une « évaluation d’incidence » et une « étude épidémiologique descriptive » [16].
En 2019, la première enquête a consisté en une série de trente interviews. Ceux-ci n’ont pas été menés auprès des seuls parents concernés en visant à reconstituer de façon approfondie l’histoire personnelle de chaque enfant, en lien avec l’histoire familiale, professionnelle et résidentielle de sa famille. Réalisés auprès de certains parents d’enfants malades, de personnalités diverses, d’élus, d’enseignants, de professionnels de santé et autres, ils ont porté sur « le vécu » et « les attentes ». Les résultats font ressortir le fait que : « le vécu s’exprime sur le registre de l’émotion ». Quant aux attentes, elles « mêlent rationalité et émotion ».
L’évaluation d’incidence « valide le fait que le nombre de cancers pédiatriques sur le secteur des sept communes sur la période 2015-2019 est plus important que le nombre attendu, si l’on considérait le taux moyen de l’incidence de ces pathologies en France ». Or, si on en croit les estimations et surtout ce qui ressort du registre anglais cité plus haut, ce taux moyen ne cesse lui aussi d’augmenter. Mais l’absence de données rigoureusement recueillies en France au fil du temps dans le cadre de registres départementaux rend la comparaison entre un cluster local et une incidence estimée nationale pour le moins hasardeuse, d’autant que tous les cas n’ont pas été pris en compte (voir tableau 1).
En 2020, le périmètre de l’étude a été défini différemment de l’année précédente : il exclut certains cas d’enfants atteints faisant porter l’analyse sur les seuls cas figurant dans le registre des cancers pédiatriques du département de Loire-Atlantique entre 2005 et 2018, l’enregistrement des cas ayant été arrêté sans justification en 2018. Au final, l’étude épidémiologique descriptive de SPF conclut que « le calcul du risque en population n’identifie pas de commune ou de canton présentant une concentration de cancers pédiatriques statistiquement en excès par rapport au reste du département ».
Un questionnaire épidémiologique de quarante-huit pages a en outre été administré aux familles concernées afin d’identifier une cause commune à tous les cancers. Les résultats permettent seulement de « ne pas exclure qu’une partie des cas de cancers soit, comme partout ailleurs, en lien avec des facteurs de risques environnementaux ».

ARS : une « levée de doutes » ?
Certaines interrogations portées par Stop aux Cancers de nos Enfants sur des éléments précis de pollutions environnementales ont fait l’objet par l’ARS d’une démarche complémentaire, dite de « levée de doute ». Ces levées de doutes menées par l’ARS ne le sont pas dans le cadre d’une recherche rigoureuse des contaminations par des cancérogènes susceptibles de contribuer à la survenue des cancers pédiatriques. Comme l’écrit précisément M. Nicolas DURAND, directeur adjoint ARS Pays de La Loire dans son courrier adressé aux familles en date du 29 novembre 2019 : « l’objectif est d’identifier s’il existe des sources d’exposition particulières liées à votre habitat ou à son environnement immédiat et de mettre en œuvre si nécessaire des actions visant à réduire ces expositions et participer ainsi à la sécurisation et l’amélioration de votre cadre de vie. Cette démarche ne vise donc pas à identifier la source commune d’exposition des enfants pouvant être à l’origine de la survenue des cancers. » En réalité, la levée de doute a eu pour seule ambition de vérifier si certaines expositions ne dépassent pas les valeurs de référence connues de la littérature scientifique. Or les valeurs de référence en question ne sont pas des seuils entre toxicité et non toxicité, mais des normes adoptées selon le raisonnement socio-économique, bénéfice/risque, le bénéfice étant économique et les risques, sanitaires et environnementaux [17].

