Pour la défense du médico-social, de la psychiatrie et de l’accès aux soins pour tous

HOSPITALIERS, REVEILLONS-NOUS ! ... Du mépris, toujours plus de mépris. … Urgences, stop aux fermetures.

Communiqués de l’USP des 5, 19 et 22 novembre 2021

Communiqué de l’USP du 5 novembre 2021
HOSPITALIERS, REVEILLONS-NOUS ! ...

Depuis des années, nous voyons notre charge de travail augmenter autant que la qualité de ce travail ne cesse de se dégrader. Beaucoup sont lassés, perdent goût à l’exercice de cet art qu’est la médecine, et plus encore la psychiatrie, n’ont plus la disponibilité psychique pour penser la complexité des situations de leurs patients. Beaucoup enchaînent les consultations, les réunions. Beaucoup courent d’une structure à une autre, d’un CMP à un autre, balayant des territoires immenses. Beaucoup font face à des équipes fatiguées, blasées, démotivées. Le repli sur soi a déjà gagné de nombreux professionnels, qui ne pensent qu’à se sauver eux-mêmes face au burn-out. Qui pourrait les blâmer ? Certains, de plus en plus nombreux, finissent par quitter l’hôpital public au profit de l’exercice privé, en clinique ou en cabinet. Quelques-uns poussent le cynisme jusqu’à prendre une disponibilité pour faire de l’intérim, surpayé et sans responsabilité institutionnelle.
Il est grand temps de cesser d’avaler des couleuvres. La loi HPST a fait des médecins des managers sous l’autorité du patron, le directeur. A l’issue du Ségur, la circulaire Claris sur la nouvelle gouvernance vient enfoncer le clou.
Les financements se valident par projets, sommés d’être innovants et toujours plus efficients, mettant en concurrence les pôles entre eux, les équipes entre elles, les médecins entre eux. La prochaine introduction d’une tarification à l’acte va venir renforcer cette logique entrepreneuriale productiviste.
Certains ne veulent pas voir la réalité en face. Certains minimisent encore les difficultés qui démantèlent la psychiatrie publique. Certains se désolidarisent de leurs collègues, des fois qu’ils se verraient prendre leur place de courtisan par d’autres.
Il est grand temps de relever la tête, d’en finir avec les postures non suivies d’actes.
Personne n’est obligé d’accepter l’inacceptable. 
La grève et la manifestation du 18 novembre seront une nouvelle étape pour dire ce que nous voulons, pour qu’une psychiatrie à visage humain continue d’exister !
 
Delphine Glachant, présidente de l’USP et le Conseil national
Union Syndicale de la Psychiatrie
52 rue Gallieni, 92240 Malakoff
Tél/Fax : 01 46 57 85 85
uspsy@free.fr
www.uspsy.fr

Communiqué de l’USP du 19 novembre 2021
... Du mépris, toujours plus de mépris …

Dans le contexte du délitement des institutions du sanitaire et du médico-social, les Assises de la psychiatrie, véritable mascarade, n’ont pas répondu aux attentes des professionnels de terrain. Aussi l’USP a-t-elle soutenu le rassemblement des professionnels de terrain organisé le 18 novembre devant le ministère de la Santé.
Monsieur Véran, ministre de la Santé et de la Solidarité, n’a pas daigné les recevoir. Malgré les enjeux de santé publique, la gravité de la situation, seuls des fonctionnaires du ministère, missionnés à la dernière minute, sans mandat, ont reçu la délégation. Manifestement, ils étaient dans l’ignorance totale de la situation déplorable décrite par nos collègues du champ de la psychiatrie et du médico-social. Nos paroles et nos écrits ne suscitent donc pas l’intérêt de notre ministre. Il confirme ainsi son dédain vis-à-vis de la prise en soin des personnes en souffrance psychique, malades ou soignants.
Ce n’est décidemment pas sa priorité. Le démantèlement des secteurs de psychiatrie publique se poursuit dans un silence assourdissant du ministère de la Santé, manifestement insensible aux arguments de la souffrance humaine.
Pourtant, le rassemblement regroupait des délégations de soignants de tous statuts : orthophonistes, psychomotricien(ne)s, ergothérapeutes, psychologues, infirmiers, psychiatres, de tout exercice, mais surtout d’institutions, publiques, associatives, de psychiatrie, du médico-social et de nombreuses régions de l’Ouest, du Nord, de l’Est et de l’Ile-de-France.

Face à ce déni de réalité, la délégation des professionnels de terrain a exprimé son indignation. Elle a fait savoir sa détermination et revendiqué l’absolu nécessité de :
• La mise en place de moyens humains et matériels massifs dans la psychiatrie publique pour permettre un accueil et une prise en soins dans des conditions respectant la dignité des patients et de leurs familles.
• La suppression de plateformes de coordination et d’orientation pour les enfants des troubles du neuro-développement, véritable centre de tri des petits patients, retardant in fine l’accès aux soins et aggravant l’embolisation des CMPP.
• La suppression des arrêtés concernant les pratiques des psychologues, un débat autour de la mise en place d’un ordre des psychologues afin de permettre une concertation avec les professionnels du secteur.

Face à ce mépris du devoir de solidarité nationale, psychiatres, réveillons-nous ! Unissons-nous ! Faisons front face à l’abandon de l’Etat dans ses missions de soins et de solidarité.
• Nous ne pouvons cautionner le délaissement de la politique de secteur, garant de proximité et d’intégration de patients au plus près de leur environnement.
• Dénonçons toutes situations de non-assistance des patients, familles et professionnels de psychiatrie et du médico-social du fait de l’absence de places.
• Ne soyons pas complices de l’abandon des malades en souffrance psychique par le ministère de la santé et de la solidarité !

Non au mépris du ministre de la Santé pour notre engagement auprès des malades, leurs familles et des soignants.

Delphine Glachant, présidente et le Conseil national de l’USP

Communiqué de l’USP du 22 novembre 2021
… Urgences : stop aux fermetures.

Depuis plus de 20 ans, les urgentistes dénoncent le manque de lits et sa conséquence de mise en danger de la population.
L’embouteillage sur les brancards dans les services d’urgence, notamment des patients psychiatriques parfois en contention, est devenu un scandale relevé par tous.
L’orientation vers le tout ambulatoire inapproprié pour de nombreux patients a entrainé la suppression de 100 000 lits en 25 ans, dont encore près de 6 000 lits en 2020 en pleine crise Covid.
La diminution des services d’urgence (700 environ encore en France) constitue un seuil en dessous duquel il ne faut pas descendre. En effet, en plus du danger pour la population, cela concentre les patients dans un nombre limité d’hôpitaux où les conditions de travail se dégradent et les médecins démissionnent. Ceci entraine des fermetures en cascade et aggrave encore la pénurie générale.
La fuite des médecins des services réduit les effectifs tellement qu’arrive un moment où le départ d’une seule personne ne permet plus d’assurer un fonctionnement continu sur 24 heures.
Cette situation inacceptable a des conséquences sur tous les services hospitaliers et se retrouve partout.

C’est pourquoi nous nous joignons à la dénonciation des conditions de travail et de la destruction du service public hospitalier faite par la Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, le CIU , le CIH, le Printemps de la Psychiatrie, l’AMUF, Sud Santé Sociaux, la CGT santé et action sociale, FO Santé et d’autres organisations à venir et appelons à la journée d’action du 4 décembre 2021 avec un rassemblement devant le ministère de la Santé.

Dominique Terres, membre du Conseil national,
Et le Conseil national de l’USP

vendredi 5 novembre 2021, par USP