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Après la vache folle, le cheval réformé...

Cet article est la reproduction de l’Edito du n° 61 : « Handicap ? » de Pratiques, numéro dont vous pouvez prendre connaissance du sommaire sur notre site.

jeudi 13 juin 2013, par pratiques

On n’a plus le droit de caracoler sur le bitume de Roumanie. Tant pis, le cheval va se retrouver en douce dans les assiettes de l’ouest. Entre patates hongroises ou pâtes de Sicile. Qu’il ait été dopé, bourré de produits chimiques ne pose pas de problème : les étiquettes sont illisibles.

Comment se nourrit-on aujourd’hui ? Les vieux, qui ont peur du verglas, remplissent leurs congélos de plats surgelés, les jeunes, pressés, n’ont pas le temps ou pas envie de faire la cuisine. Les enfants sont gavés de nourriture trop riche, trop grasse trop sucrée et abreuvés de sodas... Les marques nous servent de garantie, et surfent sur leur réputation pour mieux nous tromper. Les services de contrôle sont censés veiller...

Comment justifier un tel circuit pour la bouffe ? De la viande découpée en Roumanie vendue par un trader hollandais à un trader chypriote qui l’a revendue au groupe français Poujol, holding de la société Spanghero, fournisseur de Comigel, une entreprise de Metz qui fabrique des lasagnes au Luxembourg pour les vendre à Findus, entreprise suédoise appartenant au fonds anglais Lion Capital... Au moins cher de la main-d’œuvre ? Au plus rentable du trajet ? Même s’il ne cesse de s’allonger, faisant fi du bilan carbone et des risques d’infection ?

La publicité fait le reste. On ne sait pas d’où vient ni par où est passé ce qui va dans nos estomacs.

Quelles conséquences sur la santé, psychique de ceux qui refusent d’absorber du cheval qu’ils aiment comme un frère, physique du fait des antibiotiques et autres chimies phénylbutazonées absorbées, environnementale avec ces parcours insensés ?

Quelle philosophie de l’alimentation et de l’élevage, alors qu’on mange n’importe quoi dans une société qui a pourtant les moyens de se nourrir correctement et qui, depuis le scandale du sang contaminé et la vache folle, nous rebat les oreilles avec la traçabilité ?

Les médias hurlent avec les loups et nous abusent. Ils oublient de parler de la spoliation des pays pauvres et de l’exploitation de tous les intermédiaires de l’alimentation.

Ils nous désinforment sur les dangers de certains médicaments pendant des années, puis grimpent aux rideaux quand surviennent les accidents.

Nos gouvernements ne réagissent qu’aux crises, et si mollement, qu’ils laissent le champ libre au règne des lobbies. Dommage pour la santé des citoyens !

Cesser de tout gober n’est cependant pas si simple, mais chaque fois que vous le pouvez, faites la cuisine, évitez les plats tout préparés, mangez bio, élevez vos poules, vos cochons, vos moutons, braconnez dans les aéroports... Cultivez des patates, sortez la machine à faire des pâtes, faites votre pain, plantez des tomates sur votre balcon.

Cherchez l’information claire, argumentée, indépendante… dont on a besoin pour s’alimenter, se soigner, choisir dans la multitude des produits proposés ? Dans la presse, sur Internet, il y a encore des journalistes honnêtes et indépendants : le Monde Diplo, Pratiques, Politis, rue 89, Médiapart, etc.

Patients, demandez à vos médecins comment ils se forment, s’ils connaissent le Formindep, dénoncez les lobbies, les labos et leurs intérêts,

Soignants, lisez Prescrire et Pratiques, refusez de recevoir les visiteurs médicaux, informez- vous autrement, prescrivez le moins possible, soyez pharmacovigilants.

Défendons-nous ! La santé n’a pas de prix, il ne faut plus la laisser acheter !


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