Des dangers qui ne peuvent être considérés comme « négligeables »
Ces approches sont critiquables à plus d’un titre. Soulignons tout d’abord que dans le cas d’exposition à des cancérigènes avérés, il n’y a pas de seuil de référence tolérable. Lorsqu’une substance est classée « cancérogène certain » par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), c’est que le niveau de preuves scientifiques est suffisant pour dire qu’elle doit être interdite ou retirée du marché, ou qu’il n’existe aucune dose, aussi basse soit-elle, qui ne présenterait aucun danger. Or, par exemple, la dieldrine et le lindane, retrouvés sur l’ancien site de l’usine Leduc [site d’une ancienne usine de traitement de bois très proche de l’école Notre-Dame à Sainte-Pazanne], sont classés cancérigènes certains par le CIRC. Leur présence dans l’environnement immédiat des populations, et des enfants de surcroît, constitue un risque certains pour les personnes exposées.
L’effet cocktail, qui induit des effets de synergie entre plusieurs polluants à l’intérieur de l’organisme humain, n’est pas pris en compte. Or les lieux de vie des enfants présentent un certain nombre de facteurs cancérigènes : pesticides liés à la pollution du site Leduc, pesticides issus des exploitations agricoles à proximité (de moins de 50 mètres à plusieurs kilomètres), radiations ionisantes (radon, zone classée 3, voir plus bas), radiations non ionisantes (ondes électromagnétiques avec les lignes à haute et basse tension passant dans le village, sous l’école). Cette combinaison de facteurs de risque cancérigènes ne peut en aucun cas être considérée comme induisant des « risques négligeables ».
En outre, la démarche de l’ARS se révèle erronée, même du point de vue des normes, au moins pour une des substances citées : la dieldrine. Le diaporama de l’ARS présenté aux parents indique qu’au niveau du site Leduc la teneur en dieldrine des eaux souterraines est de 0,192 μg/l. Or la limite de potabilité est à 0,03 μg/L [18]. Ainsi la contamination par la dieldrine des eaux souterraines circulant sous l’ancienne usine à proximité de l’école est plus de 6 fois la limite de potabilité. La dieldrine est un insecticide puissant de la famille des organochlorés (à laquelle appartient aussi le DDT [19]), interdit aux USA depuis 1975 et en France depuis 1972 pour l’agriculture, puis en 1992 pour le traitement du bois. Elle est classée parmi les Polluants organiques persistants (POP), parmi la « dirty dozen » de la liste établie dans la Convention de Stockholm  [20] : restant quasi intacts pendant des années dans le sol, ils s’accumulent dans le corps de nombreux organismes, contaminant la chaîne alimentaire et donc l’humain. La dieldrine est un perturbateur endocrinien cancérigène, favorisant, entre autres, le cancer du sein [21]. De plus, une récente étude d’une cohorte norvégienne révèle que des hauts niveaux sériques de dieldrine sont associés à un risque plus élevé de développer des leucémies aiguës myéloïdes [22]. Elle a été classée cancérigène probable par le CIRC [23] et est également un puissant neurotoxique.
Le lindane (et ses dérivés hexochlorocyclohexane) est également retrouvé au-dessus des valeurs réglementaires, dans les poussières de l’école, dans les eaux souterraines et l’étang en face de l’école. Cet insecticide utilisé pour le traitement des charpentes est classé cancérogène avéré pour l’humain par le CIRC en 2015 [24]. Une méta-analyse publiée en 2016 a montré une corrélation statistiquement significative entre l’exposition au lindane et une augmentation du risque de développer un lymphome non Hodgkinien [25]. Sa présence anormalement élevée dans l’environnement immédiat des enfants et des élèves de l’école est vraiment préoccupante.

