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Petit risque, foutaise !

vendredi 9 décembre 2016, par Ménard

Quand on est candidat à l’élection présidentielle on se doit de proposer un programme électoral censé résoudre les problèmes des Françaises et des Français. Une constante existe, certains prétendants ressortent les vieilles solutions qui ne résolvent rien, et les recyclent sous un vernis de modernisme nous prenant par là même pour des cons.

C’est ainsi que Monsieur Fillon propose de transférer aux régimes complémentaires le remboursement du petit risque maladie. C’est un fantasme récurrent chez les candidats de la Droite. En 2003, le rapport de Monsieur Chadelat, directeur chez l’assureur AXA, préconisait déjà le transfert du remboursement du petit risque maladie vers les régimes complémentaires. Selon leur bonne vieille recette qui dit : « Quand tu as des dettes, débrouille-toi pour les refiler aux autres ».

Outre que cela ne résout pas la question du pourquoi de la dette, ici c’est simple, c’est l’exonération des cotisations sociales et l’inorganisation du système des soins primaires qui creusent les déficits. C’est surtout le constat que ces politiciens n’y connaissent rien. En médecine générale, il n’y a pas de petit risque. Il y a un malade avec ses problèmes médicaux. Une consultation médicale gère 2,7 pathologies ; le suivi de la personne se fait sur des années, la prévention, l’éducation, le conseil, le soutien psychologique, le relationnel qui soigne le mal-être, c’est tout cela une consultation et non pas le diagnostic extrapolé à la lecture de l’ordonnance de médicaments.

Cette vision simpliste et stupide de l’exercice de la médecine générale réduite à de la bobologie est humiliante pour les soignants, inefficace sur le plan économique, et terminera comme à chaque fois dans les poubelles de l’histoire, non sans avoir au passage fait saliver les régimes complémentaires des assurances, qui tels les vautours perchés sur leurs arbres du profit sont toujours prêts à dévorer le marché de la santé renforçant les inégalités sociales déjà si présentes.

Monsieur Fillon, il faut revoir votre copie : le petit risque, c’est de la foutaise.


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