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Pratiques N°75 Les huis clos de la violence

Parution : octobre 2016.

À côté de la violence qui s’étale au grand jour, il en existe une autre plus insidieuse qui sévit dans les huis clos familiaux, institutionnels et professionnels. Cette violence altère la santé mentale et physique des individus sur lesquels elle s’exerce. Les chiffres l’attestent, le phénomène touche de près ou de loin un nombre considérable de personnes. Victimes et auteurs semblent intimement liés dans la persistance d’une sorte de spirale de la violence qui se perpétue à travers les âges et les structures. Les soignants, du fait des répercussions des violences sur la santé, mais aussi parce qu’ils sont tenus au secret sur ce qui leur est confié, sont les premiers interpellés par les victimes, avant les associations et les institutions. Cependant, comme n’importe quel citoyen, ils sont également tentés par la banalisation et le déni de cette violence. L’omerta qui pèse sur ces situations délicates rend difficile toute intervention dans le champ de la santé et du soin. Cette difficulté est aggravée par les tribunaux d’exception que sont les ordres professionnels et leurs codes de déontologie qui condamnent certains des soignants qui ont le courage et la conscience professionnelle de signaler les suspicions de maltraitances à la justice, bien que n’ayant pas d’obligation légale à le faire. Pourtant, l’obligation de signaler protégerait beaucoup mieux la santé et la vie des enfants plutôt que de choisir entre s’abstenir ou signaler. Accueillir, écouter, accompagner les victimes sans les juger, nommer la violence, essayer de comprendre les mécanismes à l’œuvre, ainsi que vaincre ses propres barrières, constituent les premiers outils à mettre en œuvre pour sortir du cercle infernal et briser le silence. La prise en charge des auteurs de violence passe par l’analyse psychologique, sociologique, voire anthropologique des raisons qui les amènent à commettre ces violences. C’est un aspect essentiel de la question si l’on veut les aider à tenter d’enrayer les rouages de l’engrenage infernal. Ces violences doivent aussi être replacées dans une réflexion plus globale sur le fonctionnement de la société.

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Pratiques N°75 Les huis clos de la violence

octobre 2016

Articles indexés dans ce numéro (39)

  • Sommaire Pratiques n° 75

    Cet article est en accès libre
    Pratiques N°75 Les huis clos de la violence, octobre 2016, par pratiques

    Repérer les violences qui s’exercent à l’abri des regards, les comprendre pour mieux les combattre. Idées – Être révolutionnaire ? – Entretien avec Pinar Selek : Page 6 Dossier – La violence marque en couleurs par Yacine Lamarche-Vadel : Page 12 – Brutes de chiffres par Sylvie Cognard : Page 15 – Le regard d’ALMA 44 par Christelle Thébault : Page 16 – La place du médecin par Céline Buchaillet : Pages 18 – Violence et famille par Alain Chabert : Page 22 – Ma famille… mon enfer par Hildegarde (...)

  • Abécédaire violent

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    Pratiques N°75 Les huis clos de la violence, octobre 2016

    Les zèbres toulousains ont émaillé le numéro d’un abécédaire violent, tout n’a pu figurer dans le numéro, le voici complet... ABÉCÉDAIRE VIOLENT A comme Arme : Les armes permettent de créer ou conserver du lien social avec les dictateurs souffrant d’isolement ou de rejet. Font fructifier les marchés, mais pas ceux des fruits et légumes. Maintiennent un niveau exigeant de créativité pour renouveler les façons d’occire. B comme bermuda : Amputation du pantalon C comme Créon : Vieux tonton aigri d’Antigone (...)

  • Etre révolutionnaire ?

    Cet article est en accès libre
    Pratiques N°75 Les huis clos de la violence, page 8, octobre 2016, par Selek

    Être révolutionnaire, dire non, ce n’est pas seulement revendiquer, c’est d’abord être heureux, apprendre à écouter, à regarder, se nourrir de l’humanité qui nous est offerte.

  • La violence marque en couleurs

    Pratiques N°75 Les huis clos de la violence, page 14, 20 octobre 2016, par Yacine Lamarche-Vadel

    La mortalité des violences familiales est énorme. En France, deux enfants par jour, une femme tous les deux jours, un homme tous les treize jours. Comment expliquer que seulement 6 % des signalements de maltraitance contre les enfants le soient par des professionnels de santé ?

  • Brutes de chiffres

    Pratiques N°75 Les huis clos de la violence, page 17, 20 octobre 2016, par Sylvie Cognard

    Quelques chiffres pour ouvrir les yeux sur les violences intrafamiliales.

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