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	<title>La Revue Pratiques</title>
	<link>https://pratiques.fr/</link>
	<description>Issue de la r&#233;flexion des soignants de diff&#233;rents horizons (g&#233;n&#233;ralistes, infirmi&#232;res, m&#233;decins de PMI, psychiatres) Pratiques est une revue de t&#233;moignage, de r&#233;flexion et d'&#233;laboration d'alternatives. Pratiques se veut &#234;tre un lieu de d&#233;bat sur les enjeux de la m&#233;decine dans la soci&#233;t&#233;</description>
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		<title>La Revue Pratiques</title>
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		<title>Lu : La ville d'en bas*</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>


		<dc:subject>Logement, Banlieue, Politique urbaine</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Architecte, architecture, urbanisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; par Martine Devries &lt;br class='autobr' /&gt;
La ville dont il s'agit, pr&#233;cis&#233;ment, celle qui a fait l'objet d'observation et d'entretiens , puis d'interpr&#233;tation, c'est Roubaix, mais c'est un travail qui permet d'&#233;clairer la trajectoire d'autres villes semblables : ville industrielle de d&#233;veloppement rapide au XIXe si&#232;cle, et de perte brutale d'activit&#233; dans les ann&#233;es 1970. C'est un travail qui &#233;claire aussi les promenades qu'on peut faire dans la ville actuelle, surprenante par la juxtaposition (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Lu-ou-vu-pour-vous-lu-ou-vu-par-nous-" rel="directory"&gt;Lu ou vu pour vous, lu ou vu par nous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pratiques.fr/+-Logement-Banlieue-Politique-+" rel="tag"&gt;Logement, Banlieue, Politique urbaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pratiques.fr/+-Societe-+" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pratiques.fr/+-Architecte-architecture-urbanisme-+" rel="tag"&gt;Architecte, architecture, urbanisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;sent&#233; par &lt;a href='https://pratiques.fr/_Devries_' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Martine Devries&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville dont il s'agit, pr&#233;cis&#233;ment, celle qui a fait l'objet d'observation et d'entretiens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Travail men&#233; de 2011 &#224; 2015, financ&#233; notamment par l'Universit&#233; de Lille 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puis d'interpr&#233;tation, c'est Roubaix, mais c'est un travail qui permet d'&#233;clairer la trajectoire d'autres villes semblables : ville industrielle de d&#233;veloppement rapide au XIXe si&#232;cle, et de perte brutale d'activit&#233; dans les ann&#233;es 1970. C'est un travail qui &#233;claire aussi les promenades qu'on peut faire dans la ville actuelle, surprenante par la juxtaposition permanente d'habitats tellement diff&#233;rents, de rues dont l'atmosph&#232;re fait basculer juste au coin... une &#171; lecture horizontale de la ville &#187;. Il n'y a pas de th&#233;orie plaqu&#233;e, c'est au contraire l'utilisation de grilles multiples d'observation, et le d&#233;passement de celles-ci qui me semblent fertiles. C'est l'angle de vue choisi, le regard &#171; ni d&#233;f&#233;rent, ni condescendant &#187; sur les gens qui habitent et rendent cette ville populaire : la ville &#171; vue d'en bas &#187;. &#171; C'est &#224; la fois un r&#233;sultat d'enqu&#234;te et une proposition th&#233;orique et politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif Rosa Bonheur est compos&#233; de sociologues, et d'un g&#233;ographe urbaniste, et leur travail est ax&#233; sur l'espace, la ville elle-m&#234;me, comment elle se transforme, se fa&#231;onne au fil du temps, comment elle est modifi&#233;e par les mani&#232;res d'habiter, et essentiellement, par les mani&#232;res de travailler, par la nature du travail qui y est exerc&#233;. Ces habitants, sans travail salari&#233;, travaillent en fait du matin au soir pour survivre, &#171; pour faire avec le contexte devenu hostile &#187;, c'est ce que les auteurs appellent le &#171; travail de subsistance &#187;. Celui-ci est d&#233;crit et d&#233;taill&#233;, plus sp&#233;cifiquement trois de ses types : le travail de m&#233;canique auto et le commerce y aff&#233;rent, l'activit&#233; &#171; propri&#233;taire-bailleur &#187; et les activit&#233;s qui en d&#233;coulent : retaper des logements d&#233;grad&#233;s, r&#233;cup&#233;rer, vendre, et le travail de reproduction : se nourrir, &#233;lever les enfants, cr&#233;er et entretenir les liens familiaux et sociaux. Ce travail de subsistance mod&#232;le, fa&#231;onne l'espace, il n'a pas lieu en usine, mais dans la rue souvent, au domicile aussi, ou dans des lieux d&#233;tourn&#233;s et appropri&#233;s. Et toute la ville est ainsi orient&#233;e, rythm&#233;e, d&#233;form&#233;e, utilis&#233;e par le travail de subsistance. Ce travail est familial, tribal parfois, genr&#233;, racis&#233;, les femmes y participent &#233;norm&#233;ment, cela contribue &#224; leur