Et le radon ?
Ceci sans parler de la légèreté avec laquelle les mesures d’autres toxiques ont été faites par les institutions sanitaires publiques. Ainsi de la mesure du radon, dangereux gaz radioactif classé cancérogène, présent dans l’école Notre-Dame. Selon l’existence ou non d’une ventilation, le gaz s’accumule dans les espaces intérieurs.
Selon le diaporama présenté aux parents, les contrôles effectués par l’Institut de Radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ont été réalisés hors saison scolaire et sans indication de l’existence ou non de ventilation. Selon les chercheurs de la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD) que nous avons consultés, les résultats présentés par l’IRSN sont presque impossibles à interpréter : le fait de réaliser les mesures en « période chaude » et donc sans chauffage tend à minorer les résultats (l’hiver, l’aération est moindre et le chauffage engendre un effet d’aspiration par rapport au gaz du sous-sol) ; en revanche le fait de confiner les locaux joue dans l’autre sens (aucune ouverture des portes et fenêtres, ce qui signifie que le renouvellement de l’air est au minimum favorisant l’accumulation du radon). Il est impossible de savoir dans quelle proportion jouent ces mécanismes inverses. Soulignons cependant que les résultats sont très contrastés entre la cantine et les modules, d’une part, et les bâtiments A et B, d’autre part (avec des résultats préoccupants, compris entre 100 et 1 000 Bq/m3 et jusqu’à plus de 300 Bq/m3 à l’étage). Mais on ne dispose d’aucun élément pour interpréter ces différences : rien sur la nature du soubassement (vide sanitaire, terre-plein, cave...), sur le volume des pièces, la présence ou non de grilles d’aération, de voies de passage avec le sous-sol (défauts d’étanchéité, canalisation, etc.).
L’interprétation des résultats de ces contrôles effectués par l’IRSN est d’autant plus difficile qu’il ne s’agit pas d’un texte mais d’un diaporama. Il faudrait disposer du rapport d’étude. Ainsi, l’une des diapositives annonce des résultats de mesure en continu mais les résultats ne sont pas publiés. Même opacité pour les relevés radiamétriques : « valeurs faibles et homogènes » mais aucun chiffre et surtout aucune cartographie permettant de répondre aux questions essentielles : combien de mesures ? Où ? À quelle hauteur par rapport aux surfaces contrôlées ? Rien n’est précisé. Par ailleurs, le document indique qu’il s’agit de « premières mesures pour identifier d’éventuelles anomalies ». Des contrôles complémentaires étaient prévus, semble-t-il, pour lever le doute concernant la présence de radionucléides artificiels qui ne sont pas détectables par des relevés radiamétriques. Ces contrôles ont-ils été réalisés ?
Quant aux conclusions et comparaisons de l’IRSN, elles conduisent les auteurs de l’étude à une conclusion inverse de celle qui pourrait être attendue d’une institution de contrôle. Le fait cité qu’environ 20 % des établissements contrôlés en zone 3 aient montré des résultats supérieurs à 400 Bq/m3 en moyenne annuelle, et environ 5 % des résultats supérieurs à 1 000 Bq/m3, ne devrait pas être utilisé pour relativiser les résultats de l’école Notre-Dame-de-Lourdes à Sainte-Pazanne, mais plutôt pour dénoncer le retard pris dans la mise en conformité des établissements concernés.


