IVG pour refus d’IMG avant 14 SA ?

questions posées par un médecin

Bonjour,
J’ai eu un cas de diagnostic à 12 SA d’agénésie d’un avant bras gauche. Les parents, après que la référente en DPN leur ai dit que s’il n’y avait que cela, on ne leur accorderait pas d’IMG, ont décidé de faire une IVG après une pleine semaine de réflexion...
Un collègue m’a dit qu’il y avait un texte comme quoi, à partir du moment où il y avait un « cas de DPN », la femme se voyait refuser l’IVG au motif qu’elle rentrait de ce fait dans les indications d’IMG où il faut l’accord du CPDPN ???? avec décret ou arrêté à la clef ?
J’avoue ne pas avoir trouvé cela sur internet mais vous devez savoir si cela est vrai et peut être avoir d’autres témoignages ?
Merci beaucoup

Dr S.D.

Bonjour,
En réponse à votre question , il me semble qu’un médecin qui a refusé une IMG ne peut pas faire l’IVG pour la même grossesse. Il suffit donc qu’il ne s’agisse pas du même service et la femme n’ayant pas à justifier la raison de sa demande d’IVG, le problème est réglé !
Cordialement,
Dr N.T.

Souvent ceux qui refusent une IMG ne sont pas disposés à faire une IVG sur la même grossesse ! Faut-il accepter ça ?
Dr JC.M.

Je suis d’accord et pas d’accord avec toi ! Il me parait difficile pour une même personne (médecin) de dire non d’un côté et oui de l’autre d’autant que cela peut fragiliser une équipe à partir du moment où il y a eu un positionnement et cela reviendrait à mon sens à dire que avant 14 tout est IVG et après 14 seulement on parlerait d’IMG. Maintenant si on se positionne côté IVG : il n’y a pas de motif à donner donc tout est possible, quelque soit le résultat de l’écho. _ Donc on peut accepter qu’un médecin dise non dans sa position de diagnostic anténatal mais il doit informer la femme des possibilités dans le cadre de l’IVG.
N.T.

Je vous rappelle que j´ai organisé une table ronde sur le sujet aux journées de l’ANCIC à Cannes.
-  La femme est seule juge de sa situation de détresse. Jusqu’à 14 SA, elle n’a aucune justification à fournir lors de sa demande d’IVG.
-  La découverte d’une « anomalie » ETG même si cela ne relève pas de l’IMG peut constituer un motif suffisant pour la femme avant 14 SA de demander une IVG (y compris le sexe ).
-  L’IMG est une procédure qui peut-être appliquée avant 14 SA mais le fait qu’elle soit refusée n´empêche pas la réalisation d’une IVG.
-  La clause de conscience est inscrite dans la loi et personne ne peut obliger un médecin à pratiquer une IVG. En revanche il a l’obligation d´orienter la femme vers un centre ou un médecin pratiquant l’acte.
-  Il n’y a aucun autre texte légal sur la question même si on essaye de nous faire croire le contraire.
Voilà les points forts qu’il fallait retenir de cette table ronde.
ML.B

En fait il me semble que le fond du problème entre l’IMG et l’IVG, c’est que dans le cas de l’IMG le pouvoir est du côté du médecin alors que dans celui de l’IVG il est du côté de la femme. La question n’est pas tant un problème de clause de conscience mais plutôt de souplesse psychique et d’ouverture d’esprit. Non ? En tous cas ceci n’avait pas été abordé lors de la table ronde des journées de Cannes.
Chantal B

En France, nous séparons l’IMG de l’IVG. Des gynécologues anti-IVG prennent en charge des IMG. Aux Etats-Unis par exemple, en tous cas dans les centres où je suis allée, cette dichotomie n’existe pas. Les gynécologues pratiquent les interventions pour malformation foetale mais aussi les IVG. Je crois que c’est une question de clause de conscience en France.
R.M.

Justement, ma question est :« qu’est ce qui est clos dans cette conscience là ? » histoire de le dire autrement. Concrètement un diagnostic de malformation est posé par un gynéco. Cette malformation n’est pas retenue dans les causes d’une IMG. La femme (encore dans les délais) demande alors une IVG à ce même médecin. Il me semble qu’il est possible qu’il accepte l’IVG après avoir refusé l’IMG. Ce qui m’intéresse, ce sont les mécanismes internes qui rendent possibles ou impossibles ce glissement de l’une à l’autre forme d’IG.
Chantal B.

En France, dans beaucoup d’endroits, la femme ne s’adresse pas au même médecin quand elle est dans le contexte de l’IMG contexte noble et dramatique » parce que celui de la grossesse DESIREE et de la MATERNITE avec un grand M sur son piédestal) et quand elle est dans le contexte de l’IVG. Plus vulgairement, on ne mélange pas « mes torchons et les serviettes ».
Dans le premier cas, c’est « LE MEDECIN QUI DECIDE POUR ELLE » (le pouvoir médical) alors que dans le second (l’IVG), c’est elle qui est « demanderesse », c’est « SA DECISION » à laquelle le médecin doit se plier. Combien de médecins acceptent sans jugement que la femme ou le couple décide d’interrompre une grossesse ????
J’ai beaucoup d’’exemples de ce genre de situations...
Plus je pratique des IVG, plus je crois que le médecin doit être « HUMBLE » devant la demande des femmes et des couples et, dans ce domaine, nous avons encore beaucoup de chemin à faire.
R.M.

Bien d’accord. Humilité et aussi travail de supervision quant à sa fonction et ses pratiques, comme pour nombre de professions médicales et para-médicales. C’est un peu l’esprit de la circulaire Molénat dans le plan de périnatalité 2005-2007, dont on pourrait prendre quelques éléments dans le domaine de la santé génésique des femmes (aide au choix contraceptif, FCS, grossesses interrompues ou poursuivies, hystérectomie, etc. )
F.B.

lundi 24 mai 2010

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