Appel à écriture

Chers auteurs,

Vous trouverez ci-dessous l’appel à écriture pour le Pratiques n° 101. Si le sujet vous intéresse, pouvez-vous nous signaler au plus tôt vos intentions et préciser le sujet éventuel de votre proposition d’écriture afin que nous puissions anticiper et prévoir le nombre de pages que nous pouvons accorder à chacun en fonction de la construction du dossier ?
Comme vous le savez, nous souhaitons laisser ouvert autant que possible et il est toujours possible d’ajuster, mais nous sommes très souvent débordés et contraints de demander des efforts aux uns et aux autres au dernier moment. Pour tenter d’améliorer ce point crucial de notre fonctionnement, merci de nous aider.
Par respect pour nos correcteurs et nos lecteurs, l’utilisation du point médian n’est pas acceptée. Vous trouverez également en pièce jointe la fiche avec les spécificités de notre revue.
De même, si vous connaissez des personnes qui souhaitent contribuer à ce numéro, n’hésitez pas à nous le faire savoir.
Enfin nous sommes preneurs, pour la partie Magazine, d’articles autour de la santé hors du thème du dossier.
Merci d’envoyer vos propositions aux adresses de Marie-Odile Herter, secrétaire de rédaction et Anne Perraut Soliveres, directrice de la rédaction.

Au plaisir de vous lire,

La rédaction


Pratiques n° 100 : « Infirmières : une variable d’ajustement ? »

Date limite de retour des articles : le 15 février 2023.

Publication : avril 2023

Les infirmières sont depuis toujours ballotées entre desiderata des médecins, volonté d’économies, pénuries organisées, décrets d’actes qui changent en fonction des nécessités… Pourtant, elles sont le pivot essentiel de l’organisation des soins. Peu de professions développent une telle diversité d’exercice, à partir d’un diplôme unique. Quid des valeurs qui les portent et qui semblent tomber en désuétude ?
C’est probablement là que le bât blesse. Depuis des décennies, la revue Pratiques dénonce les conditions dans lesquelles on leur demande de travailler, or, nous ne pouvons que constater l’aggravation de leur situation. L’hôpital entreprise, avec son lean management, a achevé de corrompre l’ensemble des métiers qui mettaient un peu d’humanité dans une médecine de plus en plus technique, centrée sur les organes et leurs dysfonctionnements, ajoutant aux difficultés des patients.
Il ne s’agit pas pour nous d’occulter les progrès indéniables de cette médecine, mais de poser la question du vécu par les patients de cette déshumanisation extrêmement rapide. La subjectivité compte pour beaucoup dans l’expérience de la maladie et c’est précisément dans cet espace que se situe le rôle propre des infirmières, dans cet espace négligé par la médecine et que les managers sont en train de faire disparaître. En effet, les infirmières n’ont plus le temps d’établir la relation privilégiée avec les personnes malades qui permet de les soigner et ne trouvent plus leur compte dans l’exercice de leur métier. Elles démissionnent en masse jusqu’à obliger à la fermeture de 20 % au moins des lits hospitaliers. Les « techniciens du soin » qu’on tente de faire advenir ne sont pas des soignants, ce sont au mieux des exécutants, au pire des maltraitants. Tout est fait pour décourager les professionnels qui tiennent encore sur des valeurs humaines, sur l’envie d’aider ceux qui en ont besoin, sur le souci d’un autre souffrant que chacun de nous est ou sera à un moment ou un autre de sa vie.
Ce n’est pas la pseudo intelligence artificielle qui va prendre soin de la population, pas plus que la dématérialisation des soins ou les consultations à distance, qui ne sont que des pis-aller en attendant que quelqu’un veuille bien prendre la peine de soigner. Cette évolution délétère fait le beurre de tous ceux qui ne veulent pas affronter la souffrance de trop près et qui ne s’intéressent qu’aux seuls « progrès » techniques et scientifiques, quitte à ce que ces progrès fassent l’impasse sur la relation et la singularité, qui sont les bases incontournables du soin.
Comment sauver ce qu’il reste d’humanité dans la profession infirmière avant qu’elle ne disparaisse complètement ? Manifestement l’universitarisation de la formation n’a pas eu le moindre effet pour la reconnaissance de ce métier entre rigueur nécessaire et écoute du sujet souffrant.
Comment renverser une politique de santé qui est en train de faire disparaître le service public et les valeurs qui le portent, comment résister au sabotage de ce que les soignants ont tant de mal à construire ? Comment retrouver le goût d’un soin qui ne se résume pas à son coût ?


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