autonomie, mais pas &#224; leur &#233;mancipation. C'est loin d'&#234;tre un espace enchant&#233;, les rapports de force sont visibles, entre hommes et femmes, entre groupes d'origine diff&#233;rente, et les rapports de classe y sont pr&#233;sents aussi. Mais ce travail, ce quotidien, &#171; entre don et march&#233; &#187;, ces gens, r&#233;sistent &#224; la marchandisation, quitte &#224; accepter d'autres formes d'exploitation : &#171; l'instabilit&#233; comme quotidien, l'incertitude comme horizon &#187;. Il est &#224; la marge, pas toujours dans les r&#232;glements, il est la source d'entraide, et d'appartenance, il est soumis &#224; une morale, qui n'est pas forc&#233;ment celle de la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale, capitaliste. Surtout ce travail est la source, le point d'attache de la repr&#233;sentation de soi qui anime tout un chacun. C'est aussi ce qui sous-tend les relations sociales, de domination et de pouvoir certes, mais aussi d'affiliation et de socialisation. La ville, cette ville, est donc un espace populaire, &#224; la fois un aimant et un repoussoir, un lieu fixe mais aussi le point de d&#233;part de mobilit&#233;s g&#233;ographiques et sociales. Origine d'espoirs, de satisfactions, de d&#233;ceptions et de ressentiment, ce n'est pas un lieu de politisation classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi un enjeu pour les pouvoirs publics, qui cherchent &#224; diversifier la population, &#224; d&#233;densifier l'espace, pour le rendre attrayant pour la classe moyenne, pouvoirs publics qui peinent &#224; comprendre et accepter la r&#233;alit&#233; telle qu'elle est per&#231;ue &#171; vue d'en bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Regarder la ville et le quotidien populaire d'en bas, sans perdre de vue les rapports sociaux qui maintiennent les classes populaires dans une position subalterne, sans occulter les tensions qui les traversent, c'est voir que ceux et celles dont on dit qu'ils ne font rien ne sont, en fait, ni plus ni moins que des travailleuses et des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;i&gt;La ville d'en bas,&lt;/i&gt; Travail et production de l'espace populaire Collectif Rosa Bonheur, &#233;ditions Amsterdam, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Travail men&#233; de 2011 &#224; 2015, financ&#233; notamment par l'Universit&#233; de Lille 1, la Maison Europ&#233;enne des Sciences de l'Homme, et l'ANR. 167 entretiens, formels ou non, observation directe, les auteur.e.s ont &#233;galement particip&#233; r&#233;guli&#232;rement &#224; des r&#233;unions de collectifs de femmes dans les centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre Duterte, Terres inhumaines Un m&#233;decin face &#224; la torture, &#201;ditions JC Lattes</title>
		<link>https://pratiques.fr/Pierre-Duterte-Terres-inhumaines</link>
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		<dc:date>2015-05-18T16:02:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste qui est face &#224; la torture. Et c'est &#231;a qui m'a int&#233;ress&#233;, et d'abord permis de le lire, de passer &#224; travers, le plus rapidement possible je dois l'avouer. Pierre Duterte a une grande pratique d'accompagnement, plus que &#231;a, il travaille avec des personnes qui ont subi des violences extr&#234;mes depuis 15 ans, d'abord des mineurs, y compris des enfants-soldats, mais aussi des adultes, au sein d'un centre de soin qu'il a r&#233;ussi &#224; cr&#233;er en 2001, &#171; Parcours d'exil &#187; . La (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Lu-ou-vu-pour-vous-lu-ou-vu-par-nous-" rel="directory"&gt;Lu ou vu pour vous, lu ou vu par nous&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste qui est face &#224; la torture. Et c'est &#231;a qui m'a int&#233;ress&#233;, et d'abord permis de le lire, de passer &#224; travers, le plus rapidement possible je dois l'avouer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Duterte a une grande pratique d'accompagnement, plus que &#231;a, il travaille avec des personnes qui ont subi des violences extr&#234;mes depuis 15 ans, d'abord des mineurs, y compris des enfants-soldats, mais aussi des adultes, au sein d'un centre de soin qu'il a r&#233;ussi &#224; cr&#233;er en 2001, &#171; Parcours d'exil &#187; .&lt;br class='autobr' /&gt;
La modestie du praticien, qui n'est pas &#171; psy &#187;, qui travaille sans interpr&#232;te, et s'en explique, va de pair avec l'ambition extr&#234;me du projet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il part de sa constatation : &#224; travers les horreurs travers&#233;es, ces personnes ont gard&#233; leur humanit&#233;, et il veut les aider &#224; retrouver leur place dans le monde des humains. Quitter les sympt&#244;mes qui &#224; la fois les prot&#232;gent, et &#224; la fois leur rendent la vie impossible : parce que ces sympt&#244;mes font souffrir et parce qu'ils emp&#234;chent les relations humaines. Outre les douleurs, les insomnies, et les s&#233;quelles physiques, les ph&#233;nom&#232;nes de dissociation, de distorsion du temps et de la r&#233;alit&#233; sont une entrave &#224; la reprise de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai appris en lisant ce livre quelles formes multiples peut prendre le &#171; syndrome de stress post-traumatique &#187;, les erreurs administratives et m&#233;dicales qu'il peut amener. J'ai trouv&#233; une fa&#231;on d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute, de prendre position sans donner de le&#231;on, qui m'a impressionn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Devries&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Marie Didier, Ils ne l'ont jamais su, r&#233;cit NRF, Editions Gallimard</title>
