Pratiques, les cahiers de la médecine utopique

Qu’en pensent-ils, eux, les intéressés ?
Véronique avait fait part de son épuisement, le travail en stage jusqu’à pas d’heure, les gardes à empiler, les cours qui sont obligatoires… ça donne des 60 heures par semaine, alors que le droit du travail interdit de dépasser 48 heures A cela s’ajoutent les mémoires, les résumés de situation clinique, et la thèse qu’il va bien falloir passer… on n’est pas loin du burn-out et la finalité de la formation n’est plus clairement perçue.
Bernard tenait un discours identique, dans une autre fac, mais en termes feutrés, craignant les possibles mesures de rétorsion pour « insubordination ». Il préférait sacrifier sa liberté d’expression plutôt que de risquer l invalidation d’un stage : c’est déjà tellement long six semestres.
Odile en a fini, elle fait des remplacements. Son opinion est claire, elle, un an de plus, elle aurait dit « pas d’accord », comme la très grande majorité des membres de la corpo. Elle en est sortie, n’en garde pas un souvenir épouvantable, mais « à part les urgences, on rencontre peu de situations qui nous forment à notre métier de généraliste ». Les stages ambulatoires, en cabinet de médecine générale ? Plutôt un assistanat où elle consultait au plus grand bénéfice de son maître de stage, dit-elle…
Moi, 40 ans en arrière, je m’étais empressé de terminer mon cursus et mon année d’internat. Il me tardait d’exercer : premier remplacement après six années d’étude… puis j’avais pris le temps pour ma thèse, choisissant des formations complémentaires qui me paraissaient adaptées… Après de déjà très longues études, j’aimais bien mieux être au travail qu’en stage !

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