Faire face

Edito tiré de Pratiques n° 49 d’avril 2010 « La place du patient ».

Face à une idéologie oppressive qui promeut le culte de l’argent et la peur de l’autre,
Face à la souffrance sociale que cette idéologie génère,
Face à la multiplication de prétendues réformes aux conséquences désastreuses,
Face au saccage de nos missions et de nos pratiques professionnelles,
Face à la promotion du prêt-à-penser et de procédures managériales et sécuritaires,
Face à la désignation à la vindicte collective de citoyens toujours plus nombreux,
Face à l’abandon progressif des plus fragiles parmi nous… »
Que pensent les généralistes réduits à l’oxymoron de « spécialistes en médecine générale », sans reconnaissance du métier , au prétexte d’une pseudo-reconnaissance universitaire ?
Qu’écriraient les infirmières, majoritairement contre l’Ordre qui leur est imposé mais en ordre dispersé, public-privé, salariées-libérales ?
Que disent les orthophonistes, en négociation actuellement, et c’est important pour l’avenir de leurs pratiques : est-ce du métier dont on parle, ou de protocoles qui vont peut-être à son encontre ?
Que voudraient les sages-femmes qui hésitent entre reconnaissance universitaire et « accouchement physio », le cœur de leur métier. Médicalisation « contre » maisons de naissance, quand on pourrait faire « avec » ?
Bien sûr aussi kiné, et autres métiers du soin... Je ne suis pas Perec pour me risquer à tenter d’en épuiser la liste.

Et vous, malades, patients, usagers ou citoyens, lecteurs de Pratiques : que pensez-vous des soins, de leur remboursement, des services publics qui foutent le camp ?

Comment « faire face », sinon en individu libre car informé, nourri peut-être aux Cahiers de la médecine utopique ? L’utopie est-elle de notre bord quand ce sont d’autres, tenants d’un libéralisme, qu’on dit ultra, qui nous fabriquent une société virtuelle autant que maltraitante ? Comment « faire face » autrement que, d’abord chacun, dans notre vie et notre pratique quotidienne ? Nous, sommes dans la vie réelle !

Philippe Lorrain

lundi 31 mai 2010, par Philippe Lorrain

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