		<link>https://pratiques.fr/Marie-Didier-Ils-ne-l-ont-jamais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pratiques.fr/Marie-Didier-Ils-ne-l-ont-jamais</guid>
		<dc:date>2015-03-23T10:00:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Deux ouvrages de Marie Didier avaient d&#233;j&#224; retenu l'attention de la revue Pratiques : Contre-visite et Dans la nuit de Bic&#234;tre . J'avais donc tr&#232;s envie de lire Ils ne l'ont jamais su, paru cette ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marie Didier est m&#233;decin, gyn&#233;cologue, &#171; contestataire &#187; d'embl&#233;e, militante parfois. Son int&#233;r&#234;t professionnel sort de l'ordinaire, d&#232;s le d&#233;but : elle travaille beaucoup aupr&#232;s des femmes maghr&#233;bines et tziganes, on dirait aujourd'hui immigr&#233;es et Roms : des habitantes de bidonvilles. Ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Lu-ou-vu-pour-vous-lu-ou-vu-par-nous-" rel="directory"&gt;Lu ou vu pour vous, lu ou vu par nous&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux ouvrages de Marie Didier avaient d&#233;j&#224; retenu l'attention de la revue Pratiques : &lt;i&gt;Contre-visite&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Dans la nuit de Bic&#234;tre &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la nuit de Bic&#234;tre r&#233;cit, 2006, Pratiques n&#176; 35.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'avais donc tr&#232;s envie de lire &lt;i&gt;Ils ne l'ont jamais su&lt;/i&gt;, paru cette ann&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;
Marie Didier est m&#233;decin, gyn&#233;cologue, &#171; contestataire &#187; d'embl&#233;e, militante parfois. Son int&#233;r&#234;t professionnel sort de l'ordinaire, d&#232;s le d&#233;but : elle travaille beaucoup aupr&#232;s des femmes maghr&#233;bines et tziganes, on dirait aujourd'hui immigr&#233;es et Roms : des habitantes de bidonvilles. Ce qu'on d&#233;couvrait dans &lt;i&gt;Contre-visite&lt;/i&gt;. &lt;br class='manualbr' /&gt;Cette fois-ci, elle choisit de raconter des fragments de sa propre vie, des moments o&#249; d'autres ont jou&#233; un r&#244;le majeur, rencontres, soutien, &#233;motions, influence, d&#233;cisions&#8230; Tout ce que les autres peuvent faire de chacun de nous. Amis, amoureux, patientes, lecteurs, et aussi les personnes qui l'ont &#171; soign&#233;e &#187;, elle (elle a &#233;t&#233; malade), les rencontres de hasard, les lectures : la diversit&#233; des liens cr&#233;&#233;s a fa&#231;onn&#233; sa vie, et &#171; ils ne l'ont jamais su &#187;. &#192; travers ces rencontres, se dessine le portrait d'une femme m&#233;decin, &#233;crivain, engag&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;
&#171; &lt;i&gt;Toujours cette turbulence qui agite la vie dans tous les sens et laisse l'&#226;me inassouvie&#8230; Je risquerais, par un exc&#232;s d'activit&#233;s, de perdre &#224; mon tour la vraie vie, celle qui rayonne du dedans&#8230; Mais je sais aussi que, sous cette imprudence peut se glisser le flambeau d'une inqui&#233;tude qui va me lancer &#224; nouveau en avant&#8230; &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, au d&#233;but, m'a sembl&#233; moins convaincant que les pr&#233;c&#233;dents, plus flou, plus anecdotique. Puis j'ai retrouv&#233; l'&#233;criture simple, bouleversante dont j'avais le souvenir, et qui fait que, pour moi, c'est une personne importante, m&#234;me si elle ne l'a jamais su !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dans la nuit de Bic&#234;tre&lt;/i&gt; r&#233;cit, 2006, Pratiques n&#176; 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Maylis de Kerangal : R&#233;parer les vivants. Editions Verticales, 2014</title>
		<link>https://pratiques.fr/Maylis-de-Kerangal-Reparer-les</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pratiques.fr/Maylis-de-Kerangal-Reparer-les</guid>