  1. Radon : évolution des prescriptions réglementaires
    La Commission européenne a recommandé dès 1990 le contrôle des bâtiments. La France n’a alors pas donné suite. Les choses ont commencé à changer (très légèrement) en 1998 mais il a fallu attendre 2004 pour que le dispositif de contrôle des ERP (établissements recevant du public) soit opérationnel.
    Cependant, sauf problème particulier, ce dispositif existe uniquement dans 31 départements prioritaires dont la Loire-Atlantique ne faisait pas partie. Une carte a été établie sur la base de résultats de mesure de concentration de radon mais tout à fait insuffisants tant sur le plan qualitatif que quantitatif (DOM-TOM oubliés, mesures incomplètes, non représentatives, etc.)
    Les départements retenus sont ceux qui présentaient une concentration moyenne supérieure ou égale à 99 Bq/m3 (moyenne établie à l’échelle du département ce qui gomme les secteurs à risque).
    Sur la base de 159 mesures donnant une moyenne départementale de 65 Bq/m3, la Loire-Atlantique a été exclue alors que les caractéristiques géologiques en faisaient incontestablement un secteur à risque.
    Cette méthodologie a été dénoncée avec force par la CRIIRAD mais longtemps sans résultat. En 2003, l’IRSN a fini par publier une nouvelle cartographie, à l’échelle communale et basée sur une estimation du potentiel de production du radon des formations géologiques (il y a encore des anomalies mais beaucoup moins qu’avant). Logiquement, 90 % des communes de Loire-Atlantique se retrouvent en zone 3 (fort potentiel radon).
    Mais cette carte n’a pas été intégrée au dispositif réglementaire. Il y a eu des progrès dans certaines régions qui ont utilisé les données de la carte IRSN mais il a fallu attendre 2018 pour que la réglementation soit modifiée : décret n° 2018-434 du 4 juin 2018 portant diverses dispositions en matière nucléaire et arrêté du 27 juin 2018 portant délimitation des zones à potentiel radon du territoire français.
    Au final, le décret du 4 juin 2018 abaisse de 400 Bq/m3 à 300 Bq/m3 le seuil d’action (entrée en vigueur au 1er juillet 2018) et impose le contrôle dans tous les ERP implantés en zone 3 en fixant une date butoir au 1er juillet 2020 pour ceux qui n’étaient pas concernés auparavant par les obligations.
    Sur le niveau de référence.
    Le seuil de référence de 300 Bq/m3 n’a rien d’un seuil d’innocuité : Pour 90 % du temps passé en intérieur, une concentration de 300 Bq/m3 correspond à une dose de près de 16 mSv/an, alors que la dose limite annuelle réglementaire pour la population est 1mSv !
    Pour le radon, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) avait longtemps retenu une valeur maximale de 10 mSv/an (au-dessus une intervention est toujours impérative afin de faire baisser la concentration de radon). Vu le niveau de risque (résultats concordants des études épidémiologiques européennes, nord-américaines et chinoises publiées dans les années 2004-2006), l’OMS a recommandé une valeur de référence de 100 Bq/m3 (300 Bq/m3 constituant une borne supérieure maximale à justifier par des conditions très défavorables empêchant la mise en œuvre des 100 Bq/m3).
    https://www.criirad.org/laboratoire/radon/radon.html

Avec de tels résultats tant pour les deux pesticides (dieldrine, lindane) que pour le radon, comment l’ARS a-t-elle pu conclure que les doutes quant à de possibles contaminations cancérogènes dans l’environnement des enfants étaient levés ? Comment s’en tenir à cette approche menée par les deux institutions alors que de nouveaux cas de cancers d’enfants continuent à apparaître ? Le doute et la complexité qui pèsent sur la connaissance des causes de cancers devraient, non pas, quand les intérêts économiques sont en jeu, générer une rigidité inféconde de la part des agences et de certains scientifiques vis-à-vis des victimes, mais susciter d’autres modalités d’enquête de terrain et de recherche scientifique C’est la voie choisie par le collectif « Stop aux cancers de nos enfants ».

II -Citoyennes-expertes et expertes-citoyennes engagées dans une production de connaissances pour l’action
Nous considérons ensemble, expertes-citoyennes et citoyennes-expertes, que les démarches institutionnelles évoquées plus haut sont aux antipodes d’une démarche de recherche en santé publique. Le collectif a donc de son côté conduit des investigations rigoureuses sur la présence de toute une série de substances toxiques - non prises en compte par les institutions - qui ne devraient pas exister dans l’environnement d’enfants ou même d’adultes. Sur le secteur autour de Sainte-Pazanne, les parents de « Stop aux Cancers de nos Enfants » ont d’emblée recherché les sources potentielles de danger pouvant jouer un rôle dans la survenue des cancers de leurs enfants.
Ils ont tout d’abord repéré des dangers facilement identifiables. Ainsi, plusieurs lignes à haute tension passent sous la cour de l’école et le chemin par lequel les mamans (enceintes pour certaines) et leurs petits en poussette, vont et viennent plusieurs fois par jour pour emmener et aller chercher les petits de l’école maternelle Notre-Dame de Lourdes. La toxicité des champs électromagnétiques est désormais suffisamment connue pour les considérer comme des dangers avérés dans l’environnement des enfants et des mères (voir encadré ci-dessous). Les lignes aériennes et souterraines du secteur sont toutes reliées à un énorme transformateur situé à environ 200 m de cette école. Il suffit de se rapporter à la lutte engagée par des éleveurs dont les troupeaux sont décimés lorsque de telles installations sont construites à proximité de leurs élevages [26] pour comprendre qu’une telle proximité met en péril la santé des enfants, mais aussi des adultes. Qu’en est-il des institutrices et instituteurs de l’école Notre-Dame de Lourdes ?


