Euthanasie : Aider à mourir : le faire seul, à plusieurs ?

Réaction d’une lectrice à la précédente communication de jacques Richaud (Thanatos et le DSM)

Très important le point de vue de Jacques mais juste dans le dernier point sur le « aider à mourir » parfois, n’est-ce pas mieux de prendre la décision à plusieurs soignants, si c’est possible, pour que la responsabilité soit moins violente et mieux réfléchie ?

Françoise Ducos

Jacques Richaud : Le « à plusieurs »

Le « à plusieurs’ » est une option souhaitable, particulièrement en travail d’équipe comme dans mon milieu hospitalier. Pour les praticiens « isolés » le partage de la lourdeur de la décision est sans doute recherché et souhaitable aussi. Mais comment en pratiques réelles ? Avec des avis de personnes ignorantes du « cas » singulier ? Si c’est possible et en confiance pourquoi pas ...Mais resteront toujours des situations ou ce modèle est un écran peu satisfaisant...En parler après ? en parler avant ? Prendre sur soi, comme des milliers l’ont déjà fait, que l’on voudrait culpabiliser rétrospectivement ?

Le risque est de reproduire une caricature de concertation (comme le sont souvent nos UCP d’oncologie dont le sujet concerné n’est qu’un ectoplasme virtuel réduit à des indices, des scores, des images et un coût non dissimulé...)...

Combien de siècle mettront nous à concilier la recherche des meilleures pratiques et la préservation des libertés, sans consentir au corsetage de la norme rassurante, réductrice et parfois tragiquement inadaptée ?

Ceux qui veulent nous utiliser pour le contrôle social ont des schémas simples que nous savons être faux : Décision individuelle=faute probable ; libre arbitre=indocilité inquiétante ; médecine globale jusqu’au terme de la vie=utopie cherchant à esquiver le processus d’évaluation et de contrôle...

On nous démontrera demain qu’un praticien compétent et humaniste n’est qu’un sociopathe qui s’ignore, fuyant les rangs des mercenaires clonés de la « nouvelle médecine » , celle des « producteurs de soins » (mon statut récent !) soucieux de remplir des « objectifs » en respectant les quotas, les coûts, les injonctions d’une éthique demain écrite par des assureurs et des banquiers, confortés par quelques esprits forts issus de nos rangs et contaminés par une idéologie déjà terrorisée par les effets « bénéfiques » d’une médecine qui produira de plus en plus de vieux à charge d’une collectivité qui s’emploie depuis deux décennies à gommer toutes les solidarités...

La médecine est au coeur des injonctions paradoxales d’une société qui
s’interroge sur le « coût » sans s’interroger sur le « sens »...Tentons de rester du bon côté de la question. Ce sera très difficile et nous ne serons pas les plus nombreux !.

lundi 29 décembre 2008

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