		<dc:date>2014-09-13T03:46:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce livre a eu tellement de bonnes critiques et de prix lors de sa sortie en Janvier 2014, que tout le monde sait bien qu'il est bon. Mais moi, je ne l'ai pas aim&#233;, il m'a agac&#233;e d'un bout &#224; l'autre. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un roman. Il raconte, heure par heure, ou plut&#244;t, minute par minute, et m&#234;me avec moult flash-back, ce qui rallonge la sauce, l'histoire d'une greffe de c&#339;ur. Celui qui meurt, ce qu'il faisait, comment il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;, comment il fait ou non son &#338;dipe, sa communion, et sa premi&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Lu-ou-vu-pour-vous-lu-ou-vu-par-nous-" rel="directory"&gt;Lu ou vu pour vous, lu ou vu par nous&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce livre a eu tellement de bonnes critiques et de prix lors de sa sortie en Janvier 2014, que tout le monde sait bien qu'il est bon. Mais moi, je ne l'ai pas aim&#233;, il m'a agac&#233;e d'un bout &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un roman. Il raconte, heure par heure, ou plut&#244;t, minute par minute, et m&#234;me avec moult flash-back, ce qui rallonge la sauce, l'histoire d'une greffe de c&#339;ur. Celui qui meurt, ce qu'il faisait, comment il a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;, comment il fait ou non son &#338;dipe, sa communion, et sa premi&#232;re d&#233;claration d'amour. Ses parents, leur d&#233;sespoir, et c'est poignant. La future greff&#233;e, sa simplicit&#233;, les questions m&#233;taphysiques qu'elle se pose, tout &#224; fait pertinentes d'ailleurs. Comme toutes les r&#233;flexions dans ce livre. Et puis la m&#234;me chose pour le chirurgien, l'infirmier coordonnateur, l'infirmi&#232;re du bloc, et celui-ci, et celui-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les personnages ont un poids, une pr&#233;sence, une &#233;paisseur, un inconscient, des r&#233;pliques, et des attitudes tr&#232;s personnelles, qui les font vraiment exister. On les connait, on a peur pour eux, ou bien on est triste avec eux. J'ai &#233;t&#233; prise, contre ma volont&#233;, par le ressort dramatique choisi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement, le choix est par trop &#233;vident, on peut pr&#233;voir &#224; chaque moment la sc&#232;ne suivante et ses protagonistes. Ce qu'on ne pr&#233;voit pas et qui m'a fatigu&#233;e, c'est l'avalanche, la cascade de m&#233;taphores, d'images, qui se succ&#232;dent en escalier &#224; chaque pens&#233;e, &#224; chaque mot de chacun des personnages : pour moi, c'est trop ! La coh&#233;rence du r&#233;cit, son d&#233;roulement limpide, la vraisemblance &#171; m&#233;dicale &#187; sont parfaits, c'est &#231;a qui est ennuyeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pourquoi choisir ce livre pour cette rubrique ? Pour les m&#234;mes raisons ! C'est extr&#234;mement p&#233;dagogique, voire m&#234;me didactique, et &#224; ce titre &#171; m&#233;ritant &#187; de faire partie d'une formation de soignant : certes, le d&#233;roulement de l'intervention de greffe du c&#339;ur n'est pas une situation courante pour un soignant lambda, et n'a donc pas &#224; &#234;tre enseign&#233;e. Mais les questionnements qui traversent la famille du &#171; donneur &#187;, la proc&#233;dure utilis&#233;e par les professionnels, leur attitude parfaite, jusque dans le doute et l'incertitude, leur tol&#233;rance, sont des mod&#232;les. La s&#233;quence de l'annonce, en particulier, est remarquable. Une des le&#231;ons de ce livre est aussi que le plus grand professionnalisme ne permet pas d'&#233;viter, ni m&#234;me d'att&#233;nuer la violence de la mort, ni la d&#233;tresse des personnes touch&#233;es. Ce qui incite &#224; la plus grande modestie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et finalement, une fiction, c'est quand m&#234;me plus attrayant qu'un manuel, ou qu'un cours magistral !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Aharon Appelfeld, L'h&#233;ritage nu, Editions de l'Olivier, octobre 2006</title>
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		<dc:date>2014-04-13T17:03:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il s'agit du texte de trois conf&#233;rences, remani&#233;es depuis 1980, sur le th&#232;me &#171; Apr&#232;s la Shoah &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aharon Appelfeld &#233;tait un enfant choy&#233; dans une famille juive assimil&#233;e en Autriche, ses parents furent tu&#233;s au d&#233;but de la guerre et il v&#233;cut quatre ans en fuite dans la for&#234;t, entre 8 et 12 ans ; apr&#232;s la guerre, il trouva refuge dans des camps de d&#233;plac&#233;s, avant d'arriver en Palestine. Il &#233;crit magnifiquement, d'une mani&#232;re po&#233;tique et intemporelle, des r&#233;cits qui tous tournent autour de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Lu-ou-vu-pour-vous-lu-ou-vu-par-nous-" rel="directory"&gt;Lu ou vu pour vous, lu ou vu par nous&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit du texte de trois conf&#233;rences, remani&#233;es depuis 1980, sur le th&#232;me &#171; Apr&#232;s la Shoah &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aharon Appelfeld &#233;tait un enfant choy&#233; dans une famille juive assimil&#233;e en Autriche, ses parents furent tu&#233;s au d&#233;but de la guerre et il v&#233;cut quatre ans en fuite dans la for&#234;t, entre 8 et 12 ans ; apr&#232;s la guerre, il trouva refuge dans des camps de d&#233;plac&#233;s, avant d'arriver en Palestine. Il &#233;crit magnifiquement, d'une mani&#232;re po&#233;tique et intemporelle, des r&#233;cits qui tous tournent autour de cette p&#233;riode de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage se veut une &#171; r&#233;flexion conceptuelle &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sur ce qui s'est pass&#233; au cours de la Shoah, pour les juifs : comment le sentiment de haine de soi a &#233;t&#233; attis&#233;. Comment, pour la plupart des juifs assimil&#233;s, la surprise d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s et pers&#233;cut&#233;s comme juifs, les a soit fait retrouver leurs racines, soit fait fuir : il y voit une des raisons du silence des rescap&#233;s, avec l'incapacit&#233; des autres &#224; les comprendre.