  1. Normes champs électromagnétiques (CEM)/ Champs électriques CE [27]
    Normes des Champs électromagnétiques (CEM) en France : 100 µT (micro Tesla) pour une exposition non chronique (norme industrielle)
    Normes des champs électriques en France : 41 V/m (haute fréquence) et 5 000V/m pour les basses fréquences (50 Hz)
  1. Les CEM extrêmement basses fréquences (EBF) sont nocifs pour la santé.
    Dangerosité déclarée cancérigène dès 0.2 µT énoncée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer), qui les a classés cancérigènes possibles (groupe 2B) en 2002, en raison des études épidémiologiques révélant l’association d’un plus grand nombre de cas de leucémies infantiles à des expositions à des CEM-EBF. Cela a été confirmé par une étude française, pour des expositions à une distance inférieure à 50 m [28], mais aussi par une étude danoise [29].
    « L’association est statistiquement significative pour une exposition résidentielle, moyennée sur 24 heures, à des champs magnétiques dont les niveaux sont supérieurs à 0,2 ou à 0,4 µT, selon les études ».
    Des relevés effectués par PRIARTEM (Pour Informer, Rassembler et Agir sur les Risques liés aux Technologies Electro Magnétiques) vont de 0.3 à 0.6 µT rue de la Nantaise à Sainte Pazanne et dépassent 1.6 µT près du transformateur.
    Des mesures similaires ont été effectuées par le laboratoire EXEM mandaté par l’ARS. Elles indiquent des niveaux sous la norme française, mais néanmoins élevés et au-dessus des 0.2µT.

Carte des parcs éoliens dans le pays de Retz construits ou en projet et des cas de cancer d’enfant

Le fait que le « cluster » de cancers pédiatriques ne soit pas reconnu par SPF (après l’avoir été) et que les champs électromagnétiques ne soient pas identifiés comme un danger pouvant concourir aux cancers d’enfants permet l’essor des parcs éoliens sur le secteur. La carte ci-dessus montre l’emplacement des éoliennes déjà construites et celles en projet d’installation, tandis que les cas de cancers d’enfants se multiplient dans cet étroit périmètre [30].
Dans cette même école, le Collectif a pu appréhender, y compris dans les relevés de l’ARS, la présence de lindane, cet autre dangereux insecticide organochloré interdit en France en 1998. Comment un produit aussi dangereux ne fait-il pas l’objet d’une surveillance particulièrement rigoureuse dans les lieux d’accueil de la petite enfance ? N’est-ce pas la mission des institutions de santé publique que de protéger nos enfants d’une telle contamination ?
Non loin de là, la friche de l’ancienne usine Leduc, spécialisée dans le traitement du bois, est située en face de l’école Notre Dame de Lourdes. Dans cette entreprise, ont été manipulés une grande quantité de pesticides dont certains particulièrement dangereux, comme le lindane (cancérogène avéré ou de type 1 par l’OMS), mais aussi le tétrachloroéthane (cancérigène possible 2B par l’OMS [31]) et la dieldrine, retrouvés par ailleurs dans deux classes de l’école (classes maintenant condamnées et interdites d’accès). Le site aurait été décontaminé en 2010, permettant aussitôt la construction d’un nouveau lotissement. Les personnes habitant le lotissement ont cependant pour recommandation de ne pas cultiver des légumes comestibles dans le sol.
Des analyses ont été conduites, à l’initiative du Collectif, pour identifier les substances toxiques, préciser les contaminations et envisager les mesures de prévention nécessaires. Parmi les toxiques identifiés, les pesticides figurent malheureusement en trop bonne place, du fait des activités agricoles à proximité des villages et zones résidentielles.
Qui peut croire que tout cela est sans rapport avec la survenue des cancers d’enfants à Sainte-Pazanne et dans les communes avoisinantes ?
Une démarche du Collectif est engagée depuis plusieurs mois, démarche pour laquelle les parents auraient souhaité un soutien des institutions sanitaires qui le leur ont refusé, comme le montre cet extrait de courrier adressé par le Collectif à SPF le 7 avril 2020 :

