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Pratiques N°19 La vieillesse, une maladie ? (epuise)

Parution : octobre 2002.

Face aux difficultés du grand âge, les auteurs affirment et témoignent qu’on peut faire autrement et mieux. La société doit donner les moyens de vivre au milieu des autres quels que soient les handicaps. Que faut-il pour permettre de bien vieillir ? La chance de ne pas être trop malade ni trop pauvre, mais vivre, c’est toujours maintenir et créer des liens, les aides à domicile et les soignants y jouent leur rôle, les choix politiques aussi.

Le vieillissement commence au premier jour de notre vie...

Ceux qui voudraient nous faire croire que la vieillesse est un monde à part ne cherchent qu’à mettre à l’écart une image d’eux-mêmes qu’ils ne peuvent affronter. Ils préparent ainsi le terrain profitable pour ceux qui feront de l’argent avec la dépendance aussi : assurances, matériel, médicaments, et qui aimeraient penser qu’ils vont sauver l’humanité. La médecine, les soins contribuent certes à repousser plus loin la frontière de la mort physique. Mais ils négligent ce qui fait l’être humain vivant, inséré dans une communauté, accepté avec son histoire, respecté, en lien avec les autres. Le niveau de vie de la personne âgée détermine directement les conditions de sa fin de vie et, sur ce plan, les inégalités sont criantes. Actuellement, seules des ressources notables permettent de maintenir la personne âgée dépendante dans des conditions matérielles dignes, préservant ainsi sa singularité. Au domicile, où soignants et familles s’épuisent à colmater des brèches, chacun de leur côté, la cohérence et la pertinence des « soins », entendus au sens large, sont rarement assurés. En institution lorsque, pour des raisons physiques, matérielles ou psychologiques(détérioration, isolement) la personne âgée a dû s’y résoudre, la rigidité du fonctionnement, l’organisation rationnelle se traduisent par des actes à la chaîne, davantage de rapports d’évaluation, de papiers, au détriment de la parole et de la relation. Dans les deux cas, la situation est souvent critique, accentuant le désarroi et la dépendance de la personne qu’on voulait soutenir : la société se défausse sur la médecine des questions posées par les difficultés du grand âge, elle ne fait que colmater des brèches et, du fait de la pénurie de moyens, elle le fait mal. La société ne considère actuellement la vieillesse que comme un marché rentable, et/ou un objet de rejet, sans voir les aspects positifs et les solutions non médicalisantes. De ce fait, les auxiliaires de vie, les aides à domicile, personnel non médical, restent mal reconnus, sous-payés, et sans statut véritable.

Mais il y a des lieux, des expériences pleines de dynamisme, d’imagination et de chaleur humaine, qui ne sont pas forcément plus coûteux pour la collectivité et qui permettent à ceux qui y vivent ou qui y travaillent d’être respectés et reconnus. Bien vieillir, aider l’autre à bien vieillir, c’est continuer à bien vivre, dans toutes les dimensions de la personne et garder la conception qu’ils ont de leur désir de vivre.

La fragilité de la fin de la vie et le sort fait aux personnes dépendantes nous confrontent aux conflits de valeurs de notre société, où l’individualisme triomphant et le désir de maîtrise sur les choses et les gens priment sur la bénéfique nécessité du lien tissé entre les gens au travers des services et des dons échangés.

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Pratiques N°19 La vieillesse, une maladie ?

octobre 2002 (N° épuisé)

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