&lt;br class='manualbr' /&gt;Et pose la question de &#171; comment vivre apr&#232;s la Shoah &#187;.Il aborde aussi la question de &#171; Qu'est-ce que la litt&#233;rature sur la Shoah &#187;, la litt&#233;rature charg&#233;e de la &#171; t&#226;che impossible d'unir le particulier au g&#233;n&#233;ral &#187;, distincte des r&#233;cits &#233;crits pour soulager, des r&#233;cits documentaires, des t&#233;moignages ou des r&#233;cits imagin&#233;s et parfois pervers. Il a une r&#233;flexion originale sur l'imagination cr&#233;atrice : agencement des souvenirs, et non pas invention.&lt;br class='manualbr' /&gt;Enfin, il r&#233;fl&#233;chit sur l'exp&#233;rience religieuse qu'a repr&#233;sent&#233; pour certains l'horreur de la Shoah : religieuse au sens de &#171; lien et de relation avec l'environnement et avec soi-m&#234;me : &#233;merveillement qui n'a affaire qu'&#224; lui-m&#234;me, sans autre intention : c'est vous et le monde, sans s&#233;paration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment transformer les couches profondes ramen&#233;es au jour par la Shoah en vision spirituelle ? &#187; est sa question finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Devries&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En consultation, par Martine Devries - Pratiques N&#176;25</title>
		<link>https://pratiques.fr/En-consultation-par-Martine</link>
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		<dc:date>2010-06-13T14:53:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries</dc:creator>


		<dc:subject>Troubles de l'alimentation, ob&#233;sit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Ecoute, empathie, relation soignant-soign&#233;, relation m&#233;decin-patient, relation th&#233;rapeutique</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, m&#233;decine de famille</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aborder l'alimentation en consultation de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, c'est souvent le pr&#233;texte pour parler de difficult&#233;s complexes, touchant &#224; l'image de soi-m&#234;me, au plaisir, &#224; la culpabilit&#233;. Aider la personne &#224; modifier certains comportements requiert &#233;coute et disponibilit&#233;. Utiliser les ressources propres du patient et celles de son environnement reste indispensable. &lt;br class='autobr' /&gt; Est-ce l&#233;gitime ? Comment se fait-il que &#171; La M&#233;decine &#187; ait quelque chose &#224; dire sur l'alimentation ? Est-ce que ce n'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aborder l'alimentation en consultation de m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, c'est souvent le pr&#233;texte pour parler de difficult&#233;s complexes, touchant &#224; l'image de soi-m&#234;me, au plaisir, &#224; la culpabilit&#233;. Aider la personne &#224; modifier certains comportements requiert &#233;coute et disponibilit&#233;. Utiliser les ressources propres du patient et celles de son environnement reste indispensable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_609 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;&lt;img src='https://pratiques.fr/local/cache-vignettes/L60xH74/couv25-3-f4a96.png?1703995092' width='60' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Est-ce l&#233;gitime ?&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Comment se fait-il que &#171; La M&#233;decine &#187; ait quelque chose &#224; dire sur l'alimentation ? Est-ce que ce n'est pas encore usurpation, recherche de pouvoir, dictature ? Actuellement, peut-&#234;tre, mais le temps n'est pas si loin o&#249; ce qu'on mangeait pouvait vous empoisonner : qu'on pense aux toxi-infections alimentaires, &#224; la typho&#239;de, au botulisme 1). Les progr&#232;s dans ce domaine viennent, r&#233;ellement, des r&#233;glementations d'hygi&#232;ne 2), pas vraiment des consultations chez le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste. D'o&#249; une position ambigu&#235; de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En consultation, c'est souvent que j'aborde &#171; l'alimentation &#187; avec mes patient(e)s ; cela vient parfois tr&#232;s naturellement, &#171; Docteur, mon cholest&#233;rol a mont&#233;, mais c'est parce que j'ai mang&#233; de la poule... &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Docteur, vous ne pourriez pas me donner quelque chose pour dig&#233;rer, je suis emb&#234;t&#233; en fin d'apr&#232;s-midi... &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autre fois, j'ai besoin de &#171; savoir &#187; ce qu'il