  1. « Nous demandons en comité de suivi depuis des mois la possibilité d’effectuer une analyse génomique des cellules cancéreuses des enfants sur notre territoire pour évaluer s’il existe une incidence environnementale ou non. Vous y aviez répondu par un refus. Ces recherches en biologie moléculaire existent. Elles sont reconnues par l’Institut National du Cancer et elles nous sont proposées par le meilleur institut de recherche français dans ce domaine, l’institut des Cordeliers à Paris avec lequel nous travaillons en collaboration depuis plusieurs mois. Nous regrettons de devoir lancer toutes ces recherches par nous-même. Mais si vous, nos autorités sanitaires, ne pouvez rien faire, alors les citoyens continueront pour que la santé de nos enfants soit une priorité. Nous ne pouvons plus douter du lien entre la Santé et notre Environnement. » [32]

Quelles sont les raisons d’un tel refus de la part de l’institution de santé publique chargée de la veille sanitaire ?
Les auteurs et autrices de cet article sont engagés dans une démarche de production de connaissances qui met en évidence la réalité des contaminations à des toxiques connus de très longue date. Il ne s’agit pas ici d’entrer dans une polémique stérile avec les professionnels de SPF et de l’ARS. On sait qu’il n’est jamais possible, médicalement et scientifiquement, d’attribuer un cas de cancer à une seule cause. La complexité du processus de cancérogenèse ne se dénoue pas avec des statistiques. Mais la présence de substances toxiques avérées exige une tout autre démarche de la part des institutions de santé publique, à savoir, au minimum, identifier les sources de danger et informer les décideurs pour que cessent les atteintes à la sécurité et à la santé des vivants, ce qui peut être qualifié de troubles à l’ordre public, notamment par la présence dans l’environnement de substances interdites ou classées cancérogènes.

Conclusion
Il y aura bientôt vingt-cinq ans que la France a interdit l’amiante, au terme d’un siècle d’épidémie de cancers et fibroses. Tout au long du XXe siècle et des premières décennies du XXIe siècle, des experts-citoyens et des citoyens devenant experts se sont heurtés et se heurtent encore à la fabrique du doute, de l’ignorance, de l’incertitude indéfiniment reconduite sur les dangers qui détruisent la santé et la vie [33]. Cette incertitude socialement construite permet aux pouvoirs publics, au patronat, aux lobbies, de repousser sans cesse le moment de prendre acte de l’hécatombe des cancers, ici des cancers d’enfants.
À Sainte-Pazanne comme dans d’autres situations semblables, sous le principe de l’objectivation de normes, les experts et expertes des agences sanitaires affirment qu’il n’y a pas d’agrégats de cancers pédiatriques. Pendant ce temps, un collectif citoyen met en place des recherches pour l’action, créant la reconnaissance légitime du savoir des parents sur les maladies de leurs enfants en se donnant les moyens de caractériser rigoureusement l’ensemble des contaminations présentes dans leur environnement. Ils et elles conduisent cette démarche en fonction des récits personnels des familles, avec l’aide de scientifiques académiques, mais aussi en mobilisant les politiques et des médias, afin de faire valoir leur réalité de victimes, par rapport au savoir statistique normé trop souvent producteur d’ignorance et de doute.
La démarche engagée par « Stop aux Cancers de nos Enfants » doit pouvoir continuer, non plus seulement vers l’identification des substances mortelles pour leurs enfants, mais vers une action pour l’élimination de ces dangers dans leur environnement... et le nôtre. Dans la mesure où les institutions de santé publique « hors-sol », selon l’expression de l’une d’entre nous [34], demeurent sourdes et aveugles à la réalité des dangers subis, la justice sera-t-elle l’ultime recours pour obtenir l’enlèvement des lignes à haute tension de la proximité de l’école, l’arrêt des projets des nouveaux parcs éoliens sur Sainte-Pazanne et ses communes avoisinantes, l’engagement d’une véritable action de dépollution du site de l’usine Leduc, et l’interdiction totale de tous les pesticides de synthèse dont les dangers furent dénoncés il y a soixante ans par Rachel Carson ?


