Appel à écriture

Chers auteurs,

Vous trouverez ci-dessous l’appel à écriture pour le Pratiques n° 98. Si le sujet vous intéresse, pouvez-vous nous signaler au plus tôt vos intentions et préciser le sujet éventuel de votre proposition d’écriture afin que nous puissions anticiper et prévoir le nombre de pages que nous pouvons accorder à chacun en fonction de la construction du dossier ?
Comme vous le savez, nous souhaitons laisser ouvert autant que possible et il est toujours possible d’ajuster, mais nous sommes très souvent débordés et contraints de demander des efforts aux uns et aux autres au dernier moment. Pour tenter d’améliorer ce point crucial de notre fonctionnement, merci de nous aider.
Par respect pour nos correcteurs et nos lecteurs, l’utilisation du point médian n’est pas acceptée. Avec la Note aux auteurs , vous trouverez les spécificités de notre revue.

De même, si vous connaissez des personnes qui souhaitent contribuer à ce numéro, n’hésitez pas à nous le faire savoir.

Enfin nous sommes preneurs, pour la partie Magazine, d’articles autour de la santé hors du thème du dossier.

Merci d’envoyer vos propositions aux adresses de Marie-Odile Herter, secrétaire de rédaction : marie-odile.herter@orange.fr et Anne Perraut Soliveres, directrice de la rédaction : soliveres.anne@orange.fr

Au plaisir de vous lire,

La rédaction


Pratiques n° 98 : « Mots dits soient et mal y panse »

Date limite de retour des articles : le 15 mai 2022.

Publication : juillet 2022

Que se cache-t-il derrière le dévoiement de notre vocabulaire commun, quelles intentions, non-dites, sont-elles tapies sous le déluge de mots-valises, d’anglicismes, de détournements de sens et autres oripeaux néolibéraux ?
Si la langue est faite pour évoluer, son détournement à des fins de manipulation de la pensée ne saurait être un progrès. Voire…
Les mots familiers de la santé ont été confisqués, dévoyés, démolis par les nouveaux managers et autres grands manitous de la pseudo modernité. Ils ne cessent de nous écorcher la langue tant ils ont été détournés du sens que nous leur accordions et de la charge émotionnelle et conceptuelle qu’ils portent encore pour de nombreux soignants, ainsi que pour ceux qu’ils soignent.
De tous temps, d’aucuns se sont arrogés le pouvoir de se saisir des mots des autres pour leur faire dire autre chose, voire le contraire de l’usage communément admis pour recouvrir une tout autre réalité. D’autre mots s’ajoutent, techniques, afin de nous éloigner de l’émotion voire même nous entraîner vers des contrées numériques dont nous ne voulons pas et surtout qui ne nous parlent pas.
On désincarne les mots comme on dévitalise les corps et les esprits. Il est plus facile de devenir sourd à la plainte quand l’humain n’est plus qu’une somme d’organes, une mécanique à réparer.
Les vocabulaires ronflants de la santé marchandisée, rognée de son humanité, repliée sur le biomécanique et les normes chiffrées, font le lit de technologies dites de pointe dont le moins que l’on puisse dire est qu’elles passent complètement à côté de ce qu’est le ressenti de la maladie pour la personne. Les mots servent alors la politique de ceux qui les manipulent.
Disqualifier les savoirs des professionnels, contraindre les pratiques par des dispositifs insensés et chronophages les empêchent de penser le soin. Ajouté à cela, l’usage galopant des acronymes qu’on peine à déplier compromet une relation thérapeutique dont l’écoute est le support.
Les mots enferment quand ils deviennent étiquettes indélébiles, de plus en plus précoces, chez l’enfant désigné DYS (-lexique,-praxique,-orthographique) ou TDAH.
Quand la société que nous partageons maltraite comme jamais les personnes dans leur travail, dans leur vie privée, dans leur vie sociale, comment retrouver le sens que nous souhaitons consacrer à l’attention à l’autre ?

Nous devons reprendre le contrôle sur le sens de notre vocabulaire, patiemment construit au fil de l’expérience du soin. Nous devons reprendre le pouvoir sur le contenu de nos métiers, c’est la seule voie pour les mener à bien dans l’intérêt mutuel soignant/soigné.
Faire la sourde oreille à la langue de l’oppresseur et surtout refuser de la parler ? C’est mille et une petites stratégies subversives qui nous feraient le plus grand bien à la langue…


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