boit et alors je pr&#233;f&#232;re commencer par ce qu'il mange, c'est plus facile d'encha&#238;ner... ou de savoir ce qu'elle mange, parce qu'elle est ob&#232;se, ou elle a une hypertension art&#233;rielle, un diab&#232;te, des triglyc&#233;rides &#233;lev&#233;s, que sais-je encore ! Et alors, c'est incroyable ce que c'est difficile d'y comprendre quelque chose : &#171; Juste une assiette, docteur, non, pas de dessert &#187; &#171; Pas d'entr&#233;e, non, pas de boissons sucr&#233;es &#187;. &#171; Docteur, je ne mange presque rien... &#187; Pas la peine d'insister, je comprends que c'est domaine priv&#233;, jardin secret, d&#233;fense d'entrer. Et je trouve &#231;a normal. La m&#233;decine intrusive, normative et, en plus, changeante ! Donc ridicule ! Vous voulez des exemples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une M&#233;decine p&#233;remptoire&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;En 1972, c'&#233;tait une faute professionnelle de ne pas prescrire un r&#233;gime sans sel &#224; une femme enceinte au dernier trimestre 3) ! Et la future m&#232;re &#233;tait d&#233;j&#224; mauvaise si elle ne s'y soumettait pas. Moi, je mangeais sans sel, bien s&#251;r, mais curieusement, je m'&#233;tais pris d'un go&#251;t particulier pour la moutarde que je mettais partout ! Plusieurs ann&#233;es apr&#232;s, j'ai r&#233;alis&#233; que c'&#233;tait une adjonction de sel &#171; spontan&#233;e &#187;, mais heureusement, ma fille &#233;tait d&#233;j&#224; n&#233;e... Un autre exemple : dans ces ann&#233;es l&#224;, les b&#233;b&#233;s devaient avoir un r&#233;gime diversifi&#233; d&#232;s deux mois, il fallait &#234;tre un peu &#171; retard&#233;e &#187; pour allaiter plus de 6 semaines ; maintenant l'OMS recommande une alimentation au sein exclusive jusque six mois. Ces deux exemples sont d&#233;monstratifs : probablement, c'est mieux maintenant pour la sant&#233; des m&#232;res et des b&#233;b&#233;s, mais le corps m&#233;dical &#233;tait aussi convaincu et p&#233;remptoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Des croyances diff&#233;rentes&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;La m&#233;decine a ses croyances, mais nos patients aussi ! La viande rouge est pour beaucoup, source et symbole de vigueur. Pour les &#233;cologistes, les c&#233;r&#233;ales compl&#232;tes repr&#233;sentent une alimentation saine et &#233;quilibr&#233;e. Faire &#171; frire le poulet dans du beurre &#187; &#233;tait en Europe de l'Est le comble de l'abondance... Ces symboles ont eu leur raison d'&#234;tre, mais ne sont plus toujours adapt&#233;s : le b&#339;uf, dans les conditions d'&#233;levage actuel est plus riche en mati&#232;re grasse que le porc, les &#171; enveloppes &#187; des c&#233;r&#233;ales compl&#232;tes sont souvent contamin&#233;es par les pesticides... L'alimentation &#171; saine &#187; &#171; &#233;quilibr&#233;e &#187;, n'existe pas, &#224; chacun de faire au mieux, ou au moins mal selon ses croyances, et le m&#233;decin peut &#234;tre l&#224; comme soutenant le patient qui souhaite modifier certaines choses. Il peut donner l'information sur &#171; les derni&#232;res donn&#233;es de la science &#187;, conseiller la vari&#233;t&#233;, mettre en garde contre les th&#233;ories totalitaires en mati&#232;re d'alimentation et rester modeste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un abord complexe&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Entendre la demande du patient demande au m&#233;decin une attention, une ouverture, une tol&#233;rance... un peu fatigante, et des techniques aussi qui s'apprennent. L'&#233;chelle de Prochachka, utilis&#233;e pour l'aide &#224; l'arr&#234;t du tabac, la th&#233;rapie orient&#233;e solution, utilis&#233;e pour le patient alcoolique peuvent &#234;tre de bons outils. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alors comment aborder l'alimentation ? D'abord me faire une id&#233;e de ce que la personne attend de moi, qui est diff&#233;rent souvent de ce qu'elle annonce : &#171; Docteur, je voudrais perdre dix kilos &#187; et si je me lance dans une exploration di&#233;t&#233;tique : &#171; Mais, docteur, je ne mange presque rien &#187;, le docteur peut &#234;tre d&#233;rout&#233;. C'est peut-&#234;tre un signe de m&#233;contentement de soi, de son mode de vie, du fait de ressembler &#224; tel ou tel, et surtout &#224; sa m&#232;re, une difficult&#233; &#224; affronter le temps qui passe, un d&#233;couragement devant des difficult&#233;s conjugales, professionnelles. Ou simplement, la personne vient chercher une confirmation de ce qu'elle a appris, constat&#233;, un encouragement &#224; ce qu'elle a d&#233;cid&#233;. C'est chaque fois &#224; d&#233;couvrir. Et comme c'est la fa&#231;on de se nourrir qui a &#233;t&#233; choisie comme approche, pour quelque chose de bien plus complexe, c'est &#224; travers cela que je peux aborder, le plaisir, la d&#233;tente, le partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rester modeste&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Tout cela pour nous inciter &#224; rester modestes... garder cette possibilit&#233;, cette