dimanche 11 juillet 2021, par Patrick Dubreil, Laurence Huc, Annie Thébaud Mony, Marie Thibaud


[1Rachel Carson, Printemps silencieux, Édition Wildproject/Domaine Sauvage, 2009 (traduit de l’anglais, 1962), p 36.

[2Voir le tableau 1 qui présente l’ensemble des cancers pédiatriques diagnostiqués depuis 2015, recensés par le collectif « Stop aux cancers de nos enfants ».

[3.Regroupement de cancers pédiatriques dans plusieurs communes de Loire-Atlantique, dossier pédagogique, Santé Publique France, septembre 2020 https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2020/cancers-pediatriques-sur-le-secteur-de-sainte-pazanne-une-surveillance-active-et-des-actions-de-prevention

[5Henri Pézerat, Autobiographie. Chapitre 6 : Vincennes : Friche industrielle et cancers d’enfants, https://www.asso-henri-pezerat.org/wp-content/uploads/2014/04/Autobiographie-Henri-Pézerat.pdf.

[6Regards. Maladies infantiles graves : des proches témoignent, Éditions Les plumes d’Ocris, Meaux, 2021

[7David Michaels, The triumph of doubt. Dark Mony and the science of deception, Oxford University press, 2020

[8Collectif intersyndical des universités Jussieu, Danger ! Amiante, la découverte, 1977 ; Nicolino F., 2014, Un empoisonnement universel. Comment les produits chimiques ont envahi la planète. Paris, Éditions LLL ; Thébaud-Mony A., 2014. La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. Paris, La Découverte ; Henry E., 2017. Ignorance scientifique et inaction publique. Les politiques de santé au travail. Paris, Les Presses de Sciences Po. ; Horel S., 2015. Intoxications, Paris, La Découverte ; Horel S., 2017. Lobbytomie - Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie, Paris, La Découverte ; Stéphane Foucart, Stéphane Horel, Sylvain Laurens, 2021, Les gardiens de la raison. Enquête sur la désinformation scientifique, Paris, La Découverte

[9Charles Stiller (ed.) Childhood Cancer in Great Britain, Incidence, Survival, Mortality, Oxford University Press, 2007

[11Bailey 2014-2015 ; Chen, 2015 ; Gunnier 2017 ; Van Maele-Fabry, 2019 ; Van Maele-Fabry, 2017 ; expertise Inserm 2013 et 2021

[12André Picot, Monradon Frédéric, Ecotoxicochime, appliquée aux hydrocarbures, colle « tec et doc », Lavoisier, Paris, 2013.

[13Les travaux les plus significatifs à ce sujet concernent les conséquences sanitaires de la contamination radioactive après la catastrophe de Tchernobyl. La synthèse de plusieurs centaines de publications de chercheurs et médecins russes, biélorusses et ukrainiens, coordonnée par Alexey V. Yaboklov, Biologiste, membre de l’académie des Sciences de Russie, et Vassili B. Nesterenkoko, physicien, membre de l’Académie des sciences du Bélarus a été traduite en anglais, et a fait l’objet d’une importante publication par l’académie des Sciences de New York en 2009.

