Pratiques, les cahiers de la médecine utopique

La prime de la honte

dimanche 22 novembre 2015, par Ménard

Madame Marisol Touraine a décidé d’octroyer au personnel des hôpitaux de Paris qui ont travaillé pour la prise en charge des victimes des attentats, une prime de 3 millions d’Euros.

Tous les soignants, qu’ils soient de garde ou qu’ils aient rejoint les services pour faire face à l’afflux de blessés, l’on fait parce qu’ils mettent au plus haut de leurs valeurs celle de soigner tous ceux qui en ont besoin. Cet élan de solidarité nourrit fondamentalement notre engagement dans la médecine. Ils sont venus, ils ont soigné avec tout le dévouement nécessaire et ils sont repartis meurtris par ce qu’ils ont vu, et satisfait d’avoir fait leur travail sans rien demander, parce qu’il n’y a rien à demander d’autre que la compassion et la solidarité.

Ces soignants des hôpitaux sont engagés dans un mouvement revendicatif, car la direction de L’AP-HP diminue leur temps de repos et les oblige à travailler plus pour gagner moins. Cette lutte est légitime, ils sont en colère. Pourtant à aucun moment cette maltraitance de leur employeur n’a eu un quelconque effet sur leur engagement et leur sens des responsabilités. Le soir du 13 novembre ils ont assumé.

Madame la Ministre, cette prime est un affront, une honte, une humiliation.

Comment pouvez vous imaginer que la reconnaissance de la Nation puisse se traduire par de l’argent ?
On n’achète pas le respect avec des Euros, on témoigne simplement sa gratitude en respectant ces femmes et ces hommes par un remerciement fraternel et demain, quand la souffrance aura diminué, par la tenue d’un véritable dialogue social.

Faut-il donc que vous soyez aussi loin des valeurs de la Médecine pour prendre une telle initiative ?
Les effets d’annonces pour occuper le champ médiatique n’autorisent pas de se conduire de cette manière.

Cet argent sera plus utile aux victimes des attentats et je ne doute pas une seconde que l’argent reçu par les soignants sera redonné aux familles des victimes.


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