faveur que nous font les patients de nous introduire dans l'intimit&#233; de leur vie, les respecter, accepter de les prendre l&#224; o&#249; ils en sont : vous pourriez ne prendre de la glace que le dimanche ; mettre du vinaigre plut&#244;t que de la mayonnaise sur les frites, ne pas acheter de mayonnaise, manger des frites seulement deux fois par semaine... n&#233;gocier avec lui, pour qu'il n&#233;gocie avec lui-m&#234;me, ne pas le condamner, pour qu'il s'accepte et se pardonne, de ne pas &#234;tre parfait. Encourager, rester positif, discuter menus et nouveaut&#233;s, &#224; l'occasion, et l'encourager &#224; trouver des lieux pour le faire. Il y a des &#171; cours de cuisine &#187;, malheureusement, ils sont ici connot&#233;s &#171; populations en difficult&#233;s &#187;, ce n'est pas le cas dans toutes les villes. A Montr&#233;al, il y a des cours donn&#233;s par des chefs, fran&#231;ais, mais aussi, des initiations &#224; la cuisine asiatique, o&#249; on s'amuse ! L e club &#171; Weight Watchers &#187; est une ressource non n&#233;gligeable : certes, il est payant, cher pour le budget de certains, mais les recommandations me semblent &#171; justes &#187; et il s'appuie sur une dynamique de groupe qui semble convenir &#224; certains. Il y a aussi, dans une ville voisine, un m&#233;decin nutritionniste qui est tr&#232;s raisonnable et propose des photos de diff&#233;rentes assiettes plus ou moins remplies, aux patients, pour r&#233;fl&#233;chir sur les choix, et c'est toujours tr&#232;s r&#233;jouissant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes propositions &#224; moi, lorsque j'en fais, vont dans le sens de : pas (moins) de frites, de mayonnaise, pas au go&#251;ter des enfants, ni de saucisson pour le go&#251;ter des petits.... Les boissons sucr&#233;es, en cas de r&#233;jouissances, mais pas au quotidien ; peut-&#234;tre n'acheter qu'un paquet de bonbons (de chocolat, de Mars, de glace...) et lorsqu'il est fini, attendre le prochain &#171; plein &#187; de courses pour renouveler... Pr&#233;f&#233;rer pour faire la cuisine l'huile de ma&#239;s ou d'arachide plut&#244;t que le beurre ou les mati&#232;res grasses solides ; garder le beurre pour les tartines, &#171; gratter &#187; les tartines. D&#233;couvrir les l&#233;gumes, choisir ceux qu'on aime, go&#251;ter ceux qu'on ne conna&#238;t pas, les cuisiner ou les assaisonner, sinon c'est lassant... Manger des produits de la mer, vous avez le droit de vous faire plaisir ! Cuisiner le poisson au four ou au court-bouillon. Aller faire les courses avec Maman, pour lui donner des id&#233;es...&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'aime pas faire des prescriptions alimentaires rigides : l'esprit humain est ainsi fait que bien souvent, s'il se donne des r&#232;gles, &#231;a lui donne imm&#233;diatement envie de les transgresser... et on sait maintenant aussi que lorsque l'organisme a un apport alimentaire fortement restreint, il modifie son fonctionnement comme s'il s'agissait d'une p&#233;riode de p&#233;nurie et se dispose pour faire des r&#233;serves ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela peut se passer dans un cabinet de m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste, mais pas toujours, pas &#224; chaque fois, et il n'est pas le seul &#224; intervenir dans ce domaine, heureusement. Le suivi de la personne dans la dur&#233;e est un grand atout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Li&#233;e jusque dans les ann&#233;es 70 aux conserves familiales dans certaines r&#233;gions comme le Poitou.&lt;br class='manualbr' /&gt;2)M&#234;me si certaines vont contre le &#171; go&#251;t &#187;, le plaisir et la convivialit&#233; : ainsi, dans certaines &#233;coles, pour un anniversaire, on ne peut amener un g&#226;teau fait &#224; la maison : seuls les g&#226;teaux sous cellophane, avec une date de p&#233;remption sont accept&#233;s. Pouah ! &lt;br class='manualbr' /&gt;3) Actuellement, c'est dangereux, donc criminel de mettre une femme enceinte au r&#233;gime sans sel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Devries&lt;br class='manualbr' /&gt;M&#233;decin g&#233;n&#233;raliste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une g&#233;lule difficile &#224; avaler ! </title>
		<link>https://pratiques.fr/Une-gelule-difficile-a-avaler</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pratiques.fr/Une-gelule-difficile-a-avaler</guid>