[14Annie Thébaud-Mony, La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. La Découverte, 2014 (voir en particulier le chapitre 3 : Amiante : Défendre l’indéfendable)

[15Regroupement de cancers pédiatriques dans plusieurs communes de Loire-Atlantique, Dossier pédagogique Santé Publique France, septembre 2020, p. 15

[16id., p. 11

[17Emmanuel Henry, HENRY E., 2017. Ignorance scientifique et inaction publique. Les politiques de santé au travail. Paris, Les Presses de Sciences Po.

[19dichlorodiphényltrichloroéthane

[21Organochlorine exposure and risk of breast cancer.Høyer AP, Grandjean P, Jørgensen T, Brock JW, Hartvig HB. Lancet. 1998 Dec 5 ; 352(9143):1816-20. doi : 10.1016/S0140-6736(98)04504-8.

[22Pre-diagnostic serum concentrations of organochlorines and risk of acute myeloid leukemia : A nested case-control study in the Norwegian Janus Serum Bank Cohort.Bassig BA, Engel LS, Langseth H, Grimsrud TK, Cantor KP, Vermeulen R, Purdue MP, Barr DB, Wong JYY, Blair A, Rothman N, Lan Q. Environ Int. 2019 Apr ; 125:229-235. doi : 10.1016/j.envint.2019.01.066. Epub 2019 Feb 2.

[23Carcinogenicity of pentachlorophenol and some related compounds, K.Z. Guyton, D. Loomis, Y. Grosse, F. El Ghissassi, V. Bouvard, L. Benbrahim-Tallaa, et al.Lancet Oncol., 17 (2016), pp. 1637-1638

[24Carcinogenicity of lindane, DDT, and 2,4-dichlorophenoxyacetic acid.Loomis D, Guyton K, Grosse Y, El Ghissasi F, Bouvard V, Benbrahim-Tallaa L, Guha N, Mattock H, Straif K ; International Agency for Research on Cancer Monograph Working Group, IARC, Lyon, France. Lancet Oncol. 2015 Aug ;16(8):891-2. doi : 10.1016/S1470-2045(15)00081-9. Epub 2015 Jun 22

[25Exposure to organochlorine pesticides and non-Hodgkinlymphoma : a meta-analysis of observational studies.Luo D, Zhou T, Tao Y, Feng Y, Shen X, Mei S. Sci Rep. 2016 May 17 ;6:25768. doi : 10.1038/srep25768.

[28IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans. Non‐ionizing radiation, Part 1 : Static and extremely low‐frequency (ELF) electric and magnetic fields, vol. 80. Lyon : IARC Press, 2002. 1—395.Childhood leukaemia close to high-voltage power lines—the Geocap study, 2002-2007.Sermage-Faure C, Demoury C, Rudant J, Goujon-Bellec S, Guyot-Goubin A, Deschamps F, Hemon D, Clavel J. Br J Cancer. 2013 May 14 ;108(9):1899-906. doi : 10.1038/bjc.2013.128. Epub 2013 Apr 4.

[29Camilla Pedersen & al, Distance to High-Voltage Power Lines and Risk of Childhood Leukemia — an Analysis of Confounding by and Interaction with Other Potential Risk Factors, PLOS-One, Sept 2014, Vol 9 Issue 9, www.plosone.org

[31Carcinogenicity of trichloroethylene, tetrachloroethylene, some other chlorinated solvents, and their metabolites.Guha N, Loomis D, Grosse Y, Lauby-Secretan B, El Ghissassi F, Bouvard V, Benbrahim-Tallaa L, Baan R, Mattock H, Straif K ; International Agency for Research on Cancer Monograph Working Group. Lancet Oncol. 2012 Dec ;13(12):1192-3. doi : 10.1016/s1470-2045(12)70485-0.

[33Annie Thébaud-Mony, La science asservie. Santé publique : les collusions mortifères entre industriels et chercheurs. La Découverte, 2014

[34Id. chapitre 12


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