Pratiques, les cahiers de la médecine utopique

Redonner le goût du collectif

Pratiques N°41

Les numéros disponibles format papier, janvier 2012

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C’est sur un sentiment d’urgence que nous est venue l’idée de ce numéro « Redonner le goût du collectif ». Comment faire quand aujourd’hui, le collectif est mis à mal, appelé par les médias à célébrer la loi du plus fort et de l’individualisme, tout cela sur fond de désengagement de l’Etat, de mondialisation et de financiarisation du monde ? Quelles seraient les conditions qui feraient que le collectif laisse la place à chacun et à tous, en intégrant à la fois l’intime, la singularité de chacun, et l’intérêt général ?

Ce qui nous est apparu, c’est la place centrale du corps comme point de départ de la possibilité d’une rencontre. Bien sûr, dans le soin, où des soignants déplient ce qui fait le paradoxe du soin, où intime et collectif sont mêlés, depuis les consultations « ordinaires » jusqu’aux lieux innovants. Dans le social et aussi ailleurs, une historienne spécialiste des savoirs populaires rappelle comment la puissance des émotions peut créer des événements, et comment est dévoyée la compassion qui fait oublier la notion de justice, une cinéaste qui a travaillé en Afrique du Sud évoque des aspects méconnus de la sagesse traditionnelle où l’humain est fondé sur le lien.

Puis le numéro donne à la parole à ceux qui rassemblent pour se défendre dans le concret de leurs conditions de vie et dans l’accès aux soins. Médecin du travail, médecin travaillant auprès de personnes sans-papiers, philosophe, juriste, militants croisent leur regards pour évoquer les batailles en cours face aux mesures gouvernementales et face à l’inertie d’une grande partie de la population De même, autour de l’accès aux soins, un économiste et un médecin évoquent les freins qui rendent difficiles les mobilisations pour défendre l’élément rassembleur de la protection sociale.

Et pourtant, surgissent d’autres formes d’action collective. Pour certains dans le souvenir de l’époque bienheureuse de Mai 68 où tout paraissait possible, pour d’autres plus jeunes dans l’ancrage du quotidien : des mouvements différents se constituent à partir de questions très concrètes, la présence d’antenne à côté de l’école de leur enfant, des camarades d’école menacés d’expulsion, les difficultés de trouver un logement, etc. Il s’agit d’identifier les rapports de force entre les moyens que mettent en œuvre les lobbies industriels et les alliances que peuvent construire les citoyens. Comment développer l’expertise des citoyens et construire des alliances ?

C’est ce à quoi ce numéro invite professionnels et citoyens afin de contribuer aussi à changer la vie.


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