		<dc:date>2008-05-22T11:20:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Martine Devries, Claudine Henry, Marie-Jeanne Martin, Nassir Messaadi, Bertrand Riff</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Alors que la m&#233;thadone est enfin commercialis&#233;e en France sous forme de g&#233;lule, le minist&#232;re durcit le protocole de prescription et de suivi. Les auteurs d&#233;noncent un retour en arri&#232;re face auquel personne de r&#233;agit.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pratiques.fr/-Sante-et-soin-au-jour-le-jour-" rel="directory"&gt;Sant&#233; et soin au jour le jour&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La m&#233;thadone sous sa forme g&#233;lule est enfin arriv&#233;e en France, alors qu'elle est commercialis&#233;e depuis plus de vingt ans dans d'autres pays d'Europe, mais bon, mieux vaut tard que jamais. Nos patients, hommes et femmes, qui pour certains d'entre eux, prennent ce m&#233;dicament depuis 1994, attendent cela avec impatience depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer d'un sirop alcoolis&#233; et sucr&#233; aux g&#233;lules, ne plus transporter un nombre important de flacons (42 flacons &#224; ramener dans le m&#233;tro quand on est &#224; 35 mg), ce r&#234;ve allait devenir r&#233;alit&#233;. La conf&#233;rence de consensus de 2004 avait montr&#233; la n&#233;cessit&#233; et la faisabilit&#233; d'une primo prescription de la m&#233;thadone en ville. Elle &#233;tait venue montrer qu'apr&#232;s dix ans d'exp&#233;rience en ville de la substitution, le bilan &#233;tait globalement positif, plus de 70 % des patients b&#233;n&#233;ficiaient d'un cadre satisfaisant aux guides de bonne pratique. Il y avait d&#233;j&#224; la consultation obligatoire tous les quinze jours, l'obligation de nommer le pharmacien sur l'ordonnance, deux exceptions aux modalit&#233;s classiques de prescription des opiac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais c'&#233;tait oublier les nostalgiques de l'abstinence, pour qui le toxicomane existe toujours, il est un bandit, et le m&#233;decin g&#233;n&#233;raliste qui l'accompagne un incapable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait oublier Foucault nous annon&#231;ant une soci&#233;t&#233; de contr&#244;le toujours plus puissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1994-2008, apr&#232;s quatorze ans d'une pratique majoritaire d'accompagnement en ville des patients opiac&#233;-n&#233;cessitants, au m&#233;pris des recherches, &#233;tudes, conf&#233;rences de consensus, voil&#224; qu'avec la mise &#224; disposition des comprim&#233;s de m&#233;thadone, une tentative de retour en arri&#232;re s'op&#232;re. Tout patient d&#233;sirant la m&#233;thadone sous forme g&#233;lule est oblig&#233; de repasser (passage obligatoire pour la primo prescription) dans un centre sp&#233;cialis&#233; (CSST, CARUD, CSAPA), deux fois par an et ce, &#224; vie, afin de v&#233;rifier, contr&#244;ler que tout soit dans l'ordre. De plus, dans un certain nombre de cas, un protocole de soins avec le service m&#233;dical des CPAM pourrait &#234;tre mis en place. Deux contr&#244;les valent mieux qu'un !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette remise en cause du travail effectu&#233; depuis quatorze ans, ces suspicions et ces pratiques d'exception sont une insulte &#224; la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, aux pharmaciens, et &#224; ces 20 000 patients. 20 000 patients suivi en ville ! Faites le compte, cela fait 40 000 consultations obligatoires par an pour nos coll&#232;gues des centres ! Et surtout, un message r&#233;affirm&#233; haut et fort : le toxicomane fran&#231;ais, comme la m&#233;decine g&#233;n&#233;rale fran&#231;aise, n&#233;cessitent un rigoureux contr&#244;le du fait de leur insuffisance, voire de leur incomp&#233;tence. Ce contr&#244;le, ainsi que la remise en ordre qui en est attendue, n&#233;cessitent de grands sp&#233;cialistes de l'addiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une sp&#233;cificit&#233; culturelle fran&#231;aise dans l'Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; qui la responsabilit&#233; de cette insulte, de cette d&#233;cision hautement symbolique, mais dramatiquement stupide ? Personne ne la revendique. Si celle du minist&#232;re est &#233;vidente, celle du laboratoire pharmaceutique est souvent cit&#233;e et celle des centres sp&#233;cialis&#233;s n'est pas exclue. Ce parcours du combattant a-t-il &#233;t&#233; mis en place pour &#233;viter que les personnes ne puissent acc&#233;der &#224; la g&#233;lule dont le prix est pratiquement quatre fois plus cher que le sirop ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus dramatique est que pratiquement personne ne semble contester publiquement ce protocole. La m&#233;decine g&#233;n&#233;rale, les usagers, les pharmaciens comme les sp&#233;cialistes semblent stup&#233;faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis trois semaines que cela est sorti, un grand silence r&#232;gne, nous n'entendons pas de plainte, nous ne voyons pas de p&#233;tition sortir, ni aucune demande de quelque collectif d'abrogation de cette modalit&#233;. Ce silence nous glace et ne nous annonce rien de bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martine Devries**, Claudine Henry*, Marie-jeanne Martin*, Nassir Messaadi***, Bertrand Riff*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* M&#233;decins g&#233;n&#233;ralistes maison m&#233;dicale moulins Lille&lt;br class='autobr' /&gt;
** M&#233;decin g&#233;n&#233;raliste Calais.&lt;br class='autobr' /&gt;
*** M&#233;decin g&#233;n&#233;raliste maison m&#233;dicale moulins Lille et praticien hospitalier CITD Lille&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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